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Les Français solidaires ? Pas si sûr.

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Nos restaurants, avec leurs cuisiniers français, ont baissé le rideau pour une durée indéterminée à ce jour. Faillites à l’horizon. Pendant ce temps, le roi de la malbouffe sert dans ses drives des clients toujours aussi fidèles ! Des Français font la queue pour du coca, des burgers, des frites assorties de sauces, de sucre, et d’additifs suspects !

 

Nos libraires – déjà à la peine dans un secteur en difficulté – ne pouvaient plus vendre leurs livres. Pendant ce temps, l’homme le plus riche de la planète – par son entreprise Amazon – réalisait des bénéfices comme jamais.

 

Les Américains ont réussi le tour de force de laver le cerveau d’un grand nombre de Français qui ne comprennent même plus qu’ils engraissent les milliardaires d’Outre-Atlantique.

 

C’est le moment ou jamais de faire bloc, de privilégier nos entreprises françaises pendant cette crise sanitaire. Et d’aucuns n’hésitent pas à donner leur argent aux plus fortunés de cette planète.

Si une part des Français n’a pas un comportement « patriotique » - au sens noble du terme -, pendant la pandémie, qu’en sera-t-il après ?

 

Le lavage du cerveau est une forme de manipulation mentale. Il regroupe des procédés qui agissent pour reconditionner le libre arbitre. Nombre de consommateurs cèdent aux sirènes de la société consuméristes en toute inconscience. Les plus vulnérables, les moins cultivés en sont les premières victimes.

  • Que les plus avertis travaillent à informer en priorité les jeunes. Les habitudes prises dans l’enfance ont la vie dure.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. » O’Rourke

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« Les jours d’après » de Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, un titre ambivalent et prémonitoire

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

À l’heure où nous évoquons quotidiennement les jours d’après, ce livre nous plonge dans la vie des femmes et hommes politiques après leur passage au sommet de l’État.

 

4e de couverture : « Toute vie consacrée à l’action publique se trouve bouleversée par un moment douloureux : celui où tout s’arrête. […] Le défaut des hommes et des femmes politiques, y compris chez les grands fauves, est peut-être de ne pas savoir, et souvent de ne pas vouloir se préparer à ce jour où le pouvoir les quittera. Mais, au fond, n’en est-il pas ainsi de toute histoire d’amour ? »

 

Quelques extraits :

 

Espérance

Charles de Gaulle veut se souvenir des paroles de Georges Bernanos : La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté.

 

Rencontre improbable

Chirac, en 68, était allé retrouver Henri Krasucki (CGT) dans une petite chambre de Pigalle secrètement armé d’un revolver et accompagné à distance par deux officier de sécurité.

 

Pompidou de Chaban-Delmas

« Il m’embête avec sa nouvelle société, j’ai déjà suffisamment de mal avec l’ancienne. »

 

Giscard après son face-à-face avec Mitterrand en 1974 :

« J’ai pu mesurer son incontestable talent, et j’ai vu qu’il avait l’envergure et les moyens d’être président de la République […]. Je n’ai pas réussi à marquer de point décisif. »

 

Mitterrand – d’Ormesson

Cette dernière séquence présidentielle commence par un étrange rendez-vous. Mitterrand a convié Jean d’Ormesson pour un petit-déjeuner personnel, politique et littéraire. C’est l’écrivain qui est là, beaucoup plus que l’éditorialiste du Figaro, peu suspect de complaisance avec celui qui le reçoit deux heures avant d’accueillir son successeur.

 

Chirac vs VGE

En 1981, Chirac a joué volontairement les apprentis sorciers. Nombre d’électeurs chiraquiens ont voté Mitterrand au second tour, encouragés par une violente campagne du RPR contre le Président sortant.

