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« Nous étions nés pour être heureux » de Lionel Duroy

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

L’auteur a beaucoup écrit sur sa famille. Ses romans lui ont valu la vindicte de sa fratrie.
 
Dans ce livre, il évoque la réunion de ses frères, sœurs, ex-femmes après des décennies de brouille.

 

Extraits :

 

Aimer sans se voir : « Oui, et alors ? Avait-il songé, ne plus vous voir ne m’empêche pas de vous aimer, et c’est reposant de ne plus avoir à penser à chacun d’entre vous. C’est reposant. »

 

Le prix de l’écriture : « Si maintenant le prix à payer pour continuer d’écrire était de perdre ses enfants, le paierait-il ? » … « C’est son travail d’écrire, ce n’est pas une chose qui se discute. »

 

Les lieux ont une histoire : « Pour David, Saint-Malo est le paradis perdu, mais pour moi c’est juste un nom associé à la colère de maman contre papa. »

 

L’amitié nous bâillonne ? : « Je me souviens d’une phrase de Maurice Pialat : « L’amitié, c’est d’abord être lâche ; il faut fermer sa gueule sans cesse. » »

 

L’écrire laisse des traces : « – Parce que pour toi, l’insupportable, c’est de l’avoir écrit, pas de l’avoir pensé, c’est ça ? – je ne me souviens pas te l’avoir dit, mais même en admettant que ce soit vrai, si tu ne l’avais pas écrit, ça serait oublié depuis longtemps, ça n’existerait pas. – C’est justement ce que je ne veux pas, faire comme si rien n’avait jamais existé. »

 

Écrire la vérité, une volonté de blesser ? : « Alors Paul a le loisir de retenir un instant Anne-Cécile, déjà assise à son volant, pour tenter de la convaincre qu’il ne cherche pas à faire le mal en écrivant – J’en suis convaincue, dit-elle en souriant, parce que je ne te crois pas mauvais, Paul, mais je n’en dirais pas autant de celui qui guide ta main. »

 

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.fr http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

La plus belle victoire de l’écrivain est de faire penser les autres.

 

Mais dire la vérité n’est pas sans conséquences.

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« La nuit se lève » d’Élisabeth Quin

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Élisabeth Quin découvre qu’elle risque de perdre la vue. Commence le combat contre l’angoisse et la maladie.

Comme tous ceux qui souffrent d’un glaucome, j’ai été particulièrement sensible au désarroi de la journaliste du 28 minutes sur Arte.

 

Extraits :

 

On donnerait tout pour conserver la vue : « Je donnerais la moitié de mon sang,… mon odorat, un orteil, un rein, mes cheveux, cinq ans de ma vie,… un téton, pour conserver ma vue. »

 

Pathologie sournoise : « Le glaucome est la deuxième cause de cécité dans les pays développés, après la dégénérescence maculaire liée à l’âge. »

 

« Chez un bouquiniste normand, je découvre L’Art de voir, un essai publié en 1942 par Aldous Huxley. »

 

Maladie de l’œil : « Simone était devenue complètement aveugle. Maladie de Horton. Infarctus de l’artère temporale. Altération du débit sanguin vers le nerf optique. Cécité irréversible. Les symptômes ? Fièvre, névralgies faciales, mal aux mâchoires, douleurs temporales, hypersensibilité du cuir chevelu au brossage, d’où le surnom désuet de « mal du peigne ».

 

« Le langage est voyant. Tu vois ce que je veux dire ? Regardons le problème en face. C’est tout vu. Quel m’as-tu-vu. Faut voir. Avoir un droit de regard. Jette un œil. Y aller à l’aveugle. Au regard des résultats. Au revoir ? Etc.

La langue française, les yeux fermés. »

 

Dans son ouvrage, Élisabeth Quin passe du drôle au tragique. Comment peut-on - et doit-on - envisager l’avenir quand on sait que la lumière peut s’éteindre sans possibilité de la rallumer ?

Après la lecture de La nuit se lève, vous y verrez plus clair dans l’univers des glaucomeux sévères.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.fr http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Je crois deviner qu’Élisabeth Quin souhaite - plus que tout - garder une vue imprenable sur la vie. Souhait que nous partageons tous.

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Discours de Trump le 19 janvier 2021

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

 

Le futur ex-président des États-Unis n’assistera pas à la cérémonie d’investiture de Joe Biden le 20 janvier prochain.

Je propose à Donald Trump ce discours à déclamer la veille :

 

 

 

« Demain, dès l’aube[1], à l’heure où finit la campagne,

 

Je partirai. Vois-tu, plus personne ne m’attend.

 

J’irai avec ma Melania par la montagne.

 

Je ne puis demeurer près de vous plus longtemps.

