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« Indignation » de Philip Roth

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Les bonnes lectures du confinement

 

Avec ce roman d’apprentissage, Philip Roth (1933-2018) poursuit son analyse de l’histoire de l’Amérique – celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles – et de son impact sur la vie d’un homme jeune, isolé, vulnérable.

 

Nous sommes en 1951, deuxième année de la guerre de Corée. Marcus, jeune homme de 19 ans d’origine juive, poursuit ses études au Winesburg Collège… Inconnu, embûches, surprises…

 

Voici quelques extraits :

 

Marcus a travaillé à la boucherie paternelle avant ses études

…bien résolu à m’en tenir à la leçon que mon père m’avait apprise à la boucherie : ouvre le trou du cul avec un couteau, engage la main, attrape les viscères, tire dessus et sors-les. Écœurant, dégoûtant, mais il fallait que ce soit fait.

 

La guerre de Corée sévissait depuis juin 1950

Quand j’arrivai à Winesburg, en septembre, celui qui le remplaçait, le général Ridgway, en était aux premiers stades difficiles des négociations d’armistice avec une délégation communiste de Corée du Nord, et la guerre donnait l’impression de pouvoir durer des années, avec encore des dizaines de milliers d’Américains tués, blessés, et faits prisonniers.

 

Marcus ne comprenait rien du monde

Je ne comprenais pas Elwyn, je ne comprenais pas Flusser, je ne comprenais pas mon père, je ne comprenais pas Olivia – je ne comprenais rien à rien ni à personne.

 

Il veut exister sans croyances impossibles à prouver

« Je n’ai pas besoin des sermons des moralistes professionnels pour me dicter ma conduite. Je n’ai certainement pas besoin d’un Dieu pour cela. »

 

Et si je cessais de me rendre dingue pour tout…

Caudwel avait raison, où que tu ailles, il y aura toujours quelque chose qui te rendra dingue – ton père, tes coturnes, l’obligation d’assister quarante fois à l’office religieux.

 

Comment ne pas blesser ?

Je ne fis rien – ce qui veut dire que je fis exactement ce qu’il ne faut pas faire. Une fois de plus.

 

Les autres sont fous

…et voilà que tout d’un coup il va livrer ses commandes comme si tout le monde sur la route était fou sauf lui.

 

S’apitoyer sur celui que l’on déteste ?

Avec Elwyn, c’était la première fois que je voyais mourir quelqu’un que je détestais. Fallait-il que j’arrête de le détester pour me mettre à le pleurer ?

 

À qui se confier ?

Mais il n’y a personne à qui parler ; il n’y a que moi-même à qui je puisse m’adresser pour parler de mon innocence, de mes explosions, de ma candeur, et de l’extrême brièveté de mon bonheur dans la première année ou j’atteignis pour de vrai l’âge d’homme, qui fut aussi la dernière de ma vie.

 

Prendre conscience

Quatre mille jeunes gens comme vous, morts, estropiés et blessés, entre le jour où nous avons battu Bowling Green et celui où nous avons déboulonné la UWV… vous avez de la chance… vous êtes privilégiés…

 

Un bilan effroyable

Dans la seule compagnie du soldat Messner, douze hommes sur deux cents seulement survécurent, dont pas un qui ne fût en larmes ou à moitié fou, y compris le capitaine de vingt-quatre ans qui les commandait, dont la figure a été écrasée par la crosse d’un fusil balancé comme une batte de base-ball.

 

Avec des « si seulement », on referait le monde

Oui, si seulement si et si seulement ça, nous serions tous ensemble et vivants pour toujours et tout irait le mieux du monde. Si seulement son père, si seulement Flusser, si seulement Elwyn…

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Parmi les nombreux ouvrages de Philip Roth, citons La tache – sur fond d’affaire Lewinski - adapté au cinéma sous le titre La couleur du mensonge admirablement interprété par Nicole Kidman et Anthony Hopkins.

