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319 résultats pour “Déclarer la guerre

Laurent Mauvignier : « Des hommes », des vérités dites avec puissance

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Ils ont été appelés en Algérie au moment des « événements », en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d’autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies.

Un retour sans ménagement dans les foyers français pour ces appelés envoyés sur le conflit sanglant en Algérie. Comment en reviennent-ils ?

 

  • Extraits : « Tout à coup il avait voulu dire ce qu’il avait sur le cœur, ce cœur trop lourd, tout près de lui péter dans la gorge… »
  • Ou encore : « Lui qu’on avait connu grande gueule et si hautain, c’était comme si un ressort avait été cassé à force d’avoir été trop tendu, trop remonté… »
  • Sur l’ennemi algérien : « Certains parmi eux ont vu les corps après les bombardements au napalm, d’autres ont eu le sexe fendu par la gégène, ils ont échappé à la mort par miracle, ils ont vu des soldats tuer des hommes à coups de pierres… »

      « Le lieutenant arrache le bébé des bras d’une femme ; au départ elle résiste, elle retient l’enfant, ses bras, ses mains accrochées au corps de l’enfant… »

 

Une guerre juste ?

Bernard, l’appelé, s’interroge, « il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c’est possible de croire que la terreur mènera vers plus de bien ??? »

« Nicole, tu sais, on pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même. »

« Quand les Allemands ont quitté la France, ce bonheur, la liesse, le grand bonheur dont est capable la foule quand elle déborde d’elle-même, je me souviens de ça, l’émotion si folle, si belle, des Algériens. »

 

Une fin également très douloureuse

« Et tous on se souvient des harkis qu’on a fait redescendre des camions qui partaient, et les coups de crosses pour qu’ils ne montent pas dans les camions, leurs cris, leur stupeur, l’incrédulité sur les visages, ils n’y croyaient pas, on n’y croyait pas non plus et pourtant on le faisait. »

Pauvre soldat français, il espère : « ne plus entendre le bruit des canons ni les cris, ne plus savoir l’odeur d’un corps calciné ni l’odeur de la mort – je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard. »

 

Aucune préparation au retour

Pour ces soldats rentrés sans préparation dans leurs foyers, il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que, quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

 

Revenir à une vie normale ? Impossible

Belle analyse des traumatismes marqués au plus profond des corps et des âmes. De nombreux soldats n’ont jamais pu reprendre la vie civile.

Comment revivre avec femmes et enfants quand vous avez vécu de telles atrocités et que l’on vous a poussé à commettre l’irréparable ?

 

Un bel ouvrage comme Laurent Mauvignier sait les écrire.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr - cd-lmdp.over-blog.fr/

 

Pour réfléchir

Pour éviter le pire

 

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Le "Secret des affaires" menace la liberté d'informer

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Le "Secret des affaires" menace la liberté d'informer

Dans notre république, nous avons un ministre des affaires étrangères. Hélas, certains politiques ne sont pas étrangers aux affaires. En citer la liste réveille trop de douleurs lancinantes.

Forts soupçons de favoritisme : Le copinage - à grande échelle - fait hélas partie intégrante du paysage politique. Le scandale des « Panama papers » a révélé son lot d’adeptes des placements dans les paradis fiscaux. Et si nous savions tout de ces dirigeants prompts à nous faire la morale, nous n’aurions guère de motivation à nous lever le matin.

Le lobbying nuit aux citoyens : Les pratiques de lobbying intenses dans la classe dirigeante ne font qu’éloigner les politiques des réalités. Ce travail de sape des lobbies est tel que les parlementaires cèdent aux Sirènes, attirés qu’ils sont par de beaux parleurs. La raison n’est plus de mise et on en arrive aux situations catastrophiques comme ce vote sur le « secret des affaires ».

Comme il est dit dans la pétition jointe – c’est un parfait exemple -, si votre enfant ou votre conjoint tombe gravement malade d’un cancer diagnostiqué par les médecins, vos recours s’en trouvent extrêmement limités.
Hypothèse : Le corps médical pense que l’utilisation massive de certains pesticides ou l’absorption régulière de petites doses de ces mêmes produits à travers l’alimentation peut être liée à la maladie de votre proche.
Vos démarches légitimes : Vous et votre famille, mais aussi des médecins et des scientifiques indépendants, demandez alors à l’entreprise qui fabrique ces produits de leur fournir les détails des tests et des études qui ont servi à autoriser leur commercialisation – pour comprendre ce qui s’est passé, peut-être même trouver un moyen de sauver votre enfant ou votre conjoint malade et éviter que de tels drames se reproduisent à l’avenir.
Les conséquences de la loi : Mais l’entreprise agrochimique concernée refuse de divulguer ces informations.
Grâce à la directive sur le secret des affaires que l’Union européenne s’apprête à faire passer, elle est désormais en droit de le faire : rien ni personne ne pourra plus l’obliger à fournir ces informations pourtant capitales pour la santé de millions d’individus – sous prétexte qu’elles contiendraient des données précieuses qui assureraient des bénéfices confortables et durables à l’entreprise en question !

Le journalisme d’investigation muselé : Pire : les journalistes ou les scientifiques qui s’aventureraient à rendre publics ces éléments confidentiels classés « Secrets d’affaires » pourraient être poursuivis devant la justice et risquer une amende colossale et jusqu’à 5 ans de prison !

