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Anatole France – le livre de mon ami

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Ne serait-ce pas une autobiographie à peine déguisée de l'enfance de l'auteur?

Voici quelques extraits à lire et/ou à faire lire 

– Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir d’une façon absurde.

– Vous fîtes bien, maman, de me parler ainsi ; vous fîtes bien de me révéler dès l’âge le plus tendre l’innocence des misérables. Votre parole était bonne ; c’est à moi à la garder présente dans la suite de ma vie.

– Je ne l’ai pas reçu, ce bateau. Mais je n’ai jamais eu besoin, même en bas âge, de posséder les choses pour en jouir, et le bateau de fées m’a occupé bien des heures. Je le voyais. Je le vois encore. Ce n’est plus un jouet. C’est un fantôme. Il coule en silence sur une mer brumeuse, et j’aperçois à son bord une femme immobile, les bras inertes, les yeux grands et vides.

– Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir.

– Par l’exemple d’un labeur intellectuel régulièrement accompli sans peine et sans inquiétude, il me donna dès l’enfance l’envie de travailler à m’instruire.

– Si on mettait à se cacher autant de soins qu’on en met d’ordinaire à se montrer, on éviterait bien des peines. J’en fis de bonne heure une première expérience.

– Rien ne vaut la rue pour faire comprendre à un enfant la machine sociale. Il faut qu’il ait vu, au matin, les laitières, les porteurs d’eau, les charbonniers ; il faut qu’il ait examiné les boutiques de l’épicier, du charcutier et du marchand de vin ; il faut qu’il ait vu passer les régiments, musique en tête ; il faut enfin qu’il ait humé l’air de la rue, pour sentir que la loi du travail est divine et qu’il faut que chacun fasse sa tâche en ce monde.

– L’école en plein vent m’enseigna, comme vous voyez, de hautes sciences. L’école domestique me fut plus profitable encore. Les repas en famille, si doux quand les carafes sont claires, la nappe blanche et les visages tranquilles, le dîner de chaque jour avec sa causerie familière, donnent à l’enfant le goût et l’intelligence des choses de la maison, des choses humbles et saintes de la vie. S’il a le bonheur d’avoir, comme moi, des parents intelligents et bons, les propos de table qu’il entend lui donnent un sens juste et le goût d’aimer.

– Ce que c’est que d’avoir de l’imagination !

– Faut-il donner de préférence aux enfants des livres écrits spécialement pour eux ? Pour répondre à cette question, l’expérience suffit. Il est remarquable que les enfants montrent, la plupart du temps, une extrême répugnance à lire les livres qui sont faits pour eux. Cette répugnance ne s’explique que trop bien. Ils sentent, dès les premières pages, que l’auteur s’est efforcé d’entrer dans leur sphère au lieu de les transporter dans la sienne, qu’ils ne trouveront pas, par conséquent, sur sa conduite, cette nouveauté, cet inconnu dont l’âme humaine a soif à tout âge. Ils sont déjà possédés, ces petits, de la curiosité qui fait les savants et les poètes. Ils veulent qu’on leur révèle l’univers, le mystique univers. L’auteur qui les replie sur eux-mêmes et les retient dans la contemplation de leurs propres enfantillages les ennuis cruellement.

– Le plus beau livre du monde n’a pas de sens pour un enfant, si les idées sont exprimées d’une façon abstraite.

– Toutes les idées nous viennent par les sens, et l’imagination consiste, non pas à créer, mais à assembler des idées.

– À cette question, elle regarde son petit garçon comme on regarde la pendule pour voir l’heure.

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr/ - http://www.cd-lmdp.fr

 

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Barack Obama - discours

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Le 44e président des États-Unis a marqué l’histoire de la première puissance mondiale. Ses discours sont restés dans bien des mémoires.

 

Extraits :

 

À l’investiture - 21 janvier 2009 :

« En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l’espoir à la crainte, l’union au conflit et la dissension. »

« Nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres et nous avons tous droit à la quête du bonheur. »

 

À ces dirigeants qui cherchent le conflit : « sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, non pas sur ce que vous détruisez. »

 

Le discours au monde musulman - 4 juin 2009 :

« Certains sont désireux d’attiser les flammes de la division et de faire obstacle au progrès. »

« Il est plus facile de voir nos différences que nos points communs. »

 

À la jeunesse européenne - 26 mars 2014 :

« La grandeur nationale doit découler non pas de ce que défend un peuple, mais de ce à quoi il s’oppose. »

« Les Européens, des centaines de millions de citoyens - à l’est, à l’ouest, au nord, au sud - sont plus en sécurité et plus prospères parce que nous sommes restés unis pour défendre les idéaux que nous partageons. »

« Nous ne devons jamais tenir pour acquis les progrès qui ont été remportés ici en Europe et promus dans le monde entier, car la bataille des idées se poursuit pour votre génération. »

 

À la commémoration de la marche de Selma - 7 mars 2015 :