 

La liste des œuvres est longue : Pastorale américaine, J’ai épousé un communiste, Le complot contre l’Amérique…

 

 

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« La Peste », succès de librairie en période de coronavirus

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Incipit du livre :

« Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194., à Oran. De l’avis général, ils n’y étaient pas à leur place, sortant un peu de l’ordinaire. À première vue, Oran est, en effet, une ville ordinaire et rien de plus qu’une préfecture française de la côte algérienne. »

 

Pour Albert Camus, lauréat du Nobel en 1957, La Peste fut le livre clé de l’après-guerre ; il portait à la puissance du mythe cette découverte datée de 1940, que toute société porte en elle-même son propre enfer, qu’une cité heureuse peut mourir de la peste.

 

Des avis sur le livre, on pouvait lire :

« La Peste n’est qu’une allégorie, mais c’est l’allégorie même de notre temps et nos contemporains s’y sont aussitôt reconnus. Les personnages sont ceux de tous les jours, leurs visages sont les nôtres, ils sont la foule des condamnés à mort. »

 

Un extrait, vers la fin du livre :

« Je souffrais déjà de la peste bien avant de connaître cette ville et cette épidémie… Mais il y a des gens qui ne le savent pas ou qui se trouvent bien dans cet état… Moi, j’aurais voulu en sortir… »

 

Dans cette période de propagation du Coronavirus, beaucoup lisent ou relisent La Peste. Une façon de retrouver l’ambiance du livre de Camus en ces moments stressants pour bon nombre d’entre nous ?

Il serait intéressant de connaître les motivations des lecteurs actuels de La Peste.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Observateur de la comédie humaine

 

« L’amour demande un peu d’avenir, et il n’y avait plus pour nous que des instants. »

« Le fléau n’est pas à la mesure de l’homme, on se dit donc que le fléau est irréel, c’est un mauvais rêve qui va passer. »

« Les foyers d’infection sont en extension croissante. À l’allure où la maladie se répand, si elle n’est pas stoppée, elle risque de tuer la moitié de la ville avant deux mois. »

(Extraits du livre.)

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Va-t-on enfin soigner ce handicap en progression chez les jeunes ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Il est sournois, on ne veut pas l’évoquer, il est pourtant à l’origine de situations désastreuses.
handicap invisible écriture lecture
Jeune handicapée

 

« Handicap : Désavantage, infériorité qu’on doit supporter. »

Telle est la définition du dictionnaire. Les populations, les collectivités se préoccupent de plus en plus de l’accès des personnes handicapées à des structures jusque-là inaccessibles à elles. C’est heureux, il faut continuer dans cette voie.

 

Quand on vous parle de personnes handicapées, quelle image avez-vous de ces femmes et de ces hommes ? Vous voyez un citoyen en fauteuil roulant, un autre amputé d’un membre… Le mot « handicap » est majoritairement associé à une déficience physique, il faut bien le reconnaître.

 

Ces handicaps invisibles

Or, des handicaps autrement plus pénalisants condamnent nombre de nos concitoyens à une vie en retrait.

Dans mon métier, je rencontre nombre de personnes

  • Incapables de lire un texte simple et d’en retirer l’idée générale,
  • Incapables de répondre à un courrier ordinaire,
  • Incapables d’analyser un document administratif,
  • Incapables de constituer un dossier pour se défendre,
  • Incapables de comprendre une consigne affichée dans l’entreprise,
  • Incapables de décrypter un programme politique,
  • Incapables de gérer un budget,
  • Incapables d’écrire un CV ou une lettre de motivation
  • Incapables de décrypter les informations dans les médias.

 

La liste est longue pour certains de nos compatriotes. Ces personnes ne devraient-elles pas être déclarées handicapées ? Elles le sont bien plus qu’un amputé du bras capable – lui

  • De gérer un budget,
  • De lire des documents,
  • De comprendre des informations,
  • De répondre à un assureur, à une administration,
  • De s’adonner à la lecture pour le plaisir et les bienfaits de l’exercice.

 

Quand je suis face à ces gens dépourvus de la capacité à gérer le quotidien, j’éprouve un sentiment amer. Pourquoi un nombre croissant de jeunes a-t-il tant de difficultés à comprendre un texte simple ? Notre système ne parvient pas à les former. Quel que soit le domaine d’activité, il faut pouvoir maîtriser la langue et savoir effectuer des opérations mathématiques faciles.

On ne demande pas à chaque Français d’être Victor Hugo ! Mais le savoir de base est indispensable pour gérer ses propres affaires et travailler.