Lisez la pétition :

http://info.pollinis.org/fr/notoxicbizsecrets-consilium/

Réagissons vivement pour empêcher cette loi du « secret des affaires ».

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://www.cd-lmdp.fr - 06 11 48 77 63

Pour faire éclater la vérité

Et lutter tous ensemble

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Maillé, le petit Oradour oublié, pourquoi ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Ce petit village, à 40 km au sud de Tours, a vécu l’enfer en ce 25 août 1944. Pourquoi ce massacre gravé dans la mémoire des rescapés est-il si méconnu ?

 

Le village fut reconstruit au même endroit

 

Contrairement à Oradour-sur-Glane, les villageois ont vécu dans le village détruit. Ils se sont mis à la tâche pour construire sur les ruines laissées par les assassins allemands. En conséquence, les gens de passage à Maillé ne voyaient pas les traces du massacre horrible perpétré par des soldats allemands qui n’ont pas hésité à tirer sur les bébés, les femmes et les hommes avec un sang-froid inimaginable.

 

Les villageois n’ont pas cherché à fuir

 

Les habitants n’ont même pas cherché à se cacher quand les soldats des Waffen SS sont entrés dans le village. Dans leur esprit : « les soldats ne tirent pas sur les civils. »

Ce 25 août 1944, alors que Paris se libérait, après quelques heures abominables, 124 victimes avaient succombé à la barbarie allemande. Les assassins avaient aussi bien exécuté des nourrissons de 3 mois que des vieillards de 89 ans. Et un grand nombre d’animaux.

 

50 ans après, la maison du souvenir

 

La maison du souvenir - créée après le 50e anniversaire du massacre – retrace les événements et fait comprendre aux visiteurs comment et pourquoi « l’homme » peut arriver à de telles extrémités.

Des adolescents des écoles viennent avec leurs professeurs en ce lieu chargé d’émotion. Ils ont la chance de dialoguer avec Serge Martin, rescapé du massacre. Les jeunes voient devant eux un homme qui a échappé aux atrocités des soldats des Waffen SS. Ils touchent du doigt l’histoire vécue. Rien de tel pour leur faire retenir les circonstances du massacre.

 

Faire comprendre, la mission du lieu de mémoire

 

Les jeunes visiteurs comprennent qu’Hitler prenait les enfants dès le plus jeune âge pour les enrôler dans les Hitlerjugend et leur laver le cerveau. Ces gamins de 14 à 18 ans - venus renforcer l’armée allemande à la fin de la guerre – étaient capables de tuer de sang-froid des bébés et des vieillards. Si nos jeunes lycéens assimilent ce processus, ils réfléchiront à deux fois avant de se lancer dans une « aventure » douteuse du même type.

 

Travail préventif auprès des élèves

 

L’œuvre pédagogique auprès des jeunes élèves est cruciale pour leur avenir. Nous pouvons éviter par cette éducation des enrôlements dans des organisations à vocation terroriste. Or, c’est le mal qui nous ronge actuellement.

 

Le travail à la maison du souvenir avec un rescapé en la personne de Serge Martin constitue un antidote aux dangers qui nous menacent. Après une visite en ce lieu, les professeurs peuvent mieux faire comprendre l’histoire de notre pays. On peut ainsi inculquer les valeurs de fraternité et de tolérance après un passage à Maillé. Travail indispensable en cette période troublée.

 

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr

- cd-lmdp.over-blog.fr/ - 0 611 487 763

 

Pour comprendre, faire comprendre

Pour éviter le pire à nos jeunes

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« Il nous reste les mots », belle leçon de tolérance

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Georges Salines a perdu sa fille Lola dans l’attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan. Elle avait vingt-huit ans.

    De sa rencontre avec Azdyne Amimour, père de l’un des assaillants, a émergé un dialogue inédit. Georges Salines porte la mémoire de sa fille et de nombreuses autres victimes, tandis qu’Azdyne Amimour cherche à comprendre comment son fils a pu commettre des actes qu’il condamne sans appel. Poussés par une curiosité mutuelle, tous deux se racontent et déroulent le récit de « leur » 13-Novembre.

     Au fil de cette conversation, un profond respect est né entre ces deux pères que tout aurait pourtant dû opposer. Leur témoignage nourrit une réflexion apaisée sur la radicalisation, l’éducation et le deuil. Parce que s’il reste les mots, il reste aussi l’espoir.

 

Georges Salines a présidé        l'association de victimes "13onze15 : Fraternité et Vérité" et milite pour la prévention de la radicalisation. Il est l’auteur de L’indicible de A à Z (Le Seuil, 2016).

 

Azdyne Amimour a exercé plusieurs métiers, dans le commerce, le sport ou le cinéma. Il est le père de Samy Amimour, l’un des trois terroristes du Bataclan.