 

Chirac et les Juifs

Le grand rabbin Korsia relatait une confidence de Chirac : « Quand les catholiques arrivent, ils construisent une église. Les juifs, pour leur part, arrivent et construisent une école […]. En effet, à leurs yeux, la transmission est essentielle. »

 

Simone Veil

Siège de l’ONU, 29 janvier 2007, elle témoigne : « Plus encore que les coups, les chiens qui nous harcelaient, l’épuisement, le froid et le sommeil, ce sont les humiliations destinées à nous priver de toute dignité humaine qui, aujourd’hui encore, demeurent le pire dans nos mémoires. »

 

Ce livre nous entraîne avec ces « fauves » qui, un jour, voient leur vie basculer. Peut-on redevenir un homme ou une femme ordinaire après un passage au sommet du pouvoir ?

  • J’ai eu la chance de partager une après-midi de dédicaces aux côtés de Patrice Duhamel. Nous avons échangé sur le journalisme et l’histoire contemporaine – (il s’est rendu à l’Élysée quelques centaines de fois) ; je tiens à souligner que l’homme est d’une simplicité et d’une bienveillance que je n’ai pas toujours ressenties aux côtés d’autres auteurs.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. » Nelson Mandela

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« Distance » ou « distanciation » ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

« Garder ses distances », « prendre ses distances », tous les Français comprennent ces expressions.

En revanche, qui connaît le véritable sens de « Distanciation[1] » ? Moins de 5 % de la population.

 

Parlons juste

Vous dites aux Français « garder une distance de 2 mètres », ils comprennent. Si vous voulez mettre le doute, vous utilisez un mot que personne ne connaît.

Ce terme « distanciation » - jeté partout dans les échanges sur les mesures à prendre – n’a qu’un sens figuré qui nous vient du théâtre. Rien de concret.

 

Notre langue est si riche

Nous disposons de mots simples qui évoquent spontanément une situation, une réalité ; mais ce serait trop limpide de les utiliser ! Il faut épater la galerie, il faut se distinguer ! Et on s’embourbe dans des expressions que chacun comprend à sa façon ; on envoie des signaux confus.

  • Donnez des recommandations ambiguës, vous obtiendrez des résultats du même acabit.

 

Expérience édifiante

Quand des clients me remettent des textes à corriger, j’en incite certains à participer pour les faire progresser. Je leur dis « Simplifiez vos phrases, supprimer les mots inutiles à la compréhension, utilisez les mots simples qui évoquent spontanément une image ou une action. »

Juste avec cette recommandation, certains parviennent à rendre leurs textes plus compréhensibles en peu de temps.

 

  • Si seulement nos politiques et tous ceux qui relaient leurs propos pouvaient simplement utiliser les mots du dictionnaire pour communiquer, nous gagnerions en compréhension. Comment peut-on échanger, faire circuler de l’information si nous n’employons pas des mots de notoriété publique ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Écrivons ensemble votre histoire de vie.

 

« Ne faites jamais un bon mot qui puisse vous faire perdre un ami, à moins que le mot ne soit meilleur que l’ami. »

 

[1] Technique théâtrale, prônée par le dramaturge allemand Bertolt Brecht, où l’acteur s’efforce de jouer comme à distance de son personnage, afin que le spectateur donne priorité au message social ou politique que l’auteur a voulu délivrer.

 

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LE GRAND MERDIER de Louis Leprince-Ringuet

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

Notre vie quotidienne est nourrie de bagarres politiques, de petites phrases, de matraquages dramatiques. La mondialisation conditionne nos journées. Comment sortir du « grand merdier » où nous sommes ? Telles sont les questions que se posait Louis Leprince-Ringuet dans cet ouvrage écrit en 1978. Le lire aujourd’hui - en pleine crise - nous montre combien il avait raison. Nous ne pourrons nous en sortir que grâce au combat de chacun d’entre nous.

 

Louis Leprince-Ringuet avait été élu à l’Académie Française en 1966 ; il est l’auteur de nombreux ouvrages à caractère scientifique.

