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Portrait d’un homme sans éducation / observations critiques

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Vous trouverez ci-dessous un extrait d’un petit livre écrit en 1850.

Ce que je trouve intéressant, c’est l’évolution de la formulation dans la correspondance. Les scripteurs usaient de formules avec déférence. Formules qui nous apparaissent maintenant par trop flatteuses.

Mais n’oublions pas que bien écrire est signe de respect ; l’époque importe peu.

 

Je vous laisse découvrir les conseils de bonne manière formulés en 1850 :

 

« Écrivez-vous à un égal, comme un collègue, un confrère, un camarade de régiment avec le­quel toutefois vous ne soyez pas familier, vousmettrez: monsieur et cher collègue, ou monsieur et honorable collègue, monsieur et cher cama­rade. Vous supprimez monsieur, s'il intimité entre vous.

Aujourd'hui c'est à votre parrain que vous écrivez, ce doit donc être dans une forme tout à la fois respectueuse et affectueuse ; vous direz donc monsieur et cher parrain.

Vous commencez ensuite le corps de la lettre deux lignes au-dessous du mot monsieur, et d'autant plus bas que l'on veut marquer plus de considération. Si vous vous adressiez au contraire à un inférieur, vous mettriez monsieur dans le corps de la lettre même, soit en tête de la ligne, soit dans le milieu de la phrase. Le ton de fami­liarité permet d'en user encore ainsi quand on écrit à un ami.

Un homme qui écrit à une femme, même d'un rang inférieur au sien, mais qui a reçu quelque éducation, doit toujours le faire dans une forme respectueuse. S'il agissait autrement, il donnerait de son caractère et de son éducation une opinion très-défavorable.

Votre style laisse peu à désirer; mais votre première phrase n'est pas convenable. Privé du plaisir de vous aller remercier, etc. Ce n'est pas àun homme de soixante ans, qu'un écolier de vingt peut parler du plaisir de l'aller voir: c'est ce que vous diriez à un camarade. Ensuite je m'aperçois que vous avez écrit plusieurs mots en abrégé, et entre autres le mot vous, ce même mot, précisément, que, pour faire plus d'honneur à ceux auxquels ils l'adressaient, nos écrivains les plus illustres mettaient jadis en capitales. Sans faire comme eux, vous devez sentir que le mot vous, en abrégé, est impoli; et, quant aux abréviations en général, elles sont proscrites du style épistolaire. Elles ne sont admises que dans la correspondance des marchands entre eux. Le mot vous doit être suivi de monsieur ou de ma­dame,à moins qu'il ne soit répété très-souvent.

Observez que lorsque vous parlez, dans une lettre, d'un tiers, vous pouvez écrire monsieurun tel, en abrégé, M.mais vous devez écrire le mot de monsieur ou madame en entier s'il s'ap­plique au père, à la mère, à la femme, à la sœur ou à un proche parent de celui auquel vous écrivez.

Vous avez, du reste, terminé votre lettre très convenablement : Recevez, Monsieur et cher parrain, l'assurance des sentiments de respect et de reconnaissance avec lesquels j'ai l'hon­neur d'être, etc.

Lorsqu'on s'adresse à son égal, une autre for­mule doit être employée, et c'est celle-ci: j’ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très-obéissant serviteur. Si on écrit à un ami, on lui renouvelle l'assurance de son amitié et l'on est son dévoué. À une femme, on offre ses hom­mages respectueux, ou on est avec respect, le plus profond respect, son très-humble serviteur.

Aujourd'hui les formules se terminant par votre très humble et très obéissant serviteur sont souvent remplacées vis-à-vis d'un égal par recevezou veuillez agréer, Monsieur, l'as­surance de ma considération distinguée; ou, si c'est un supérieur, de ma respectueuse consi­dération. Si c'est une femme, agréez, Madame, mes hommages les plus respectueuxou l'as­surance de mes sentiments les plus respectueux.

Cc style est adopté dans les correspondances administratives,

Au reste cette formule, je suis avec considé­ration, semble peu convenablesous la plume d'un jeune homme. Je ne la trouverais flatteuse qu'autant que celui qui s'en servirait pourrait être regardé comme un bon juge du mérite; la considérationd'un jeune étourdi me paraît de peu de valeur.

Je vous engage à ne pas faire vos compliments empressés; cette phrase n'a pas le sens commun. Recevez mes salutations est une formule leste, qui convient peu, si ce n'est vis-à-vis d'un infé­rieur.