Sans cette capacité à lire et à écrire, c’est l’exclusion assurée.

 

Quels sont les profils des chômeurs et des détenus ?

  • Un chômeur sur deux n’a pas le bac. Un bac qui n’a d’ailleurs plus grande valeur. Le nombre de bacheliers qui rencontrent des difficultés en lecture et en écriture s’accroît. Le savoir protège mieux du chômage, c’est un constat récurant.
  • Les détenus, pour moitié, n’ont aucun diplôme ; 80 % ne dépassent pas le niveau CAP. Près d’un tiers des personnes incarcérées échoue au bilan de lecture.

De la nécessité d’apprendre

Toutes les études le démontrent, l’incapacité à lire et à écrire constitue un handicap au sens fort du terme. Malheureusement, nos élèves éprouvent de plus en plus de difficultés face à la lecture et à l’écriture. Resteront-ils à la porte des entreprises ? Seront-ils de piètres gestionnaires menant leur famille à la faillite ?

apprentissage jeunesse handicap
jeune vers ???

Le chantier à mettre en œuvre est urgent. Mobilisons toutes les forces vives pour inverser la tendance et donner des atouts à l’ensemble de notre jeunesse.

 

Christian Dechartres – écrivain public –http://cd-lmdp.over-blog.fr

Christian Dechartres écrivain public
Christian Dechartres

 

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ».

 

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La lecture : intéressante pour lutter contre Alzheimer

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

 

Au cours des jours qui suivent la lecture d’un roman, le cerveau subit des changements au niveau des connexions neuronales et voit augmenter l’activité de certaines de ses aires.

 

Une amélioration après la lecture

Dans les moments qui suivent les séances de lecture, le nombre de connexions neuronales dans la région du cortex temporal gauche augmente. (Aire associée à la réceptivité de la langue). Les chercheurs constatent également une connectivité accrue au niveau de la région du cerveau associée à des représentations sensorielles venant du corps. Ce qu’il faut retenir également, c’est que ces augmentations ne sont pas que ponctuelles.

 

Un effet préventif

Lire est bon pour notre cerveau, il faut le répéter. Pour les gens qui auraient des prédispositions à la maladie – et pas seulement eux d’ailleurs -, la lecture régulière développe ces connectivités qui nous prémunissent contre le développement de la maladie d’Alzheimer.

 

Un effet curatif

La lecture à haute voix pour les personnes déjà atteinte de la maladie déclenche des processus qui nous échappent. Mais elle modifie certains comportements du malade ; il est plus réactif après l’exercice. Preuve que l’action de lire améliore les connexions neuronales.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

  • Unissons toutes nos forces pour combattre la maladie
  • Encourageons tous nos proches à s’adonner à la lecture.
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De la lisibilité d’un texte : orthotypographie, ponctuation...

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

L’orthotypographie consiste en une disposition harmonieuse du texte qui vise à une meilleure lisibilité. À cet effet, il doit s’établir un rapport équilibré entre le fond et la forme.

 

Nous apprenons très tôt qu’une phrase commence par une majuscule et se termine par un point. Le terme majusculenous vient du latin majusculus, « un peu plus grand ». Visuellement, notre œil perçoit le début et la fin d’une phrase grâce à ces caractères qui nous sont familiers.

 

Vient ensuite la ponctuation.

Telle que nous la connaissons, elle apparaît au XVIe siècle dans le but d’aider à la lecture orale. Au XVIIIe siècle, Nicolas Beauzée définit la ponctuation comme « l’art d’indiquer par des signes reçus la proportion des pauses qu’on doit faire en parlant ». Tout est dit ; nous avons besoin de respirations en lisant.

 

Les signes de ponctuation s’accompagnent d’espaces.

Les espaces sont fines ou fortes, sécables ou non sécables. À noter que dans cette acception, espace est du genre féminin. Avant le point-virgule, il faut une espace fine insécable. Après le point-virgule, une espace forte sécable. Avant la virgule, pas d’espace ; après, une espace forte sécable. Vous voyez la différence de « respiration » entre la virgule et le point-virgule. Une espace forte correspond à l’intervalle entre deux mots.

 

La ponctuation sert à la compréhension du texte et à la fluidité de la lecture.