 

Voici quelques extraits significatifs du « Grand Merdier » :

 

Nourriture intellectuelle

Revenons aux livres […] Je les lis lentement, les annote, les garde à proximité, en reprends quelques passages, approuvant ou réprouvant, nourriture constamment présente. Ces livres sont comme de vrais amis ; ils ne peuvent être que peu nombreux comme sont les vrais amis. […] La télévision n’en viendra pas à bout, elle qui présente un spectacle captivant mais fugitif.

 

L’information

Mais, si certains d’entre nous ont la chance de vivre en contact avec la précision, la perfection, combien d’autres œuvrent dans l’à-peu-près. La cadence agitée de nos grandes villes, nombre de professions ou d’occupations liées à cette agitation, ne permettent pas l’approfondissement. Ainsi, le journaliste qui doit écrire son papier dans l’heure qui suit, sur un sujet souvent mal connu de lui, n’a pas la possibilité de travailler sérieusement[1], même s’il le désire.

 

Esclaves modernes

Pour vivre librement, il ne suffit pas de disposer de la possibilité d’être libre. Tout apprentissage est nécessaire, qui ne s’arrête pas au sortir de l’école. On le voit bien : que de gens parmi nous sont des esclaves ! Esclaves de leurs désirs, de leurs petites habitudes, voire de leurs manies, esclaves de leur égocentrisme, de leurs pulsions, de leurs routines, de leur arrivisme ; enfin, pour beaucoup, esclaves de l’argent. Que de vedettes, d’hommes politiques sont attachés au désir de paraître… Combien d’entre nous cherchent à gagner toujours plus d’argent !

 

Dépendance

Le formidable brassage qui s’opère, inéluctablement, dans notre monde, transforme les données de tous les problèmes ? Qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, militaires, ils se posent différemment de décennie en décennie. Croire que l’on peut continuer à vivre chez nous sur notre lancée, est une sinistre illusion. Hélas, beaucoup de nos compatriotes, probablement séduits par leur confortable routine, semblent s’imaginer que rien de grave ne viendra la perturber à court et moyen terme. Ils sont atteints d’une myopie inquiétante.

 

Vivre en autarcie

Nous aurions davantage de libertés si nous pouvions vivre en autarcie, c’est-à-dire toutes frontières fermées, toutes transactions contrôlées par l’État. Mais nous avons vu que cette situation est absolument exclue. Et pourtant, fermer progressivement les frontières, établir des barrières pour nous protéger des importations concurrentes sera toujours tentant pour un pouvoir soucieux de suivre les revendications des travailleurs. […] Les expériences de nos voisins sont encore récentes et nous en gardons le souvenir.[2]

 

  • Comment sortirons-nous du « grand merdier » dans lequel nous sommes tous plongés et où beaucoup, peut-être, se complaisent ? Louis Leprince-Ringuet, avec une clarté et une lucidité dont notre époque a quelque peu perdu l’habitude, nous interpellait en 1978 comme il pourrait le faire aujourd’hui sans changer son texte[3].

 

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quelle merveilleuse harmonie règne dans l’univers. Bien que pris dans le détail ça fasse un fameux merdier. »

René Barjavel

 

[1] Que dirait-il aujourd’hui des chaines d’info en continu, des réactions instantanées dénuées de fondement ?

[2] Il fait ici allusion aux expériences fascistes encore dans les mémoires.

[3] À quelques petits détails près.

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Fraudeurs, exilés fiscaux, l’hôpital est malade

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

J’espère que vous captez bien mon message ; je sais que sur un yacht, au large d’Hawaï, on n’a pas le meilleur réseau.

 

Savez-vous qu’en Métropole le COVID-19 fait des milliers de morts. Le personnel soignant, dans les hôpitaux en galère, se tue au travail. Oui, on compte des morts parmi les infirmières et les médecins. On disait notre hôpital malade ; c’est criant de vérité. Pas de masques, pas de blouses, pas assez de respirateurs…

Notre président répétait « nos hôpitaux nous coûtent trop cher. » Et il a raboté les moyens.