 

Quelques extraits significatifs du livre :

 

  • Le second message était plus politique : je voulais faire savoir qu’une réponse uniquement sécuritaire, policière et militaire ne me satisferait pas, qu’il s’agissait de chercher et d’éradiquer les racines du mal. Je craignais que la France se laisse aller à un repli haineux ou à un appel à la guerre comme cela avait pu être le cas aux États-Unis après le 11 septembre. Georges Salines

 

  • Fuir le risque, c’est se condamner au pire des risques : celui de ne pas vivre sa vie et je ne voulais pas reproduire ce schéma avec mes enfants. GS

 

  • Les sbires de Daech ont décidé que la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État, autrement appelée loi sur la laïcité, était ipso facto une loi d’intolérance et de rejet. 1905 s’est donc transformée, selon Daech, en loi islamophobe. Et combien de musulmans, sans même éprouver de sympathie pour les djihadistes, ont-ils fini par le croire ? Azdyne Amimour

 

  • Il est évident que l’ingérence militaire des nations occidentales dans le monde arabe et en Afghanistan a fini par se retourner contre nous. Les Américains ont renversé Sadam Hussein en Irak en utilisant un mensonge, les fameuses « armes de destruction massives » dont on n’a jamais trouvé trace. Les interventions en Libye et en Syrie, auxquelles la France a pris part, ont certes été présentées comme un moyen d’éviter le massacre des partisans du Printemps arabe, mais elles obéissaient aussi à des considérations géopolitiques et à la volonté de se débarrasser des régimes qui ne nous convenaient plus. GS

 

Un livre à mettre entre toutes les mains. Les propos échangés dans l’ouvrage nous donnent une leçon de tolérance. Le dialogue entre le père d’une victime au Bataclan et le père de l’un des terroristes est pour le moins inattendu.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Pour dialoguer et écrire ensemble

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Les jeux paralympiques

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Alain Rivière, victime d’un accident vasculaire, est monté sur la première marche du podium de tir sportif handisport à l’été 2017. De longues années de travail avaient été nécessaires pour arriver à la première place. Il n’oublie pas et remercie tous les acteurs de sa résurrection.

 

Dans son livre De l’hôpital au podium, Alain Rivière évoque l’œuvre du Docteur Ludwig Guttmann à l’origine de la grande aventure paralympique :

 

« Je lève mon verre et porte un toast… « Aux joies de la vie… Au Père des parasports, le Docteur Ludwig Guttmann »

Cet éminent neurologue travaillait à l’Hôpital juif de Breslau lorsqu’il fut obligé de fuir en Angleterre à la fin des années trente. Dans son pays d’adoption, il exerça à l’hôpital de Stoke Mandeville. Inutile de préciser qu’à partir de l’an quarante, ce centre national des blessés de la moelle épinière accueillait de nombreux soldats. Pour ces militaires, cet établissement n’était autre qu’un mouroir. Le rôle des soignants consistait principalement à accompagner les blessés vers la mort. Révolté par cette situation, le docteur Guttmann tenta d’utiliser le sport à des fins thérapeutiques. Il organisa alors la pratique d’activités comme le tir à l’arc, le basket ou le polo. Un programme de réhabilitation chargé de redonner aux soldats blessés, autonomie, confiance et estime de soi. Des sentiments nécessaires pour recouvrer goût à la vie ! Les effets furent spectaculaires. Ces hommes retrouvèrent une place dans la société… Handisport était né.

Quelle qu’en soit la cause, l’événement violent broie l’infortuné. Le drame laisse des cicatrices, des séquelles. Et, dans la nuit abyssale d’un malstrom d’idées noires, le malheureux se débat avec son corps mutilé.

« Tout ce qui ne tue pas rend plus fort ! », prétendait Nietzsche. »

Après la guerre, le Docteur Ludwig GUTTMANN (1899/1980) poursuivit son œuvre… Ce pionnier organisa, en parallèle des J. O. de Londres en 1948, les Jeux de Stoke Mandeville… C’était le début de la grande aventure paralympique ! Cette compétition fut renouvelée en 1952 (plus 130 participants internationaux) et en 1956 avec la reconnaissance du C I O. En 1960 eurent lieu les premiers Jeux Paralympiques à Rome. À cette occasion le Pape Jean XXIII nomma le médecin « Le de Coubertin des Paralysés ». Ce qui lui valut d’être surnommé également… « Le Père des Para-Sports » !

 

Alain Rivière rend hommage au Docteur Guttmann sans qui il ne serait jamais monté sur la première marche du podium de tir sportif handisport en 2017.

 

Revivez la renaissance d’Alain en lisant son livre De l’hôpital au podium :

 

https://www.leslibraires.fr/recherche/?q=De+l%27hôpital+au+podium

 

https://www.crepin-leblond.fr/techniques-de-tir/6381-de-l-hopital-au-podium-renaitre-grace-au-sport-9782954655840.html

 

https://fr.shopping.rakuten.com/offer?action=desc&aid=8251417488&productid=6655341658

 

Christian Dechartres - écrivain public - éditeur -

http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

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Groupements d'employeurs : des initiatives à soutenir

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

L'intérêt des groupements d'employeurs n'est plus à démontrer. Dans une période difficile, comme celle que nous traversons, favoriser le système de groupement ne peut que favoriser l'emploi. Il faut développer les initiatives. L'article qui suit donne un éclairage sur le travail qui se fait dans ce domaine.

  • Groupements d’employeurs: label en vue !
CER FRANCE Finistère

07/01/13
Finistère - Fiscalité-Juridique

Groupements d’employeurs: label en vue !

A terme, les groupements d’employeurs vont évoluer vers un label leur ouvrant l’accès à des aides. Décryptage avec Jean-Michel Jéhanno, conseiller en droit social au sein du réseau CERFRANCE.

Qu'est-ce qu'un groupement d'employeurs ?
Jean-Michel Jéhanno : «C’est une association déclarée Loi 1901. Elle est constituée de deux entreprises ou plus. Son objet : mettre à la disposition de ses membres, des salariés liés au groupement par un contrat de travail. Un groupement d’employeurs doit rédiger et déposer des statuts, désigner une équipe dirigeante avec un président, un trésorier et un secrétaire.»

Un groupement d’employeurs est-il exclusivement constitué d’exploitants individuels ?
JMJ : «Non, il peut regrouper également des sociétés agricoles.»

Quelles sont ses activités ?
JMJ : «Toutes les activités de production et de transformation agricoles au sens large. Les Entreprises de Travaux Agricoles et les Cumas sont également concernées.»

De quelle convention collective le groupement d’employeurs dépend t-il ?
JMJ : «Le groupement doit appliquer la convention collective dont le champ d'application recouvre le plus grand nombre de secteurs de production ou d'activités agricoles de ses membres.»

Quel est, selon vous, le principal intérêt d’un groupement d’employeurs ?
JMJ : «Le groupement permet de faire face à un besoin de main d’œuvre irrégulier ou à temps partiel, en s’appuyant sur des salariés souvent polyvalents, qualifiés et disponibles.»

Et la clé de la réussite ?
JMJ : «L’entente entre associés…Cela implique de ne pas systématiquement tirer la couverture à soi. Il faut apprendre à prendre les décisions en commun dans le respect des autres !»

Comment le groupement fonctionne-t-il au quotidien ?
JMJ : «Les associés doivent s’entendre, au préalable, sur un planning de travail qui sera communiqué au salarié. Le règlement intérieur prévoit les modifications de planning de travail par un adhérent du groupement, en hiérarchisant les priorités. Le partage des responsabilités entre le groupement et ses membres est aussi établi.»

La responsabilité financière des membres est-elle engagée ?
JMJ : «Les adhérents d'un groupement d'employeurs sont en principe solidairement responsables des dettes éventuelles envers le salarié et les organismes sociaux. Mais les statuts du groupement peuvent prévoir des règles de répartition inégalitaires des dettes du groupement entre ses membres, par exemple au prorata du nombre de jours d’utilisation du salarié dans l’année.»

Qui est le garant des conditions de travail du salarié du groupement ?
JMJ : «Quand le salarié est présent sur une exploitation, l'adhérent utilisateur est seul responsable des conditions d'exécution de travail : durée du travail, travail de nuit, repos hebdomadaire, jours fériés, hygiène et sécurité… D’ailleurs, le groupement demandera à l’utilisateur de lui transmettre son document d’évaluation des risques professionnels et, le cas échéant, les fiches d’exposition aux facteurs de risques.»

Si j’intègre un groupement d’employeurs, suis-je déjà personnellement assuré pour les dommages causés aux tiers ?
JMJ : «Non. Votre assurance responsabilité civile ne suffit pas. Vérifiez que le groupement d'employeurs ait bien également souscrit une assurance responsabilité civile à son nom.»

Quelles sont les mentions à porter sur le contrat de travail ?
JMJ : «Outre les mentions légales obligatoires, le contrat de travail, rédigé entre le groupement et son salarié, prévoit des dispositions spécifiques liées aux contraintes inhérentes aux changements de lieux de travail. Par exemple, des clauses relatives à l'indemnisation des kilomètres parcourus en cas d’utilisation d’un véhicule personnel, les modalités de prise des congés payés, les actions de formation…»

J’ai entendu dire que la création d’un groupement d’employeurs ouvrirait de nouveau droit à des aides. Qu’en est-il ?
JMJ : «C’est exact. L’accord national 13 juin 2012 pour développer et encadrer les groupements d'employeurs agricoles et ruraux vient d’être étendu par arrêté du 20 novembre dernier. Mais dans l’immédiat nous disposons de peu d’information… Ce dont on est sûr, c’est que l’octroi des aides sera réservé aux groupements labellisés.»

Quelles seront les conditions pour obtenir ce label ?
JMJ : «L'accord prévoit la mise en place d'un dispositif de labellisation pour les groupements d'employeurs, qui reposerait sur les critères suivants :
- privilégier l'embauche de salariés sous Contrat à Durée Indéterminée à temps plein, à temps partiel ou sous contrat de travail intermittent ;
- appliquer correctement la convention collective et l'ensemble des accords de branche agricoles ;
- prendre en compte les conditions de travail des salariés : limiter les déplacements journaliers du salarié, mettre en place une politique de prévention des risques, développer la formation adaptée aux salariés mais aussi aux adhérents au groupement…»

Quel sera l’organisme chargé de l’élaboration du cahier des charges du label ?
JMJ : «En Bretagne, ce sera la Commission Régionale Paritaire de l'Emploi qui prendrait le relais afin d’assurer la procédure de labellisation d'un groupement d'employeurs. Les documents à fournir et le montant des aides seront définis par une charte régionale. Affaire à suivre…»

Jean-Michel Jehanno, conseiller en droit social, Cerfrance Finistère
Encourageons toutes les initiatives qui tendent à développer ce type de projet.
Article diffusé par Christian Dechartres, "Le Mot de Passe" - www.cd-lmdp.fr - 06.11.48.77.63

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« Des hommes » de Laurent Mauvignier - 2009

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Ils furent appelés en Algérie pour mettre un terme aux « événements » - c’est ainsi que l’on nommait cette guerre. Beaucoup reviendront traumatisés par les actes qu’ils furent contraints de commettre.

