Langage académique, suite

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

2012-10-04 16.31.46

 

Académie française, les emplois fautifs

 

Le 05 décembre 2013

Emplois fautifs

Ces deux expressions ne doivent pas être confondues. D’ailleurs, au sens propre, signifie « d’un autre endroit, d’autres endroits » : Il en est venu de toute la région, et même d’ailleurs. Au figuré, cette locution a le sens de « du reste, au reste » et s’emploie alors le plus souvent avec une valeur concessive. Par ailleurs signifie d’abord « par un autre chemin » : Je suis allé à sa rencontre et ne l’ai pas vu ; il a dû passer par ailleurs. Il s’emploie au figuré avec le sens de « d’un autre côté, par un autre moyen ». On s’efforcera de garder à chacune de ces expressions ses nuances et de ne pas employer l’une pour l’autre.

 

On dit

On ne dit pas

Il voit peu son frère, qui d’ailleurs ne s’en plaint pas

Il était latiniste et par ailleurs féru de chimie

Il voit peu son frère, qui par ailleurs ne s’en plaint pas

Il était latiniste et d’ailleurs féru de chimie

 

Paraît-il que

Le 05 décembre 2013

Emplois fautifs

Le verbe paraître, employé dans des tournures impersonnelles, peut se construire avec une proposition complétive introduite par que : Il paraît qu’elle va venir demain. On peut également l’utiliser, cette fois sans complétive, en incise, avec inversion du pronom impersonnel sujet : Elle va, paraît-il, venir demain. Mais c’est une incorrection de mêler ces deux formes. Rappelons aussi que la forme familière à ce qu’il paraît ne doit pas s’employer dans une langue soignée.

 

On dit

On ne dit pas

Il paraît qu’il va neiger

Il est, paraît-il, très riche

Paraît-il qu’il va neiger

Paraît-il qu’il est très riche

 

 

Territoire

Le 05 décembre 2013

Emplois fautifs

Ce nom, dérivé de terre, désigne une étendue géographique plus ou moins vaste où vivent habituellement tels ou tels peuples, telles ou telles espèces. Il est aussi utilisé dans le vocabulaire politique et administratif. On parle ainsi du territoire national. Il peut aussi désigner, par extension, le domaine de recherche de telle ou telle discipline et Emmanuel Le Roy Ladurie a ainsi intitulé un de ses ouvrages : Le Territoire de l’historien. Mais on évitera de faire de ce nom un synonyme un peu flou qui pourrait désigner toute division administrative du territoire. Territoire ne doit donc pas être employé en lieu et place d’autres termes plus précis comme canton, département ourégion. Il n’est pas non plus synonyme de province. On peut d’ailleurs légitimement se demander ce que ce dernier nom a de si redoutable ou de si haïssable pour qu’on tende à le faire sortir de notre vocabulaire puisque après l’avoir remplacé par région (« aller en région ») on lui substitue aujourd’hui territoire.

 

On dit

On ne dit pas

Une réorganisation des départements, des régions

Visiter la province

Un redécoupage des territoires
 

Visiter les territoires

 

Fratrie et phratrie

Le 07 novembre 2013

Emplois fautifs

Voici deux termes, cette fois parfaitement homonymes, qui ne doivent pas être confondus. Fratrie est un dérivé savant du latin frater, « frère » ; il appartient à l’origine au vocabulaire de la démographie et désigne l’ensemble des frères et sœurs d’une même famille. Phratrie, plus rare, ressortit d’abord au vocabulaire des institutions grecques : il est emprunté du grec phratria, qui désignait une association de citoyens liés par une communauté de rites et appartenant à la même tribu. Ce terme a été repris par la suite par les anthropologues pour désigner un ensemble de clans qui se disent apparentés. Phratia est dérivé de phratêr, « membre d’un clan », et non pas « frère biologique ». Pour évoquer cette dernière notion, les Grecs avaient d’autres mots, parmi lesquels adelphos, « frère », et adelphé, « sœur », qui signifiaient proprement « (nés d’un seul utérus ».

 

On dit

On ne dit pas

Une fratrie de quatre enfants

En Grèce, une tribu était formée de trois phratries

Une phratrie de quatre enfants

En Grèce, une tribu était formée de trois fratries

 

Météo pour temps

Le 07 novembre 2013

Emplois fautifs

L’abréviation familière Météo est bien entrée dans l’usage et s’emploie dans la langue courante en lieu et place du terme Météorologie, discipline qui a pour objet l’étude des phénomènes atmosphériques et de leurs variations, et qui a pour objectif la prévision à court terme de l’évolution du temps. On veillera toutefois à ne pas confondre cette discipline avec son objet, et on se gardera bien d’utiliser Météo pour désigner le temps qu’il fait ou le climat.

 

On dit

On ne dit pas

Le temps sera mauvais toute la semaine

Demain le temps sera chaud, il fera chaud

La météo sera mauvaise toute la semaine

Demain la météo sera chaude

 

Evidemment, l’usage inapproprié d’un mot créé des confusions et parfois des malentendus.

Christian Dechartres – écrivain public, biographe – www.cd-lmdp.fr – 06.11.48.77.63.

Observateur de la « comédie humaine », pour vous servir.

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