 

On dit du mal de vous

Des mauvaises langues disent que vous avez de bonnes relations avec le président de la République. D’aucuns affirment que la fraude fiscale représenterait plus de 100 milliards d’euros chaque année et qu’en plus vous auriez bénéficié de largesses d’Emmanuel Macron. Ce que les gens racontent quand même !

 

Un petit jeu

Je vous demande un petit effort d’imagination ; vous y êtes ?

  1. Vous vous représentez les contribuables français ces dernières années,
  2. Vous les voyez – tous - déclarer leurs revenus,
  3. Vous imaginez les impôts rentrer dans les caisses de l’État.
  4. Vous voyez 100 milliards de plus chaque année.
  5. Vous imaginez que la moitié a été consacrée à l’hôpital malade.
  6. Visualisez maintenant l’équipement et les conditions de travail des soignants.

 

Alors ?

Ça ne vous donne pas envie de déclarer vos revenus comme tous les Français de condition ordinaire ? Eux n’ont pas les moyens - que vous avez - de planquer du fric dans les paradis fiscaux.

 

Ah, vous allez faire un don ; un gros don, me dites-vous.

C’est vrai que c’est plus spectaculaire que de déclarer ses revenus légalement et de payer des impôts. « Bettarpi a donné 50 millions pour tel édifice, pour faire fabriquer des masques… » Ça claque ! Les Français remarquent son nom à la une du journal – peut-être propriété de Bettarpi d’ailleurs – et applaudissent. Enfin… pas tous ; il y a des compatriotes qui n’avalent pas toutes les couleuvres. Heureusement, ça encombrerait encore les hôpitaux.

 

  • Oui, on vous l’a dit, l’hôpital a besoin de fonds. Et le financement des hôpitaux se réalise grâce aux impôts. Pas besoin de répéter ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quiconque s’est déshonoré par la fraude n’est plus digne de la société des honnêtes gens. » Saadi

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« Miroir de nos peines » de Pierre Lemaitre – Albin Michel

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, saisit la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.

La 4e de couverture : avril 1940, Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire, où la France tout entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.

Après Au revoir là-haut et Couleurs de l’incendiePierre Lemaitre clôt sa formidable trilogie de l’entre-deux-guerres avec ce titre.

 

Dès l’incipit, le lecteur reconnaît le style de l’auteur :

Ceux qui pensaient que la guerre commencerait bientôt s’étaient lassés depuis longtemps, M. Jules le premier. Plus de six mois après la mobilisation générale, le patron de la Petite Bohème, découragé, avait cessé d’y croire. À longueur de service, Louise l’avait même entendu professer qu’en réalité « cette guerre, personne n’y avait jamais vraiment cru ».

 

Quelques extraits

 

Le commandement en 1940 !

Le vainqueur de Verdun et le disciple de Foch sont aujourd’hui aux commandes. La France respire : au calme olympien et à la force de caractère du premier sont désormais alliés la sûreté de jugement et le sens inné du commandement du second.

 

L’enfer de l’exode

Fernand n’acheva jamais sa course.

Il n’était pas à mi-chemin qu’un grondement sourd fit vibrer l’air au-dessus du camp, prenant du volume à une vitesse inquiétante, se démultipliant, tous les visages se dirigèrent vers le ciel.

 

Désiré se réinvente…

Comme on voit, Désiré était vraiment à son affaire. Son inventivité était sans cesse mise au défi, son imagination donnait sa pleine mesure. Lui qui n’avait jamais cru en Dieu raffolait de ce rôle salvateur. Une période de paix eût fait de lui un gourou très convenable. Un temps de guerre lui avait offert une soutane dans laquelle il avait vu sinon un signe, du moins une invitation.