 

Extraits :

 

Revenir à la vie civile : « Lui qu’on avait connu si grande gueule et hautain, c’était comme si un ressort avait été cassé à force d’avoir été trop tendu, trop remonté.. »

 

Après avoir vécu ça : « Le lieutenant arrache un bébé des bras d’une femme - au départ elle résiste, elle retient l’enfant, ses bras, ses mains accrochées au corps de l’enfant et le lieutenant qu’un soldat vient aider, repoussant la femme à coups de crosses dans le bras, dans les épaules, pour qu’elle lâche, qu’elle cède, et enfin elle cède et s’écroule et le lieutenant prend le bébé, il le soulève, le brandit par le cou, d’une seule main, les vieux et les femmes se redressent mais les soldats pointent les canons et le lieutenant lève les bras plus haut encore et on voit le bébé et les bras minuscules, les jambes minuscules qui s’agitent. »

 

Pourquoi ces méthodes ? : « Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c’est possible de crier que la terreur mènera vers plus de bien. »

 

Ancré dans la mémoire : « Et alors on verra des images et on sentira des odeurs et on aura des pensées qui s’imprimeront dans la mémoire aussi profondément que les lames des fells dans la chair des malheureux. »

 

L’horreur : « … des hommes ont fait ça, sans pitié, sans rien d’humain, des hommes ont tué à coups de hache, ils ont mutilé le père, les bras, ils ont arraché les bras, et ils ont ouvert le ventre de la mère et… »

 

Des hommes ? : « On était dans un entonnoir et ça allait tellement vite, c’est là qu’on a arrêté de parler des fells, là qu’on a dit bougnoules ou moricauds, tout le temps, parce que cette fois, pour nous autres, on avait décidé que c’était pas des hommes. »

 

De l’atrocité : « Nicole, tu sais, on pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même. »

 

Du départ de l’oppresseur : « Quand les Allemands ont quitté la France, ce bonheur, la liesse, le grand bonheur dont est capable la foule quand elle déborde d’elle-même, je me souviens de ça, l’émotion si folle, si belle, des Algériens. »

 

Tout laisser : « … en France on les verrait venir, les colons, ceux qui se dépêchaient de revendre une misère, avant de partir, des commerces qu’ils abandonnaient la rage au ventre, la mort dans l’âme, toute leur vie et les corps des ancêtres moisissant dans des cimetières qu’on ne verrait jamais plus et que les herbes vont ravager. »

 

Faire produire l’inimaginable : « On se souvient des harkis qu’on nous a obligés à faire descendre des camions qui partaient, et aussi les coups de crosse pour qu’ils ne montent pas dans les camions, leurs cris, la stupeur, l’incrédulité sur les visages, ils n’y croyaient pas, on n’y croyait pas non plus et pourtant on le faisait. »

 

« Je n’ai pas laissé autre chose que ma jeunesse là-bas. »

 

Espoir ? : « Ne plus entendre le bruit des canons ni les cris, ne plus savoir l’odeur d’un corps calciné ni l’odeur de la mort - je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard. »

 

Laurent Mauvignier nous plonge dans l’univers de ces appelés envoyés dans ce déluge d’atrocités. Le retour de ces jeunes hommes s’est fait sans préparation. Ils vivront des cauchemars jusqu’à la fin de leurs jours. D’aucuns ne supporteront pas et mettront fin à leurs jours.

Livre poignant et instructif.

 

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr/ - https://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La vérité ruine souvent nos illusions, mais nous ouvre toujours les yeux pour qui veut voir. » F. Ntasamara

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Quelles limites à votre liberté d’expression ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Quelles limites à votre liberté d’expression ?

La Convention européenne des droits de l’homme dispose que « toute personne a droit à la liberté d’expression ». Ce droit comprend « la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière ». La liberté d’expression n’est pas pour autant absolue et doit se concilier avec d’autres libertés ou droits fondamentaux. Il y a donc dans les sociétés démocratiques des limites à la liberté d’expression.

Citons plusieurs exemples d’abus que la loi française a prévu de sanctionner :

• les diffamations et les injures,

• la transmission sans son consentement d’images d’une personne prises dans un lieu privé,

• la diffusion ou la reproduction de fausses nouvelles,

• la diffusion, sans son accord, de l’image d’une personne identifiée ou identifiable portant des menottes alors qu’elle n’a pas fait l’objet d’un jugement de condamnation,

• la publication de tout acte de procédure criminelle ou correctionnelle avant qu’il ait été lu en audience publique, • la diffusion d’informations permettant l’identification d’un mineur ayant quitté ses parents ou victime d’une infraction, sauf demande des personnes ayant la garde du mineur ou des autorités,

• l’apologie ou la provocation à commettre certains crimes ou délits, telles l’apologie des crimes de guerre ou contre l’humanité, des actes de terrorisme ou la provocation à ces actes,

• les diffamations et injures envers les personnes à raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à une nation, une ethnie, une race ou une religion déterminée.

