Faire comprendre la guerre de Corée et l'ONU aux jeunes

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Voici le projet de préface du livre d'Abdelkader Rahmani sur la guerre de Corée dont il fut acteur. Il veut témoigner pour notre jeunesse et militer pour la paix entre les peuples.

Préface

Christian Dechartres : M. Rahmani, pourquoi écrire un livre sur la guerre de Corée ?

Abdelkader Rahmani : C’est une guerre inconnue. Elle est ignorée des citoyens français ; tout comme les guerres d’Indochine, d’Algérie, Madagascar totalement occultées par les médias et les livres d’histoire. Ce que j’écris, c’est pour la jeunesse future.

CD : les jeunes évoquent peu ce conflit. Pour quelles raisons ?

AR : Ils l’ignorent pour une très grande majorité. Mais j’espère que la jeunesse relèvera la France de sa décadence actuelle. France dans l’ignorance de la préhistoire, de son histoire et de la géopolitique.

J’ai créé et alimenté l’université de l’ignorance dans ce but. Oui, l’ignorance est source de guerre mais pas de paix.

Je suis surpris que les historiens d’aujourd’hui ignorent leurs prédécesseurs qui avaient le sens de naviguer dans l’anthropologie, science qui nous éclaire sur les origines de l’homme.

Mon parcours de la vie m’a fait connaître notre planète, son évolution et ses civilisations. C’est pourquoi de citoyen du Monde que j’étais je suis aujourd’hui citoyen de l’univers. Je me suis penché sur les « extra-terrestres ». Qui étaient en Corée. Comme ils le furent en Normandie. Mais que nous ne voulons pas connaître.

CD : Pour vous, comment a débuté cette guerre de Corée ?

AR : le but de ce livre, c’est d’abord de répondre à cette question  « qui en sont les responsables ? Pas les coréens eux-mêmes du nord ou du sud, mais Staline, Roosevelt, Truman, Churchill, lesquels dans les fameuses conférences de Yalta, Casablanca se sont partagé le monde ? »

Dans la première partie de ce livre, j’évoque d’abord l’histoire de la Corée, ce pays qu’on a appelé le pays du matin calme !

Et qui ne fut jamais calme ; il constituait un enjeu trop important de par sa situation géographique pour les quatre grandes puissances URSS, Etats-Unis, empire britannique, Chine-Japon.

Christian Dechartres : Pour vous, comment s’est déroulé cette guerre ?

Abdelkader Rahmani : C’est l’objet de la 2ème partie ; ma correspondance et mon cahier de bord tenu journellement pendant cette guerre que j’ai subie, démontrent comment elle fut d’une barbarie inconcevable, inimaginable. J’en porte non seulement les traces physiquement mais aussi psychologiquement.

Elle nous révèle  également quels furent les combattants. De nombreux prisonniers français – politiques, de droit commun ou condamnés à mort - partaient sur le front en Corée.

Je souhaite expliquer comment ces prisonniers profitaient du passage à Port-Saïd pour plonger et s’échapper du bateau.

Je raconte comment je me suis imposé à ces hommes que je devais emmener de Auvours (près de la ville du Mans) jusqu’à Pusan (grand port de débarquement en Corée).

Le premier soir où j’arrivais pour prendre mon commandement, j’ai subi de leur part insultes et vulgarités. Il fallait donc tout de suite leur faire savoir qui j’étais.

La brasserie du diner a été totalement saccagée ; le lendemain, à 4 h du matin, sous le froid de février, j’imposais un cross de 10 km en petite tenue.

Ce fut la stupeur des routiers et des automobilistes qui se rendaient au Mans. C’est une manière de monter comment un chef doit s’imposer. En donnant l’exemple. Car étant officier des armes blindés, les hommes de l’unité que j’avais en charge ont osé crier « Voici l’officier qui a besoin de sa jeep pour aller pis… et ch… ».

Ils sont mal tombés car j’étais champion du pentathlon de France et sélectionné pour les JO d’Helsinki. Avec ce cross de 10 km tous nu, par ce froid de février, ils ont compris qui j’étais.

Contrairement aux autres détachements, sur le Bateau prestigieux «  La Marseillaise », aucun de mes hommes ne s’est évadé et j’ai imposé au commandant de bord de les sortir de la cale où ils étaient enfermés pour les faire monter en 3ème classe et les faire participer aux manifestations qui ont duré pendant tout le mois du voyage. Tout cela sans incident.

C’étaient des hommes condamnés et moi j’étais un officier sans aucun incident judiciaire. Ce que je vais dire démontre comment dans la vie on peut passer subitement du statut d’homme libre à celui d’homme rejeté.

L’affaire des officiers algériens en est la démonstration.

Commentaire : le premier ouvrage sur la guerre de Corée est sur le point de sortir. Les jeunes pourront y puiser des informations pour ainsi dire jamais diffusées. Ils pourront mieux comprendre notre monde actuel grâce aux informations fournies par le lieutenant Abdelkader Rahmani. Le rôle de l’ONU y est évoqué. A la sortie des ouvrages, vous recevrez un message.

Christian Dechartres - écrivain public- www.cd-lmdp.fr - dechartresc@sfr.fr - 06.11.48.77.63Corée2

 

 

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