 

L’énigme se dénoue

Louise et Raoul ont besoin d’intimité et puis nous connaissons l’histoire. Regardez seulement ceci, qui est émouvant. Raoul s’est assis à côté de Louise, ils n’ont pas prononcé le moindre mot, il a fouillé le fond de sa poche et exhumé un minuscule bout de papier, le seul morceau de la lettre qu’il ait conservé, sa signature : Louise.

 

  • Secret de famille, grands personnages, rebondissements, burlesque et tragique ponctuent le roman pour le plus grand plaisir du lecteur.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine

 

« Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des vivants. »

In Au revoir là-haut (2013)

 

 

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Août 1914 tragique ; mars 2020 pathétique

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

La vie a-t-elle tant d’importance ?

Août 1914, le commandement français envoie les soldats par vagues successives à l’assaut des tranchées ennemies. On les a vêtus de rouge ; comme cibles, on ne fait pas mieux ! La première vague tombe sous le feu ennemi, on en envoie une autre, et ainsi de suite.

Le 22 août 1914 sera le jour le plus meurtrier de toute l’histoire de l’armée françaiseDans cette seule journée, 27 000 soldats français meurent fauchés par la mitraille allemande. C’est autant que pendant toute la guerre d’Algérie. Oui, vous lisez bien.

Incompétence et insuffisance du renseignement expliquent en partie ce désastre.

 

La guerre déclarée par E. Macron

Janvier 2020, le Coronavirus arrive en France. Ennemi invisible. Les autorités affirment : « nous avons des masques, nos hôpitaux sont prêts. » Rassurant, non ?

La pandémie s’installe. Le chef de l’État déclare la guerre. Hélas, nos soldats sanitaires partent à l’assaut sans masques, sans blouses, sans respirateurs. Ils ne sont pas habillés de rouge comme nos malheureux poilus, mais leur sort est – quelque part – comparable.

L’armée n’est pas préparée ; plus que ça, abandonnée depuis des années. Les troupes de soignants coûtent trop cher. Alors on a réduit les unités, les stocks de masques, de blouses, de respirateurs.

L’État français – financier avant tout - a réalisé des économies.

 

Notre armée s’épuise

Mais voilà, le Coronavirus perce la défense. Équiper en masques les personnels soignants, une urgence. Pas de stocks ; les commandes passées à l’étranger ne suffisent pas.

Ne parlons pas de la population, elle attendra. Et si on disait que le masque est inutile ?

 

Les mensonges du commandement

Comme en 1914, le nord-est de la France souffre plus que le reste du territoire. Faute de protection, des soldats de l’armée des ombres meurent. Pénurie de matériel, de blouses, de masques… On fait dire chaque jour aux informations que le masque est inutile. Bah oui, regardez dans le monde ; voyez-vous des gens intelligents porter des masques en période de pandémie ? http://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/04/affaire-des-masques-demasquer-les-imposteurs.html

 

Août 1914 — mars avril 2020 : des fautes de l’état-major

Le 22 août 1914 restera l’épisode le plus noir de l’histoire militaire. Les images dramatiques du début de l’année 2020 marqueront la mémoire des Français pour moult raisons :

  • L’abandon de l’hôpital,
  • La défaillance publique dans la gestion des stocks de masques,
  • Les mensonges répétés – semaine après semaine – pour détourner l’attention de la population,
  • Le nombre de morts que l’on aurait pu limiter.

**********************************************

  • Les mensonges d’État sont légion au fil des gouvernements depuis des décennies. Nous connaissons là un pic. Comme pour les malades et les morts du COVID-19, nous attendons une inversion de la courbe.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine

 

« Le mensonge politique, aujourd’hui, et c’est une nouveauté, vise à tromper avant tout les opinions publiques. Le mensonge politique à l’ancienne visait à tromper d’autres gouvernements. » Jean-François Revel

 

http://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/04/port-du-masque-des-paroles-malheureuses.html

 

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Masques et médicaments : outre le fiasco, une dépendance croissante

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Défaillance de l’État

Dans le cadre des restrictions budgétaires, les dotations de l’hôpital se sont réduites comme peau de chagrin. Nous voyons le personnel hospitalier travailler dans des conditions de désuétude indignes d’un pays comme la France. Les masques, les blouses, le matériel de première nécessité manquent cruellement.