 

Notre œil repère également les accords.

L’adjectif apposé, au féminin pluriel, nous donne une indication sur le nom qu’il qualifie ; nous le repérons plus aisément grâce à cet accord.

Le participe passé - placé avant le verbe avoir - nous donne aussi une information pour la compréhension de la phrase. La vision globale de tous ces éléments du texte contribue à la compréhension des écrits que nous lisons.

 

Conclusion

Les rédacteurs qui ne respectent pas les règles perturbent le lecteur et alourdissent son travail de lecture.

 

Attention aux « simplifications » qui n’en seraient pas car elles mettraient en difficulté les scripteurs et les lecteurs les plus consciencieux.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Avant donc que d’écrire, apprenez à penser ». Nicolas Boileau.

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Comment amplifier le goût de lire ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Quand un quart de nos jeunes de 16 à 25 ans butent sur un texte et ne comprennent pas ce qu’ils ont lu, il y a urgence à se mobiliser.

 

La lecture, c’est l’ouverture sur le monde

 

Les tests le prouvent, un enfant qui lit voit le monde s’ouvrir devant lui. Son imagination n’a plus de limites ; il voyage, il vagabonde.

Tout gamin, j’habitais la campagne. Pas de bibliothèque à 20 kilomètres à la ronde.

Une chance pour moi, de vieux livres poussiéreux dormaient dans le grand grenier. Je les ouvrais, j’essayais de comprendre le thème du livre. Ainsi, je me suis évadé dans le grand Nord avec des aventuriers émouvants pour mes 9 ans de l’époque. Avec Henry de Monfreid, Je suis « parti » à travers les océans.

La postière de mon village avait toujours des livres empilés dans son capharnaüm de bureau. Elle m’invitait à venir fouiller ; j’ai découvert les aventures de Blek le Roc, un personnage de bande dessinée. C’était un trappeur américain qui participait à la guerre d’indépendance américaine contre les troupes anglaises. Il était accompagné dans ses aventures par le jeune Roddy. Je m’étais attaché à eux au fil des lectures. Je vibrais pour eux.

À 10 ans à peine, j’avais déjà « visité » le Nord, traversé les océans, parcouru l’Amérique avec mes héros.

Le fils de l’instituteur me prêtait les Tintin. Un grand intérêt pour le journalisme m’est venu.

 

A chaque lecture, le cerveau s’enrichit

 

À chaque genre de lecture, j’apprenais un vocabulaire nouveau.

J’avais envie de partir encore et encore vers de nouvelles destinations. J’ai traversé la forêt amazonienne. Le soir, en terminant un chapitre, j’avais l’impression d’être entouré de toute cette faune hostile pour l’homme, tellement j’étais transporté par le récit.

Quelle chance j’avais aussi de pouvoir lire la presse quotidienne et l’Express de J.J.S.S. et Françoise Giroud. Ainsi, je comprenais le monde en pleine mutation après la Seconde Guerre mondiale.

 

Les bienfaits de la lecture sont reconnus

 

L’envie de lire ne m’a plus quitté. Chaque ouvrage m’apporte un éclairage sur un nouveau sujet, un nouveau vocabulaire, de nouveaux points de vue. Mon imaginaire se développe avec chaque livre. Mes capacités à dialoguer se sont accrues au fil des pages lues.

 

Pour écrire, la lecture m’aide énormément. On ne peut pas écrire sans lire.

 

Agir pour nos enfants, une urgence

 

Nos enfants français lisent de plus en plus mal. Ils ne comprennent pas le texte lu pour un quart d’entre eux. Comment ces jeunes peuvent-ils réussir leur parcours professionnel ? Et comment peuvent-ils gérer leurs affaires personnelles ?

 

Je ne sais pas lire l’avenir, mais je sais combien le bon lecteur aura de meilleurs lendemains dans notre société. Je sais lire la détresse de ceux qui ont abandonné la lecture, le monde devient flou et incertain pour eux ; je sais lire leur désarroi sur leur visage. Je sais lire le chagrin de ceux qui n’ont plus accès à la lecture.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr - https://twitter.com/dechartres1 - 0 611 487 763

 

Pour donner le goût de la lecture
Pour aider nos jeunes

Pour faciliter et encourager la lecture

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