Quelle différence alors entre sociétés démocratiques et non-démocratiques ? Dans une société démocratique, la liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent le gouvernement ou une fraction quelconque de la population.
Les restrictions éventuelles à la liberté d’expression doivent donc satisfaire à plusieurs conditions strictes pour ne pas y porter atteinte. En Europe, ces conditions ont été précisées et sont garanties par les tribunaux :
• les restrictions à la liberté d’expression doivent être prévues par une loi et énoncées de manière claire et précise ;
• elles doivent être motivées par la poursuite d’objectifs légitimes dans une société démocratique, comme par exemple la protection de la réputation d’autrui, la nécessité d’empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou celle de garantir l’impartialité du pouvoir judiciaire ;
• elles doivent être réellement nécessaires et les mesures ou sanctions proportionnées au but. Les restrictions doivent satisfaire ce triple test.
A contrario, ne serait pas justifiée une restriction à la liberté d’expression énoncée par une loi claire et poursuivant un objectif légitime mais qui ne serait pas réellement nécessaire à la protection de cet objectif. C’est ainsi que le délit d’offense à un chef d’État étranger a été abrogé suite à un arrêt de la Cour européenne. Non pas qu’on ait le droit de l’injurier ou le diffamer. Simplement, la Cour a jugé que créer ce délit spécifique « n’était pas une mesure nécessaire dans une société démocratique (...), d’autant plus que l’incrimination de diffamation et d’injure, qui est proportionnée au but poursuivi, suffit à tout chef d’État, comme à tout un chacun, pour faire sanctionner des propos portant atteinte à son honneur ou à sa réputation ou s’avérant outrageants ».

* Nous avons tous le droit d’exprimer des opinions ; nous pouvons formuler des idées contradictoires étayées. Mais nous ne pouvons pas faire l’apologie d’actes délictueux. Ce rappel de la « Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre) » a le mérite de nous rappeler les limites de la liberté d’expression.

Christian Dechartres – écrivain public - http://www.cd-lmdp.fr - 06.11.48.77.63.

Observateur de la comédie humaine.

Raconteur de vie.

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Frédéric Helbert - Marc Trévidic : un entretien très instructif

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

écrivain public tournagePrenez un moment pour lire cet entretien de Frédéric Helbert avec le juge Marc Trévidic. A la fin de votre lecture, je suis intimement persuadé que vous comprendrez encore mieux le monde tel qu'il nous "ballotte" actuellement. Ici, pas de langue de bois !

Frédéric HELBERT, le blog

"Notre rôle n’est pas d’être pour ou contre, il est de porter la plume dans la plaie". Albert Londres


Les vérités du Juge anti-terroriste Marc Trévidic. Entretien sans tabous. (suite après focus Mali)

Publié le 21/01/2013 à 05h23 | De Kaboul à Bamako, Juge Marc Trévidic, nouvelles méthodes et filières du Jihad, terrorisme | Écrire un commentaire.

Le Juge Trévidic auteur d’un 2ème ouvrage, »terroristes les 7 piliers de la tentation », évoque dans un long entretien le Jihad, la menace, l’évolution du terrorisme, l’embrigadement express, le rôle des femmes, des apprentis-jihadistes de plus en plus jeunes, l’affaire Merah, les rapports avec le politique, le Mali encore, le changement d’ambiance depuis le départ de Nicolas Sarkozy, et bien évidement sa passion pour l’écriture, et celle de son métier…

La semaine dernière, -actu oblige- c’est sur le Mali et les menaces terroristes liées à cette guerre que s’était focalisé le compte rendu d’un très long entretien que m’avait accordé le Juge Trévidic. Mais cet homme qui réussit à jongler avec de multiples vies, magistrat, père de famille, auteur de livre à succès, ex-patron de l’AFMI, (association française des magistrats instructeurs, formateur de magistrats (venus de l’Afrique sahélienne par exemple), joueur de guitare à ces heures, empoisonneur permanent pour tous les pouvoirs (de par sa fonction et ses prérogatives qu’il exerce sans être d’aucun camp) celui qui a repris tous les dossiers du Juge Bruguière, passionné par la matière sans cesse mouvante du terrorisme, sans pour autant négliger le dernier match de foot de l’un de ses fils, vient de publier donc son deuxième ouvrage. Après « Au cœur de l’anti-terrorisme », celui-là s’intitule * »Terroristes, les 7 piliers de la déraison ». Bien loin de nombre de « pavés » à caractère universitaire, racontant tout et n’n'importe quoi, le livre de Marc Trévidic s’attache avec minutie, esprit, humour parfois, à dépeindre à travers, des cas différents, et des nouvelles écrites à bases d’histoires réelles, un univers vu de l’intérieur, ses nouvelles règles, l’embrigadement de gens de plus en plus jeunes, le rôle grandissant du net, la fonction des femmes dans un monde d’hommes, et tout ce qui en arrive à faire pour certains que le Jihad repose sur les piliers d’une tentation dont l’auteur décortique les mécanismes. Et rend cette menace essentielle du nouveau millénaire, accessible à tous… Dans un monde compassé, obéissant à des règles surannées, Marc Trévidic est un homme à part qui ignore la langue de bois, et trouve dans l’écriture, un plaisir qui paradoxalement, alors qu’elle traite de dossiers si lourds qu’il gère à longueur de temps lui permet « une forme d’évasion » et en même temps de réflexion sur son action.

Entretien « no limits »:    Frédéric Helbert- Pourquoi un deuxième livre alors que vous avez tant à faire?

