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moderne

Et vous, coupez-vous la branche sur laquelle vous êtes assis ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Vous avez, comme nous tous, un(e) bon(ne) ami(e) pour vous prodiguer les meilleurs conseils.
Moi, mon copain Albert me répétait à l’envi : « Vis avec ton temps, tu râles toujours. Mets-toi aux nouvelles méthodes. »

 

Je l’ai revu tout récemment ; ça faisait bien six mois qu’on s’était rencontrés. Et il me raconte :

 

« Avant, je descendais acheter mon journal ; je discutais avec le buraliste : « vous avez vu comment ça tourne au procès Balkany… » ; tous les événements du jour étaient sujets à des échanges enflammés. Les habitués du kiosque à journaux alimentaient généreusement nos conversations. En remontant, je me déchaînais à la lecture de mon canard. Qui avait le mieux plaidé les sujets brûlants du jour ? Exaltation assurée avant de démarrer une bonne journée.

 

Après, enfoui dans mon fauteuil, j’allumais mon smartphone, je faisais défiler les articles sur le minuscule écran. Tout seul, je restais les yeux fixés sur ce téléphone à radiation bleue. Je lisais, mais j’étais coupé du monde. J’envoyais des messages à mes 6 789 « amis » sur les réseaux. D’aucuns répondaient dans un charabia que je ne comprenais pas.

 

Avant, je me rendais chez mon libraire. « Monsieur Martin, vous avez lu le dernier Lemaitre ? » « Ah ! Formidable le dernier opus de sa trilogie ! Il est doué pour nous tenir en haleine. » « Nous l’avons en dédicace jeudi prochain. » « Vous me réservez une place. Je ne veux pas manquer un entretien avec ce romancier ; il a pour objectif de poursuivre par une grande fresque de la société contemporaine. »

 

Après, j’achetais mes livres sur Amazon, on y faisait des affaires, surtout eux d’ailleurs. Je n’avais plus besoin de me déplacer et ils ont un choix immense. Je pouvais même laisser des commentaires sur les livres que j’achetais. Et ils sont gentils, je gagnais des points à chaque achat !

  • Il faut que je te dise :

« Mon marchand de journaux a fermé boutique. Plus suffisamment de ventes de publications papier. Avec le numérique…

Mon libraire est en redressement judiciaire. Chute des ventes avec la concurrence des plateformes, les mastodontes de la vente en ligne.

Je vis comme un vieux con ; je ne parle plus à mes voisins le matin, je n’ai plus le loisir de rencontrer les auteurs chez mon libraire.

Tu vois, je crois que j’ai scié la branche sur laquelle j’étais si bien installé. »

 

Et vous, quels conseils avisés vous prodiguent vos amis ?

 

Christian Dechartres – « Le Mot de Passe » - écrivain public – correcteur – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« L’écoute reste la grande oubliée de notre société moderne en pleine révolution des communications. » Jean Dion

 

« Une société sans rêve est une société sans avenir. » Carl Gustav Yung

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