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dalila kerchouche

HARKI : Que signifie ce mot ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Le livre de Dalila Kerchouche – édité en 2003 au Seuil - interpelle le lecteur sur les conditions de vie – ou de survie - des harkis après la guerre d’Algérie.
 

Pris entre deux feux

Considérés comme des renégats en Algérie, les harkis sont traités comme des parias en France. Ils n’étaient pas des militaires, mais des supplétifs. Pourquoi le commandement militaire les recrutait-il ? Parce qu’ils connaissaient les coutumes de la population, ils pouvaient renseigner les soldats français sur des points stratégiques lors des opérations dans les montagnes, dans le bled… Les harkis avaient-ils le choix quand les militaires français leur demandaient d’intégrer leurs rangs ? Comprenaient-ils les enjeux ? Pas sûr.

En 1962, beaucoup furent abandonnés, voire repoussés lorsqu’ils tentèrent de monter dans les camions militaires français pour échapper au lynchage auquel ils étaient voués.

Les harkis ont été sacrifiés. Certains furent sauvés par des militaires français désobéissants. Ce fut le cas pour les parents de Dalila Kerchouche.

Après 1962

Ceux qui purent rejoindre la France métropolitaine furent parqués dans des camps de 1962 à 1974. Ils eurent à lutter contre le froid, la faim, l’enfermement, la peur des représailles. Ils furent psychologiquement détruits.

L’auteure explique pourquoi elle a décidé d’écrire l’histoire de ses parents.

« Enfant, j’ai adoré mon père. Adolescente, je l’ai détesté. Parce qu’il était harki, parce qu’il a soutenu l’armée française pendant la guerre d’Algérie, j’ai longtemps cru que mon père était un traître. Il n’a jamais nié. Il ne m’a jamais rien dit. Devant son silence, j’ai décidé de partir sur les traces d’un fellah, d’une bergère, de mes parents dont la vie a basculé un matin de juin 1962.

Quarante ans après, j’ai refait leur parcours dans les camps où la France les a parqués : leur passé et mon présent se sont tissés, noués, intimement mêlés. Dans ce voyage au bout de la honte, j’ai découvert une horrible machinerie d’exclusion sociale et de désintégration humaine.

Et puis, j’ai traversé la Méditerranée. En Algérie, j’ai retrouvé des membres de ma famille et le village de mes parents qu’ils n’ont jamais revu. Là-bas, j’ai compris qui étaient vraiment les harkis, leur rôle dans la guerre d’Algérie, leurs tiraillements, leurs secrets aussi. J’ai enfin percé le silence qui pèse sur cette histoire. »

L’Histoire a broyé ces harkis qui, pour beaucoup, n’ont pas saisi ce qui leur arrivait. N’oublions pas leurs familles. Respectons leur mémoire.

Christian Dechartres – http://cd-lmdp.over-blog.fr

L’histoire de certains Hommes mérite d’être racontée autrement. Faute d’un éclairage suffisant, nous avons une fâcheuse tendance à cataloguer trop rapidement les victimes collatérales des conflits.

 

 

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