 

 

Je marcherai le regard vide dans mes pensées,

 

Sans rien voir du dehors, sans percevoir le bruit,

 

Seul, maintenant, le dos courbé, les mains croisées,

 

Triste, et la suite pour moi sera comme la nuit.

 

 

Je ne verrai plus les ors du pouvoir qui tombe,

 

Ni les partisans fanatiques toujours en pleur.

 

Des Républicains, je verrai une grande tombe.

 

À twitter, j’enverrai quelques épines en fleur. »

 

©Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr - http://cd-lmdp.fr

 

Espérons un apaisement rapide. Que Donald Trump cesse d’exciter les foules. Les acquis sociaux ont été mis à mal, le président sortant a divisé les Américains, il s’est montré brutal à l’encontre de ceux qui ne partagent pas ses idées.

Souhaitons une pleine réussite à Joe Biden dans l’œuvre de rassemblement que les plus raisonnables appellent de leurs vœux.

 

[1] Poème publié par Victor Hugo - en 1856 - dans le recueil Les Contemplations.

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« Des hommes » de Laurent Mauvignier - 2009

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Ils furent appelés en Algérie pour mettre un terme aux « événements » - c’est ainsi que l’on nommait cette guerre. Beaucoup reviendront traumatisés par les actes qu’ils furent contraints de commettre.

 

Extraits :

 

Revenir à la vie civile : « Lui qu’on avait connu si grande gueule et hautain, c’était comme si un ressort avait été cassé à force d’avoir été trop tendu, trop remonté.. »

 

Après avoir vécu ça : « Le lieutenant arrache un bébé des bras d’une femme - au départ elle résiste, elle retient l’enfant, ses bras, ses mains accrochées au corps de l’enfant et le lieutenant qu’un soldat vient aider, repoussant la femme à coups de crosses dans le bras, dans les épaules, pour qu’elle lâche, qu’elle cède, et enfin elle cède et s’écroule et le lieutenant prend le bébé, il le soulève, le brandit par le cou, d’une seule main, les vieux et les femmes se redressent mais les soldats pointent les canons et le lieutenant lève les bras plus haut encore et on voit le bébé et les bras minuscules, les jambes minuscules qui s’agitent. »

 

Pourquoi ces méthodes ? : « Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c’est possible de crier que la terreur mènera vers plus de bien. »

 

Ancré dans la mémoire : « Et alors on verra des images et on sentira des odeurs et on aura des pensées qui s’imprimeront dans la mémoire aussi profondément que les lames des fells dans la chair des malheureux. »

 

L’horreur : « … des hommes ont fait ça, sans pitié, sans rien d’humain, des hommes ont tué à coups de hache, ils ont mutilé le père, les bras, ils ont arraché les bras, et ils ont ouvert le ventre de la mère et… »

 

Des hommes ? : « On était dans un entonnoir et ça allait tellement vite, c’est là qu’on a arrêté de parler des fells, là qu’on a dit bougnoules ou moricauds, tout le temps, parce que cette fois, pour nous autres, on avait décidé que c’était pas des hommes. »

 

De l’atrocité : « Nicole, tu sais, on pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même. »

 

Du départ de l’oppresseur : « Quand les Allemands ont quitté la France, ce bonheur, la liesse, le grand bonheur dont est capable la foule quand elle déborde d’elle-même, je me souviens de ça, l’émotion si folle, si belle, des Algériens. »

 

Tout laisser : « … en France on les verrait venir, les colons, ceux qui se dépêchaient de revendre une misère, avant de partir, des commerces qu’ils abandonnaient la rage au ventre, la mort dans l’âme, toute leur vie et les corps des ancêtres moisissant dans des cimetières qu’on ne verrait jamais plus et que les herbes vont ravager. »

 

Faire produire l’inimaginable : « On se souvient des harkis qu’on nous a obligés à faire descendre des camions qui partaient, et aussi les coups de crosse pour qu’ils ne montent pas dans les camions, leurs cris, la stupeur, l’incrédulité sur les visages, ils n’y croyaient pas, on n’y croyait pas non plus et pourtant on le faisait. »

 

« Je n’ai pas laissé autre chose que ma jeunesse là-bas. »

 

Espoir ? : « Ne plus entendre le bruit des canons ni les cris, ne plus savoir l’odeur d’un corps calciné ni l’odeur de la mort - je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard. »

 

Laurent Mauvignier nous plonge dans l’univers de ces appelés envoyés dans ce déluge d’atrocités. Le retour de ces jeunes hommes s’est fait sans préparation. Ils vivront des cauchemars jusqu’à la fin de leurs jours. D’aucuns ne supporteront pas et mettront fin à leurs jours.

Livre poignant et instructif.

 

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr/ - https://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La vérité ruine souvent nos illusions, mais nous ouvre toujours les yeux pour qui veut voir. » F. Ntasamara

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