« Confiez-moi cet argent que vous ne savez pas gérer ! »

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

« Confiez-moi cet argent que vous ne savez pas gérer ! »

John Steinbeck fut nobélisé pour ses écrits réalistes, remarquables par leur humour sympathique et leur portée sociale.

À l’heure où les salaires exorbitants de certains patrons font débat autant que les versements de dividendes en augmentation constante, un passage de « Tortilla Flat » - écrit en 1935 – mérite que l’on s’y attarde.

Le personnage Pilon cherche un moyen de s’approprier les économies de Pirate en tout bien tout honneur, évidemment ! Voici des extraits savoureux :

Dieu ne lui a pas donné tout le cerveau qu’il eût dû recevoir. […] Il ne peut pas s’occuper de lui-même […]
Et parce que son cerveau est faible, il cache son argent […]
N’y aurait-il pas mérite à faire pour lui les choses qu’il est incapable de faire lui-même ? […]
Le Pirate a de l’argent, mais pas de cerveau pour s’en servir. Et moi, j’ai le cerveau. Je le mettrai à sa disposition. Je lui dispenserai généreusement de mon intelligence. Ce sera ma bonne action envers ce pauvre homme inachevé […]
Le personnage de Steinbeck ajoute, pour sa conscience :
« Je saurai comment mettre en lumière et étaler à la face du monde le bien caché dans toute mauvaise action. »

Des discours blessants

En relisant ce passage de Tortilla Flat, j’entendais un patron exprimer le fond de sa pensée lors d’une réunion : « Augmenter un salarié de 30 € ? Qu’en fera-t-il ? Il achètera un petit écran plat 18 mois plus tard s’il n’a pas gaspillé la somme avant. Non ; mieux vaut verser l’équivalent des augmentations aux actionnaires. Nous sommes certains que l’argent sera bien utilisé. Pour la solidité de notre entreprise, il nous faut renforcer la confiance de ceux qui nous soutiennent dans notre société. Sans les actionnaires, nous ne sommes rien. »
La messe était dite ; les propos sont réels.

Ce qui interpelle, c’est la virtuosité et l’aplomb de ceux qui tiennent des discours aussi affligeants. Les mêmes que les détenteurs de Panama Papers.

Nos entreprises ont besoin d'investisseurs, c'est une certitude. Il faut favoriser le financement participatif trop peu utilisé actuellement : http://cd-lmdp.over-blog.fr/2016/09/comment-financer-les-entreprises-du-nouveau-en-octobre-avec-le-financement-participatif.html

Mais cessons les discours malveillants envers les plus démunis.

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr

Pour lutter contre la désinformation.

http://cd-lmdp.over-blog.fr/2016/08/le-laboureur-et-ses-enfants.html

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