Marc TREVIDIC - L’écriture est un royaume de vertus: Cela a un effet déstressant! Quand j’écris Soudain me voilà soudain loin, des gardes du corps, des sirènes, des gendarmes, de la pression permanente. de ces individus qui vous menacent à mot couverts, bref de l’univers pesant d’un juge anti-terroriste. Et puis cela permet de se poser, de réfléchir, et puis de relater « l’histoire en marche ». Pour moi c’est un vrai bonheur. J’aime écrire, les mots, le style, j’ai une « matière » exceptionnelle. Alors si le fond est top, il faut bien mettre çà en forme. Ce serait un peu dommage de faire un livre nul avec une matière de premier niveau. C’est le défi! les lecteurs jugeront! ‘ai fait là en sorte que les gens puissent se mettre à la place de chaque personnage, ne s’ennuient pas, enfin j’ai essayé! Et puis j’ai beau eu refaire les comptes, on en a qu’une vie, alors autant faire ce que l’on aime! Tout ce que l’on aime! Jusqu’à date de péremption!

FH:-Est ce que les données ont changé depuis la dernière élection présidentielle et le départ de Nicolas Sarkozy qui ne vous porte pas dans son cœur?

Marc TREVIDIC: – Oui, clairement, j’ai une pression en moins. On me laisse travailler normalement. je suis (sic) plus en sécurité… J’ai plus l’impression que l’on fasse tout pour me faire partir. je le vois aussi au fait que j’ai plus de moyens, d’enquêteurs à ma disposition. Après je ne me fais pas d’illusion, le pouvoir d’aujourd’hui le sait. Je traite tous les dossiers de la même manière, quelles que soient les ramifications politiques. Mais ma vocation n’est pas d’être systématiquement « l’emmerdeur ». Souvent je traite des dossiers qui vont dans « le sens du poil ». FH- Vous regrettez de ne pas avoir été nommé dansl’affaire Merah, dont vous connaissez nombre de paramètres parmi le groupe de magistrats-instructeurs? Marc TREVIDIC – Bien sûr, mais c’était encore l’ère Sarkozy. On me privait alors de dossiers comme un gosse qu’il faut punir, (il sourit). Il faudrait vraiment ne pas avoir la passion du métier! pour ne pas regretter Mais enfin bon, j’ai des confrères très compétents qui font le boulot. Et je n’en manque pas… (le dossier Merah donnera lieu à un traitement particulier eu égard aux déclarations précises du juge qui estime que Merah a été l’objet d’une légitime tentative de retournement qui a été un échec. Ca valait le coup d’être tenté dit le juge, après on s’est planté complet. Merah a « roulé tout le monde dans la farine », ce qui a fini par déboucher sur la tragédie désormais connue).

FH – Vous n’êtes pas découragé parfois par des dossiers qui semblent sans fin (Copernic, Goldenberg, Rwanda, Karachi etc…?

Marc TREVIDIC: – Non! l’instruction c’est comme un puzzle, et parfois on a affaire à des puzzles géants! Quand on trouve une petite pièce, puis une autre, et que le visage d’une affaire se dessine, je suis content! et puis nous n’avons pas à l’instruction vocation à rendre une Justice immédiate, une Justice Mac Do! Non,imaginez quand je pense pouvoir boucler une énigme vieille de 30, 20, ou 10 ans! La joie, joie pour la Justice et les victimes aussi. Boucler Un dossier qui fait 25 tomes et 5 mètres de haut! C’est un sentiment fort! Parfois il y a du découragement qui pointe, et puis soudain, un document, un témoignage permet de relancer la machine. Je ne renonce jamais FH – La vocation de votre nouveau bouquin? Marc TREVIDIC - Ramener l’anti-terrorisme, et les dossiers, à leur dimension individuelle, personnalisée. Derrière les grandes formules, les concepts, il y a des gens, des femmes et des hommes, des mineurs parfois qui « incarnent ». Là, on quitte le concept, on rentre dans l’humain. Et on a aujourd’hui des surprises. De plus en plus de gens viennent au Jihad via internet, Facebook ou autres forums, sans qu’il y ait eu de réflexion profonde, de démarche mûrie. Mais ils deviennent de la chair à canon pour les recruteurs qui sont de l’autre côté de la toile. On est dans une autre ère. Le pari est pour nous de nous adapter à ces bouleversements. C’est passionnant! Prenez par exemple l’exemple des femmes. On connait les cas de certaines femmes devenues des kamikazes, des bombes humaines au service du Jihad, mais les grands chefs théologiens du Jihad qui émettent des fatwas, appelés à se pencher sur le problème, ont changé les « règles » maintenant. Une femme n’ayant pas le droit de sortir seule, sans maris, ou sans hommes à leurs côtés, sans burkas, les religieux ont tranché. plus de femmes kamikazes, mais elles jouent un grand rôle comme administratrices et autres sur le Web, ou elles passent des heures, font de la propagande, des collectes. Sans contact avec l’homme, sans nikab, donc dans le respect de la religion. Internet c’est l’avenir de la femme intégriste.

FH- Vous évoquez aussi dans votre livre l’éternelle ambivalence du politique à l’égard des jihadistes….

