Qu’est-ce qui vous fait avancer ? Qu’est-ce qui permet aux hommes de réaliser leurs rêves ? Qu’est-ce qui peut ruiner nos vies ? L’HISTOIRE nous fournit des réponses. Examinons, analysons les faits qui bouleversent notre société. Les lectures les plus diversifiées ouvrent notre esprit sur le Monde. Lire a tant de mérites : imaginer, apprendre, rêver…
Malgré l'accumulation des erreurs médicales et des EIGS (Événements Indésirables Graves Associés aux Soins) partout en France, une culture persistante de la loi du silence empêche la transparence nécessaire au progrès du système de médecine. Ce manque de déclaration, souvent par crainte de désigner un coupable, entrave l'amélioration des protocoles et met en péril la sécurité des patients. Découvrez comment le tabou autour des incidents nuit à la qualité des soins et pourquoi la franchise est le seul levier pour un système de santé plus sûr.
Dans les couloirs blancs d’un hôpital de province, une infirmière hésite devant l’écran de son ordinateur. Elle a constaté un geste maladroit, un dosage imprécis, un détail qui aurait pu mal tourner. Elle sait qu’il existe une procédure de déclaration. Elle sait aussi que peu la suivent. Alors elle se tait. Comme tant d’autres.
Partout en France, les événements indésirables graves associés aux soins, les fameux EIGS, s’accumulent. Chaque année, on en compte des dizaines de milliers. Et les autorités sanitaires reconnaissent elles-mêmes qu’une sous-déclaration massive persiste, malgré l’obligation, malgré les affiches en salle de repos, malgré les formations. La réalité, elle, demeure têtue : une erreur médicale n’existe officiellement que lorsque quelqu’un ose la signaler.
Les experts le répètent : déclarer les erreurs, ce n’est pas désigner un coupable, mais comprendre un système. Les chaînes de soins sont complexes ; une défaillance isolée est rarement le fait d’une seule main. Soumettre chaque incident à l’analyse permettrait de corriger un protocole, de revoir un logiciel, de renforcer une équipe trop épuisée. Les pays qui déclarent davantage progressent plus vite. Ceux qui taisent stagnent. Et leurs patients aussi.
Dans les hôpitaux, dans les cabinets, dans les couloirs des cliniques, une question flotte :
que gagnerait-on à parler franchement des erreurs médicales ?
La réponse tient en un mot : tout.
Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr