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« La famille Martin » de David Foenkinos

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Jamais je n’ai eu autant l’impression de vivre une situation connue que dans ce roman. Aborder une personne pour raconter sa vie et sentir son histoire se compliquer plus que prévu, c’est exactement ce que je ressens - à des degrés divers - lorsque j’écris pour d’autres et que je plonge dans leur vie.

 

Extraits :

 

Raison - passion : « Elle ne voulait pas manquer de considération à l’égard de son mari, mais préférait dire la vérité : à l’époque, elle avait davantage écouté le souffle de la raison que celui de la passion. » Combien de lecteurs se reconnaîtront dans ce passage !

 

« … je vois bien qu’écrire est souvent un moyen de régler ses comptes. » Que oui.

 

De l’utilité des romans : « Je suis souvent surpris de constater à quel point les lecteurs se retrouvent dans les romans, y compris ceux dont les intrigues sont les plus dérangeantes. »

 

« En se persuadant que des choses extraordinaires peuvent advenir, il arrive qu’elles se réalisent. »

 

Du travail de l’écrivain public : « J’anticipais peut-être un moment qui adviendrait, celui où mes personnages n’allaient pas supporter ce que j’allais écrire d’eux. »

 

Du renoncement : « Tout est compliqué dans les relations humaines, si bien qu’on en arrive parfois à renoncer à son désir pour éviter d’éventuelles scènes de justification. »

 

De l’éducation : « Il y aurait sûrement beaucoup moins de crises pubertaires si l’on plongeait les humains dès leur plus jeune âge dans une réalité moins narcissique. »

 

De l’écoute : « Écouter les autres requiert une attention de tous les instants, et fatigue bien plus que de parler. » Vrai !

 

De la vieillesse : « C’est la mort de l’imprévu qui marque le véritable tournant d’une vie, l’entrée dans la vieillesse. »

 

L’écrivain : « C’est le seul métier où l’on peut brasser de l’air pendant des heures en prétextant être au cœur d’une entreprise colossale (chacun ses alibis). »

 

De l’utilité de l’écrivain : « Il faudrait plonger un écrivain dans tous les groupes qui ronronnent. À vrai dire, il me semblait plus juste de penser les choses un peu différemment. Oui, j’en étais persuadé maintenant : toute personne que l’on met dans un livre devient romanesque. »

 

L’immédiateté : « C’est finalement le paradoxe de notre époque : comme nous nous sommes habitués à avoir tout immédiatement (il n’existe plus le moindre délai entre l’envie et la concrétisation de cette envie), la grande entreprise moderne consiste à créer la frustration. »

 

« … je profitais bien plus de la vie si j’avais un roman en gestation. » Pour tous les écrivains ? Pas sûr.

 

J’ai pris un réel plaisir à me laisser embarquer dans cette histoire qui m’en a rappelé bien d’autres dans l’exercice du métier d’écrivain public. Nombre de lecteurs passeront un bon moment à la lecture de « La famille Martin ».

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - http://cd-lmdp.fr

 

En cours d’écriture, il ne faut pas se laisser distraire par d’autres histoires…

 

 

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« Vingt-quatre heures de la vie d’une femme » de Stefan Zweig

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

L’auteur - profondément marqué par la montée du nazisme dans sa vie - évoque dans ce court roman le récit d’une passion foudroyante. Moment rare où bascule le destin d’un être.

 

Extraits :

 

De l’impossibilité d’exprimer : « Puis il se passa quelque chose de si effrayant qu’il n’est pas possible de le raconter, parce que la nature violemment tendue, dans les moments de crise exceptionnelle, donne souvent à l’attitude de l’homme une expression tellement tragique que ni l’image, ni la parole ne peuvent la reproduire avec cette puissance de la foudre qui est en elle. »

 

Comment se défaire d’un souvenir : « Mais il ne se passe pas une journée, à peine une heure, sans que je pense à cet événement ; et vous pouvez en croire la vieille femme que je suis si je vous dis qu’il est intolérable de rester le regard fixé sa vie durant sur un seul point de son existence, sur un seul jour. »

 

Une puissance plus forte que la raison : « C’est simplement une puissance magique qui les entraîne, une volonté qui les pousse à se jeter à l’eau avant qu’ils aient le temps de réfléchir à la témérité insensée de leur entreprise ; et c’est exactement ainsi, sans aucune pensée, sans réflexion et tout inconsciemment qu’alors j’ai suivi ce malheureux de la salle de jeu à la sortie, et de la sortie jusqu’à la terrasse qui précède le Casino. »

 

De la valeur des choses : « le futur diplomate reçut de son père une somme d’argent égale à la mensualité qu’on lui faisait ; deux jours plus tôt cette somme lui aurait semblé énorme, mais maintenant, après la facilité de ce gain, elle lui parut insignifiante et mesquine. »

 

Vieillir a du bon : « vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé. »

 

Parler, raconter, un soulagement : « Ç’a été un bonheur pour moi d’avoir pu vous raconter cela. Je suis maintenant soulagée et presque joyeuse… Je vous en remercie. »

 

Ce court roman recèle un concentré d’émotions. Stefan Zweig révèle au fil des pages ses qualités de conteur. Il passionne le lecteur.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - https://www.cd-lmdp.fr

 

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COVID acronyme

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

 

 

 

 Voici un acronyme « COVID » qui résonne comme une prière d’enfant face à l’état de la planète :

 

Comme

On

Voudrait

Intervenir

Durablement !

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - http://cd-lmdp.fr 

 

Pour avancer ensemble.

 

 

Comme OVoudrait Intervenir Durablement !

Publié dans COVID, acronyme, enfants, planète, avenir

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Les voleurs de beauté de Pascal Bruckner

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Si la beauté était un crime, il faudrait punir les êtres superbes de nous infliger le spectacle de leur perfection. 

 

Extraits :

  • Je désire être vieille pour ne plus avoir à faire des choix.                                                                   
  • J’attends le désastre avec une telle ponctualité que lorsque le bonheur arrive, je ne le remarque même pas.

 

  • Hélène, qui ne connaissait pas le sens du mot "besoin " – elle n’avait que des envies – avait du mal à concevoir le monde d’où je venais, un monde où il fallait travailler pour survivre, calculer sou à sou et qui était le monde commun à une majorité de mes compatriotes.

 

  • Mamie, on est à la fin du XXe siècle, les Allemands sont nos alliés. Il n’y a plus de guerre, réveille-toi !Égarée dans son labyrinthe, la vieille femme ne reconnaissait plus personne, confondait les noms et les époques, dialoguait au téléphone avec des amis décédés. Entre deux propositions, elle laissait retomber sa tête, inerte, comme assommé par ce qu’elle énonçait.

 

  • Un détail m’étonna dans son visage : la peau de ses paupières, abondante, s’accumulait au bord des cils, tel un store enroulé en haut d’une fenêtre. On se demandait si elle les descendait le soir pour dormir.

 

  • Tels ces espions capables de reconstituer un texte tapé rien qu’au bruit de la machine à écrire, il pouvait dresser le décor de toute une existence à partir de quelques indices.

 

  • Je demeurai inflexible : je ne permettrai pas que cette maison dégénère en république d’Onan.

 

  • J’ai saisi alors que la chair est limitée au contraire de la pensée. S’attacher à la première, c’est pactiser avec la routine, cultiver la seconde, c’est lui résister, transcender l’existence insignifiante.

 

  • La force d’un récit ne réside pas dans sa conformité aux faits mais dans les ruptures qu’il provoque, le dynamisme qu’il transmet.

 

Le texte de ce livre surprend, angoisse. Pascal Bruckner renoue - dans ce roman - avec l'écriture de la cruauté qu'il affectionnait dans Lunes de fiel.

Christian Dechartres - écrivain public - http://www.cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr

"De tout temps, la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte." Claude Debussy

 

 

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Écrire ensemble, éditer, une passion

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

En cette fin d’année 2020, j’ai le plaisir d’éditer un livre pour enfants de Joëlle Soyer.

 

Après un roman autobiographique, c’est un virage « naturel ». Elle a vécu une enfance chaotique dans les foyers et les familles d’accueil (narrée dans Le Fruit de l’indifférence). Il allait de soi - pour elle - de s’adresser aux enfants avec l’histoire charmante de Yomeji le hérisson.

C’est ludique, pédagogique, illustré par Nicolas Boisbouvier.

Une belle idée en cette période un peu sombre.

À mettre sous le sapin sans hésitation.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

http://cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King

Écrire ensemble, éditer, une passion
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Laurent Gounelle : L’homme qui voulait être heureux

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

  • Un monde de possibilités nouvelles s'ouvre à nous. Si on se libérait de ce qui nous empêche d'être heureux. 

  • Voici quelques passages d'un livre qui donne à réfléchir sur la gestion de notre quotidien.

  • Quand on croit quelque chose sur soi, que ce soit en positif ou en négatif, on se comporte d’une manière qui reflète cette chose. On le démontre aux autres en permanence, et même si c’était à l’origine une création de l’esprit, cela devient la réalité pour les autres, puis pour soi.
  • Les êtres humains sont très attachés à tout ce qu’ils croient. Ils ne cherchent pas la vérité, ils veulent seulement une certaine forme d’équilibre, et ils arrivent à se bâtir un monde à peu près cohérent sur la base de leurs croyances. Cela les rassure, et ils s’y accrochent inconsciemment.
  • Ce que l’on croit de la réalité, du monde environnant, agit comme un filtre, comme une paire de lunettes sélective qui nous amène à surtout voir les détails allant dans le sens de ce que nous croyons… Si bien que cela renforce nos croyances. La boucle est bouclée.
  • Ce n’est pas en écoutant quelqu’un parler que l’on évolue. C’est en agissant et en vivant des expériences.
  • Apport psychologique du placebo : les patients croient qu’il s’agit d’un médicament et donc croient que cela va les guérir. On a administré à des malades un placebo présenté comme de la chimiothérapie et 33 % d’entre eux avaient intégralement perdu leurs cheveux.
  • Jésus : « Lisez vous-même », dit-il en me tendant la bible ouverte. Vous remarquerez qu’il ne dit pas : « Moi, Jésus tout-puissant, j’ai le pouvoir de vous guérir. » Non, il leur demande s’ils croient qu’il a ce pouvoir, puis il leur dit qu’ils obtiendront ce en quoi ils croient. C’est très différent.
  • Ce n’est pas le message qui peut vexer, mais la façon de le transmettre, de le formuler. Si on y met la forme, par exemple en remerciant l’autre pour son intention positive, on ne le vexe pas.
  • À propos de la vérité : – je n’ai pas fait ce qui était demandé. Je n’avais pas envie. – Cela fait quel effet de dire la vérité, tout simplement ? – je reconnais que c’est agréable, c’est une douce sensation.
  • Je suis convaincu que vous avez autant de chance que tout le monde, mais peut-être ne prêtez-vous pas attention aux opportunités qui s’offrent à vous.
  • Si vous ne savez pas répondre à la question « Comment puis-je concrètement réaliser ce projet ? », alors vous risquez de penser « Je ne suis pas capable de le réaliser », ce qui est une croyance limitante.   > > Il vous sera nécessaire de descendre davantage dans les détails, car, tant que vous gardez une image très globale de votre projet, vous le percevez comme une chose abstraite, donc irréalisable.
  • La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit.
  • Je voudrais que vous vous projetiez en pensée dans quelques mois, en imaginant que vous avez fini par acquérir toutes les compétences qui vous manquent à l’heure actuelle.
  • Quand on apprend à aller vers les autres pour leur demander ce dont on a besoin, c’est tout un univers qui s’offre à nous. La vie, c’est s’ouvrir aux autres, pas se refermer sur soi. Tout ce qui permet de se connecter aux autres est positif.
  • Si on aime les gens seulement quand ils se comportent selon nos idéaux, ce n’est pas de l’amour… C’est pour cela que vous n’avez rien à craindre de la part de ceux qui vous aiment. Même au sein d’une famille aimante, chacun doit vivre sa vie.
  • Ils désirent un appartement un peu plus grand ; ça leur suffira ! C’est là qu’ils se trompent : quel que soit le niveau matériel auquel on aspire, on désire plus dès qu’on l’atteint. C’est vraiment une course sans fin.
  • Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-mêmes et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres.
  • Vous disiez aussi qu’une vie est réussie quand on réalise des choses en harmonie avec qui l’on est. Vous découvrirez… Vous vous autorisez à choisir des actions qui sont en harmonie avec vous, qui respectent vos valeurs et expriment vos compétences, que vous devenez très précieux pour les autres. Les portes s’ouvrent alors d’elles-mêmes. Tout devient plus facile et l’on a plus besoin de lutter pour avancer.
  • Je m’étais mis à écouter les gens pour m’amuser à deviner leurs croyances, mais plus je les découvrais, plus j’étais triste de constater que les êtres humains n’étaient pas libres. Cette absence de liberté n’avait pas pour origine un terrible dictateur, mais seulement ce que chacun croyait sur lui, les autres et le monde.

Relire chaque jour des réflexions développées dans cet ouvrage peut nous aider à avancer.

Qu'est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Comment la réussir ? Pourquoi en suis-je toujours là ? Et si j'avançais différemment...

Christian Dechartres - écrivain public - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/ - http://www.cd-lmdp.fr 

On est, on devient ce que l'on croit être.

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