« Nous sommes des conteurs, des écrivains, des poètes, des artistes qui abhorrent l’injustice et méprisent l’hypocrisie, qui donnent une voix à ceux qui en sont privés et disent les vérités qu’il ne faut pas taire. »

 

À Paris - l’enjeu du changement climatique - 30 novembre 2015 :

Il cite le gouverneur Jay Inslee : « Nous sommes la première génération à ressentir l’impact du changement climatique et la dernière génération à pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard. »

 

Les adieux - 10 janvier 2017 :

« J’ai appris que le changement ne survient que lorsque les gens ordinaires s’impliquent, participent et s’unissent pour l’exiger. »

« Nous servons notre pays non pas pour marquer des points ou pour s’en attribuer le mérite, mais pour améliorer la vie des gens. »

« On ne comprend jamais vraiment quelqu’un tant qu’on ne considère pas les choses de son point de vue… tant qu’on ne s’est pas glissé dans sa peau pour expérimenter sa perspective. »

« De plus en plus souvent, nous sommes tellement en sécurité dans nos bulles nous nous mettons à accepter uniquement les informations - qu’elles soient vraies ou fausses - qui se conforment à nos opinions, au lieu de fonder notre point de vue sur les faits qui se trouvent à l’extérieur de notre cercle. »

« Si vous en avez assez de vous disputer avec des inconnus sur Internet, essayez de parler avec l’un d’eux dans la vraie vie. »

« Je vous demande de croire. Non pas en ma capacité de changer les choses, mais en la vôtre. »

« Oui, nous l’avons fait. Oui, nous pouvons. »

 

Barack Obama n’a jamais cessé de clamer son amour et sa confiance en son pays et - surtout - en ses habitants. Il a toujours adressé des messages d’espoir, comme son maintenant célèbre Oui, nous pouvons.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

L’espoir finira par vaincre la peur, et la liberté continuera à triompher de la tyrannie.

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"L’histoire de la Corée - Pays du Matin calme - et sa guerre tragique." A. Rahmani - Entretiens avec Christian Dechartres

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Extraits du livre écrit avec le lieutenant Abdelkader Rahmani dans les derniers mois de sa vie :

 

Christian Dechartres : – M. Rahmani, pourquoi écrire un livre sur la guerre de Corée ?

Abdelkader Rahmani : – c’est une guerre inconnue. Elle est ignorée des citoyens français ; tout comme les guerres d’Indochine, d’Algérie, de Madagascar totalement occultées par les médias et les livres d’histoire. Ce que j’écris, c’est pour la France et la jeunesse future.

CD : n’est-ce pas utopique de vouloir faire comprendre l’histoire à des jeunes soumis à de multiples pressions ?

Pressions qui les éloignent des réalités. Pressions qui leur enlèvent tout jugement objectif, notamment sur les notions de justice.

AR : en guise de réponse, je cite Platon « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie… »

Histoire de la formation des deux Corée :

Conférence de Yalta en février 1945, c’est l’entrée en guerre des Russes contre le japon. Puis, à Postdam, en juillet 1945, russes et américains conviennent de couper le Corée en deux. La « frontière » sera le 38e parallèle. Au nord de cette ligne, les Japonais se rendent aux Russes ; au sud, ils se rendent aux Américains.

Le conflit : le 26 juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud. L'ONU intervient sous commandement américain. En août 1950, les forces US sont acculées dans le "réduit Fusan" au sud de la Corée.

À la fin de l’année 1950, Mac Arthur songe à une guerre en règle contre la Chine qui permettrait aussi de rendre à Tchang Kai-check le pouvoir sur le continent. Truman s’oppose à ce projet et, en avril 1951, relève Mac Arthur de son commandement et nomme le général Ridgway.

En Corée, les Nations Unies ont été battues malgré l’incroyable déluge de bombes qui tombaient sur les Chinois nuit et jour ; ils subissaient également des tirs d’artillerie ininterrompus.

Le lieutenant Rahmani - engagé dans le bataillon français de l'ONU - envoie de nombreux courriers à son épouse ; un passage donne le ton : « Nous sommes aux premières loges pour les bombardements au napalm. C’est colossal, nous plaignons ces pauvres Chinois. Dans des galeries reprises à l’ennemi, nous avons trouvé - outre du matériel - des cadavres équipés de masques et de combinaisons anti-gaz ».

CD : vos conférences - au retour de Corée - lors desquelles vous évoquiez l’usage du napalm ont provoqué quelques remous.

AR : oui, Eisenhower a téléphoné à Guy Mollet pour demander à Rahmani de cesser ses conférences.

CD : des mesures étaient-elles prises pour la réintégration des combattants dans la vie civile à leur retour de cette guerre ?

AR : pour les réservistes et les civils, rien n’était prévu.

  • Je constate que ma question l’étonne ; à peine 10 ans après la Seconde Guerre mondiale, la nécessité de prendre en charge les soldats éprouvés psychologiquement par ce qu’ils avaient subi - et fait subir - ne relevait pas des priorités.

