Justice : comment redorer son image ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

2012-12-21 14.25.47

 Elle peut être fiscale, sociale, élémentaire, économique… La justice fiscale, ce serait une justice à laquelle chaque citoyen serait soumis sans possibilité de s’y soustraire. Je sais, c’est une justice de « rêve ». Dans l’idéal, ce serait une justice sociale dans la mesure où elle serait exemplaire, sans faille.

La justice – les exemples récents le prouvent - est imparfaite.

La fraude fiscale profite aux plus nantis. Le manque à gagner pour le budget de l’état est énorme. Les moins nantis paient inexorablement la TVA sur tous les produits de consommation, sur les services sans pouvoir y échapper. Pour combler ce manque à gagner de la fraude fiscale, l’Etat invente de nouveaux impôts ; les mieux informés, les plus riches trouvent des parades pour diminuer leur facture envers l’administration fiscale. Les plus pauvres reçoivent leur déclaration sur laquelle figurent déjà tous leurs revenus. Aucun espoir d’échapper à l’imposition quand on a un petit travail déclaré dans les règles.

Quelles solutions ?

Mais comment faire triompher la justice sociale et fiscale ? En votant et en faisant appliquer des lois pour cela. Oui, mais qui vote les lois ? Les élus du parlement. Dans leurs rangs, la liste des mis en examen, des condamnés pour des fraudes liées aux affaires d’argent est très longue. Tous – en public - invoquent un désir de changer le système actuel. Mais que disent-ils en privé ? Que souhaitent-ils quand ils détiennent ce pouvoir ? A votre avis ? L’intérêt personnel reste un enjeu pour beaucoup. Le pouvoir fait perdre la tête, du moins il pousse à prendre des décisions qui vont parfois à l’encontre de l’intérêt général.

Les politiques les plus honnêtes n’ont pas la tâche facile, ils se heurtent à des lobbies. Ils doivent aussi faire face à des citoyens très mal informés. Ils sont considérés comme les autres « tous pourris ».

Les risques du système actuel 

A défaut d’obtenir une vraie justice, certains se font justice eux-mêmes. Tant que la soif de justice ne trouve pas d’exutoire, le risque demeure. La démocratie n’en sort pas grandie. Pour échapper à une justice imparfaite, les citoyens cherchent à contourner les lois. Les plus puissants bénéficient de moyens importants. Les plus faibles tentent de recourir aux méthodes à leur portée.

Une image de la justice détériorée

Dans l’affaire Tapie, on ne peut pas dire que l’image de la justice française soit sortie grandie. Quand un tribunal – quelle que soit son appellation – alloue une indemnisation d’un montant 2000 fois supérieur à ce qu’il aurait été pour un condamné à tort embastillé plusieurs années, on se demande vraiment si la justice est exemplaire, impartiale, indépendante, souveraine.

Dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens, la justice est arbitraire, complaisante, corrompue, à deux vitesses. Tant que l’Etat se mêlera des affaires de justice, ce risque d’une image dégradée demeurera.

Si nous voulons progresser en matière de justice, il faut que nos politiques et chacun d’entre nous pensent d’abord à l’intérêt général. Il y a encore du chemin à parcourir.

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr – 06.11.48.77.63.

 

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