« Pourquoi stocker des masques alors qu’il suffit de passer un coup de fil de l’autre côté de la planète et la livraison arrive ? »

Nous ne pouvons que constater la défaillance publique.

 

Si l’Inde ou la Chine éternuent…

Ces vingt dernières années, la part des médicaments fabriqués en France n’a cessé de chuter. C’est à peine plus de 20 % des produits remboursés par la Sécurité sociale qui sont désormais fabriqués sur notre territoire.

Selon plusieurs sources concordantes, c’est seulement 2 à 3 % des médicaments anticancéreux qui sont produits dans l’Hexagone.

 

Triste réalité

Certains évoquent les fleurons français de l’industrie pharmaceutique. Derrière ces déclarations, se cache une réalité bien sombre. En termes d’activité et d’emploi, notre industrie pharmaceutique a rétrogradé encore plus vite que nos voisins européens.

 

Réaction impérative

Dans le contexte de la pandémie de Coronavirus, chacun comprendra que notre dépendance en matière de produits pharmaceutiques a de quoi inquiéter. Des médecins tirent la sonnette d’alarme. Pourrons-nous soigner encore longtemps sans craindre les ruptures de stocks ? Rien n’est moins sûr.

 

Une impuissance du gouvernement aux conséquences dramatiques

La pénurie de masques et l’incapacité du gouvernement à en faire fabriquer pour la population auront aggravé le bilan des victimes de façon tragique.

Les Français s’en souviendront longtemps.

Le port du masque, ajouté aux gestes barrière ne pouvait – et ne peut - que contribuer à ralentir la propagation du COVID-19 et limiter le nombre de victimes. Aucun médecin honnête ne peut affirmer le contraire.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites au malheur des peuples. Au-delà de ces limites, c’est ou la mort, ou la fuite, ou la révolte. » Diderot

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« J’étais médecin à Diên-Biên-Phù » du médecin commandant Grauwin

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Les bonnes lectures du confinement

 

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-minh, la garnison française du camp retranché de Diên-Biên-Phù cessait le feu.

Placé au centre de cette hécatombe, le médecin commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame - qui constitue la dernière page de l’histoire de l’Indochine française - l’un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés.

Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s’enfonçant à la fin dans la boue jusqu’aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l’air au nom aujourd’hui

légendaire, Geneviève de Galard[1], mille cinq cents fois Paul Grauwin s’est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l’antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible… et la défaite.

 

Quelques extraits :

 

Geneviève fournit un travail exceptionnel auprès du commandant chirurgien

Le soir, elle était allée chercher elle-même un brancard souillé et humide, l’avait ouvert et allongé à terre entre deux lits occupés par deux lieutenants blessés, Rollin et Deflinne et elle s’était endormie sereinement.

 

Opérer inlassablement sans moyens

Demain, encore une fois, je n’aurai plus de sérum. J’ai dû en donner à Hantz, à Vidal, à Patrice, à Rondy. Mes abdomens boiront alors que c’est interdit, il faut bien les réhydrater ; et ils vomiront, et ils gémiront. Phu m’appela : par l’incision réouverte d’une laparotomie, un ventre viendra encore d’expulser son contenu !

 

Sauver les estropiés avec l’énergie du désespoir

Sur la table d’opération, ligoté, gît le dernier opéré. Le sérum coule goutte à goutte. Il dort profondément, violemment éclairé par le scialytique, son artère fémorale a été touchée. Je sens le pied, il n’est pas froid. Il conservera sa jambe.

 

Comment supporter la mort avec une telle fréquence ?