Le 27 juillet 1953, l'armistice de Panmunjom met fin à la guerre de Corée. Mais la paix entre le Nord et le Sud demeure illusoire.

J’ai rencontré le Lieutenant Rahmani durant les trois dernières années de sa vie. J’ai pu mesurer combien les blessures - physiques et psychologiques - pouvaient marquer un homme à jamais.

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

C’est en donnant qu’on reçoit,

C’est en pardonnant qu’on est pardonné…

Un conflit méconnu, pourtant si meurtrier.

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Maurice Genevoix - « Trente mille jours »

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Dans cet ouvrage, l’ancien secrétaire de l’Académie Française évoquait - entre autres - l’effrayante déchirure de la Grande Guerre.

 

Quelques extraits :

« M’étais-je retourné dans ma course ? Assez, je pense, pour avoir entrevu, je devrais dire : touché des yeux un corps abattu sur l’éteule, la dernière ruade de son agonie, un soldat tué. Ce souvenir, cette sensation-là, ce vide persistant et glacé, tout proche, là où il y avait un homme, je ne m’en suis jamais délivré. »

 

« Entre-temps la guerre nous avait requis, jour après jour séquestrés dans un monde où la communauté du drame, de la souffrance et du malheur avait fait de nous d’autres hommes, jusqu’alors de nous-même inconnus. »

 

« Le sang, … , j’allais, Dieu sait, le retrouver, celui dont les passions, l’envie, la haine, l’appétit de puissance, la cruauté et la bêtise ouvrent criminellement les sources depuis que le monde est monde et que les hommes sont les hommes. J’ai vécu, parmi les Français de mon âge, l’un de ces temps ignominieux où le devoir condamne à tuer ou à être tué. »

 

« Le drapeau tricolore au seuil, la cour commune ensoleillée, tout ici m’était familier, aussitôt reconnu et pourtant refusé, distant : j’étais vivant et je me sentais vivre. Chacun de nous, quand le malheur frappe, connaît seul sa propre souffrance. »

 

Sur les grands problèmes religieux, philosophiques, sociaux :

« Comme vous, comme tout homme conscient de sa condition d’homme, de son essence et de son être, de son destin et de ses fins dernières, j’ai été confronté à eux. Je n’ai jamais cessé de l’être et le serai jusqu’à mon dernier souffle. Mais c’est l’affaire entre moi et moi et je n’en dois compte à personne. »

 

Maurice Genevoix entre au Panthéon. Que ses paroles, ses écrits nous apaisent et nous incitent à construire un monde de paix pour notre jeunesse.

 

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

« Sitôt que les hommes sont en société, ils perdent le sentiment de leur faiblesse ; l’égalité qui est entre eux cesse, et l’état de guerre commence. » Montesquieu, De l’esprit des lois.

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Des souris et des hommes - John Steinbeck

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Le livre révèle un John Steinbeck qui a le souci de montrer les difficultés que rencontre la société américaine. Dans la littérature du XXe siècle, on peut le qualifier de naturaliste.

 

Il a lui-même eu recours à des petits boulots comme Lennie et George dans « Des souris et des hommes ».

 

Extraits :

« – Les types comme nous, qui travaillent dans les ranches, y’a pas plus seul au monde. Ils ont pas de famille. Ils ont pas de chez soi. Ils vont dans un ranch, ils y font un peu d’argent, et puis ils vont en ville et ils le dépensent tout… et pas plus tôt fini, les v’là à s’échiner dans un autre ranch. Ils ont pas de futur devant eux. »

 

D’aucuns s’interrogent ; pourquoi George protège-t-il ainsi Lennie ? « – Dame, j’ai jamais vu un type s’intéresser autant à un autre. J’veux simplement savoir d’où vient ton intérêt. »

 

« – C’est un brave type, dit Slim. Y a pas besoin d’avoir de la cervelle pour être un brave type. Des fois, il me semble que c’est même le contraire. Prends un type qu’est vraiment malin, c’est bien rare qu’il soit un bon gars. »

« – Si je dis quelque chose, ben, c’est juste un nègre qui parle. »

 

« – J’aime caresser les jolies choses. Un jour, à la foire, j’ai vu de ces lapins à longs poils. Et ils étaient jolis, pour sûr. Des fois même, j’caresse des souris, mais c’est quand j’peux rien trouver de mieux. »

 

John Steinbeck évoque les conditions des ouvriers agricoles grâce à son texte réaliste. Jeune, il a vécu dans ce monde agricole ; le personnage Lennie a réellement existé dans une ferme où l’auteur a travaillé. L’ouvrier avait tué son patron d’un coup de fourche.

 

Avec Des Souris et des Hommes (en 1937), Steinbeck est devenu un personnage en vue dans le monde littéraire américain. Il a écrit ce roman avec l’intention d’en faire une pièce de théâtre.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

http://www.cd-lmdp.fr -

http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

Pour partager les plaisirs et les bienfaits de la lecture.

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