Marc TREVIDIC: Oui, L’hypocrisie du politique elle n’a pas changé. A une époque, un moudjahidin afghan qui maniait du Stinger contre un russe en Afghanistan, c’était un combattant de la liberté comme le disait Reagan. Maintenant un tchétchène qui lutte contre le même russe, c’est un terroriste! Hypocrisie permanente quand un pays dont on est allié diplomatique finance à ciel ouvert les jihadistes ici et là, et en même temps nous achètent des armes. Les bons et les méchants, c’est toujours un système à géométrie variable… On accepte l’intégrisme là où on achète du pétrole, on le dénonce là ou y’a pas de business à faire… Donc, et c’est une des démos du bouquin, on y est largement pour quelque chose. Et que les politiques viennent crier aux grands principes est une hypocrisie fondamentale quand on connait le dessous des cartes, et d’un jeu qui peut se révéler dangereux, voire se retourner contre nous… ce qui se passent ce moment même (cf. Premier volet ITW) au Mali en est la preuve criante.. Maintenant encore une foi, le risque est là, mais il faut l’assumer et garder notre sang-froid. Ne pas tirer entre les pattes, comme cela été fait dans le l’enquête Merah…

FH- Comment contrecarrer la propagande pro-Merah par exemple, avec tous ces jeunes, qui en font une idole et un exemple, à l’école?

Marc TREVIDIC - C’est sensible, mais un jour, il faudra peut-être envisager d’établir dans le système scolaire une nouvelle matière, l’histoire du terrorisme. C’est dur sur des affaires pour lequel on n'a pas  beaucoup de recul et puis, la définition même du « terrorisme » est sujette à débat. Mais, ne serait-ce qu’en parler dans une salle de classe, déjà avec des gens qui connaissent la « matière », ce serait déjà pas mal! On l’évoque déjà le terrorisme dans l’histoire contemporaine du XXème siècle, alors pourquoi ne pas évoquer cette « histoire en marche » dont je parle dans mon bouquin, et sur laquelle livrés à eux même, et à leurs ordinateurs, aux « conneries » qu’ils entendent, à celles qu’ils se racontent, les jeunes « flirtent » intellectuellement avec le danger.

FH- et vous en retrouvez parfois dans votre bureau de juge d’instruction…

Marc TREVIDIC - : Absolument et ce sont parfois les parents qui nous appellent parce qu’ils ont découvert sur l’ordinateur de leur fils des vidéos abominables de scènes d’égorgement, d’amputations, d’actions armées des jihadistes en Afghanistan, Irak, au Yémen. D’autres trouvent des billets d’avions pou des destinations Jihad, parfois même des testaments! de gosses de 16 ans, qui n’ont rien compris mais qui se sont fait attraper comme des mouches. Parfois c’est l’action de la DCRI ou d’autres services qui nous permettent de « taper » des cellules, ou on a la surprise de retrouver beaucoup de gens très jeunes, 18-20 ans tout au plus, mais aussi parfois 15,16! Si la crise d’ado maintenant c’est partir pour jour mourir en kamikaze, imaginez la tête des parents! alors avec les policiers, je fais un boulot de construction. On casse le château de cartes en 5mn, ça peut prendre plus temps. Avec certains jeunes majeurs, terriblement buttés, on ne peut pas prendre de risques, alors c’est la mise ne examen, avec un passage parfois obligé par la case prison: j’essaie d’éviter au maximum l’incarcération, sachant que la prison est vecteur d’un endoctrinement dans la réalité qui peut faire beaucoup plus mal, mais il n’y a pas toujours d’alternative.

FH -Le danger principal aujourd’hui c’est répétons-le, le Mai, devenue nouvelle terre de Jihad?

Marc TREVIDIC: Plus que jamais. le Mali c’est le nouvel Eldorado des chercheurs de Jihad. En plus ce n’est pas compliqué d’y aller; ou de passer par un pays limitrophe. Chez les jeunes dont je vous ai déjà parlé, la contagion est en marche. Avant l’épisode algérien qui ne va pas simplifier la donne, il y avait des gens qui appelaient sur Internet à venir les rejoindre pour venir faire le Jihad au Mali. C’est Jihad.com à fond. Nous on est en état de veille maximum, mais la toile est grande… Les forums chauffent à bloc en ce moment. Les experts font du bon boulot, mais si ça s’envenime, que ça dure, que ça dérape, alors les risques casse terroriste seront partout.

Propos recueillis par Frédéric Helbert.

* »Terroriste, les 7 piliers de la déraison ». par Marc Trévidic. Editions Jean-Claude Lattès

À propos de l'auteur Grand-reporter de guerre et journaliste d'investigation, spécialiste du Terrorisme, je couvre depuis 25 ans les unes de l'actualité. Très souvent sur le terrain, je souhaite partager avec tous la face parfois moins visible des enquêtes et reportages diffusés sur tous les médias. J'aime explorer le dessous des cartes de dossiers sensibles. Ce blog m'en offre la totale liberté. Je compte bien vous en faire profiter pleinement! Vos témoignages et informations sont les bienvenus...

Commentaire : Frédéric Helbert et le juge Marc Trévidic mènent un combat pour la recherche de la vérité. En cela, il faut les saluer. Ce travail n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. La vérité est trop souvent dérangeante… A vous de juger.

Christian Dechartres – « Le Mot de Passe » - www.cd-lmdp.fr  -  dechartresc@sfr.fr

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