Si vous écrivezà un subalterne, que ce soit encore avec politesse ou civilité ; elle est due sous plusieurs formes à tout le monde. Quelque grand personnage que l'on soit, l'on ne doit molester personne. On gagne tant d'ailleurs à se montrer honnête vis-à-vis dechacun, qu'il n'y a qu'un sot qui préfère paraître hautain et méprisant. »

 

On note, bien évidemment, le décalage notable avec les formulations en vigueur en 2018. Mais le voyage 160 ans en arrière nous rappelle certaines manières hélas oubliées.

 

Kant disait : « L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui ». 

 

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Pour écrire avec respect

 

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Pour la fête de la lecture : « Propos sur l’éducation » Alain

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

En cette journée de la fête de la lecture, je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager un passage du « Propos sur l’éducation d’Alain. Sur la méthode de lecture, il est remarquable.

Savoir lire, ce n'est pas seulement connaître les lettres et faire sonner les assemblages de lettres. C'est aller vite, c'est explorer d'un coup d’œil la phrase entière ; c'est reconnaître les mots à leur gréement, comme le matelot reconnaît les navires. C'est négliger ce qui va de soi, et sauter à la difficulté principale, comme font si bien ceux qui savent lire la musique.

Or, cette allure vive, qui n'est pas sans risques, mais où l'on trouve le plaisir de deviner, n'est pas celle de l'écolier qui a le nez sur son livre, et qui suit du doigt une syllabe après l’autre. A ce pénible travail d'épeler, l'attention s'endort. Il faudrait lire vite ; mais on tomberait dans le bredouillement. Il existe des méthodes ingénieuses qui ont pour fin de faire reconnaître les lettres ; mais la difficulté n’est point à reconnaître les lettres. Je ne crois pas qu'on ait cherché quelque méthode qui éveille l'esprit d'ensemble et qui délivre d’épeler.

 

Les mieux doués y viennent tout seuls ; il y faudrait amener les autres, qui souvent, je le parie, sont retardés par un scrupule, par une défiance à l'égard d'eux-mêmes ; ils lisent comme on bêche ; une motte de terre après l'autre, et tout l’esprit est au tranchant de la pelle. Or, je suis assuré que le courageux garçon qui arrache ainsi une syllabe après l'autre peut défricher toute la Bible sans faire aucun progrès. Le pas du métier est toujours lent ; il ne vaut rien ici.

Pas à pas on va loin ; mais quand on lit, !'important n'est pas d'arriver au bout de la ligne ; il faut y courir d'abord et revenir. La vertu qui travaille n’est pas la même que celle qui lit.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp

 

Allez nombreux dans les bibliothèques lire et faire lire.

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Quels héros pour nos jeunes en perte de repères

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Dix ans après la Première Guerre mondiale, il y a eu le nazisme, nous avons maintenant l’islamisme. Le nazisme s’est développé dans une Allemagne cultivée, c’est bien la preuve qu’une vigilance de tous les instants s’impose si nous ne voulons pas sombrer comme dans les années trente.

 

Le rôle de l’État

L’effondrement de l’État en Allemagne a favorisé la montée du nazisme. En France, nous pouvons affirmer que l’État est « debout », même si des esprits chagrins trouvent à redire sur la gouvernance.

 

Les conséquences du désespoir

Les gens qui se sentent faibles se désespèrent et trouvent un sauveur.

Ils s’accrochent à celui qui propose le rachat ou le salut selon les discours racoleurs. Ils se trouvent des héros, les admirent, ils se retrouvent ainsi une existence, une identité, une appartenance.

 

Mohamed Merah avait tout raté dans sa vie, l’école, l’armée, mais sa mort a entraîné des attaques antisémites. Nous avons ici la preuve que notre jeunesse peut s’accrocher à des « héros » pas toujours positifs.

 

Comment remédier à cette idéalisation des assassins

Il faut optimiser la prise en charge de la petite enfance. Les jeunes terroristes n’ont pas trouvé de substituts éducatifs, ils n’ont pas pris exemple sur des héros positifs. En mettant l’accent sur l’éducation dès le plus jeune âge, nous donnons des chances supplémentaires à tous les enfants. Par l’apprentissage de la lecture, par la culture, nous offrons une chance supplémentaire aux adolescents de trouver des héros qui leur donneront la bonne impulsion.

 

Somme toute

Nous avons tous le devoir de contribuer au développement intellectuel de nos jeunes pour que chacun vive en harmonie avec ses semblables.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr - cd-lmdp.over-blog.fr/

 

« La jeunesse, comme la verdure, pare la terre ; mais l’éducation la couvre de moissons. » Antoine de Rivarol

 

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