Dans la couchette supérieure, geint le brûlé au phosphore. Il va mourir : l’intoxication a été trop forte ; les brûlures trop profondes. Par place, elles ressemblent à des morceaux d’anthracite incrustés dans la peau.

 

Donner de l’espoir…

Les blessés n’ont pas bougé. On dirait qu’ils nous attendent. Ils nous regardent ; la joie est dans leurs yeux.

 

Le médecin Grauwin[2] a écrit un récit remarquable sur l’enfer vécu juste avant la capitulation des Français.

En lisant cet ouvrage, on a une pensée pour le personnel soignant qui livre aujourd’hui un combat remarquable contre le COVID-19. Les conditions ne sont pas comparables à celles vécues par le commandant Grauwin, mais le manque de masques, de blouses, de matériel en temps de paix nous interpelle.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Il y a quelque chose de plus fort que l’intérêt, c’est le dévouement. »

François Gaston de Lévis ; Les maximes et pensées (1812)

 

[1] À sa demande, elle est affectée en Indochine à partir de mai 1953, au cœur de la guerre qui oppose les forces françaises à celles du Việt Minh.

Les troupes françaises de Ðiện Biên Phủ cessent le combat le 7 mai 1954 sur ordre du commandement militaire de Hanoï. Le Việt Minh autorise cependant Galard et le personnel médical à continuer les soins sur les blessés. Geneviève refusera toujours toute coopération, quand certains Việt Minh commencent à utiliser les médicaments pour leur propre usage, elle en cache dans sa civière.

 

[2] Prisonnier des Việt Minh à Diên-Biên-Phu, après les cinquante-sept jours d'enfer pendant lesquels son antenne médicale opéra nuit et jour, plus de quatre mille blessés, il sera encore un soutien inlassable pour ses camarades d'infortune en veillant à leur évacuation sur Hanoï.

 

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Les horreurs sémantiques de la pandémie

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Sur les plateaux de télévision ou sur les ondes radiophoniques, de nombreux invités viennent commenter les mesures prises pour lutter contre la pandémie du COVID-19.

Nous assistons à l’emploi de mots dans une acception totalement décalée.

 

Il est bon, je crois, de rappeler la définition des mots « Quarantaine » et « Quatorzaine ».

Que nous dit l’Académie ?

 

La quarantaine :

Quarantaine d’observation ou, simplement, quarantaine, isolement imposé par les autorités sanitaires aux occupants et aux marchandises d’un navire arrivant d’une zone d’épidémie.

La mise en quarantaine, à bord du bateau ou dans un lazaret, durait à l’origine quarante jours. Lever la quarantaine. Pavillon de quarantaine, pavillon jaune, hissé autrefois pour signaler que le navire ne pouvait communiquer avec l’extérieur, et qui indique aujourd’hui que les conditions sanitaires à bord sont bonnes.

Par extension. Mise à l’écart temporaire d’une personne, d’un animal, d’une marchandise ou d’un véhicule présentant pour le pays qui les accueille un danger d’ordre sanitaire.

Dans le mot « quarantaine », il faut retenir qu’il n’y a plus cette notion de 40 jours ; c’est le sens de mise à l’écart qui est maintenant retenu.

 

La quatorzaine :

T. de Pratique ancienne. L’espace de quatorze jours qui s’observait de l’une à l’autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.

La quatorzaine n’a jamais été un terme médical.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Le langage sert de support à la pensée. Mais la dégradation du français courant devient un handicap dans les échanges sociétaux. L’utilisation de mots dont l’auteur imagine la définition crée des situations ubuesques : des journalistes, des politiques - des médecins en ce moment -, lancent de nouveaux termes dont seul l’auteur connaît la signification. Comme ces vocables n’ont pas de définition – puisqu’ils n’existent pas – les « auditeurs » les interprètent chacun à leur façon. Il serait temps de se reprendre.

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