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Les voleurs de beauté de Pascal Bruckner

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Si la beauté était un crime, il faudrait punir les êtres superbes de nous infliger le spectacle de leur perfection. 

 

Extraits :

  • Je désire être vieille pour ne plus avoir à faire des choix.                                                                   
  • J’attends le désastre avec une telle ponctualité que lorsque le bonheur arrive, je ne le remarque même pas.

 

  • Hélène, qui ne connaissait pas le sens du mot "besoin " – elle n’avait que des envies – avait du mal à concevoir le monde d’où je venais, un monde où il fallait travailler pour survivre, calculer sou à sou et qui était le monde commun à une majorité de mes compatriotes.

 

  • Mamie, on est à la fin du XXe siècle, les Allemands sont nos alliés. Il n’y a plus de guerre, réveille-toi !Égarée dans son labyrinthe, la vieille femme ne reconnaissait plus personne, confondait les noms et les époques, dialoguait au téléphone avec des amis décédés. Entre deux propositions, elle laissait retomber sa tête, inerte, comme assommé par ce qu’elle énonçait.

 

  • Un détail m’étonna dans son visage : la peau de ses paupières, abondante, s’accumulait au bord des cils, tel un store enroulé en haut d’une fenêtre. On se demandait si elle les descendait le soir pour dormir.

 

  • Tels ces espions capables de reconstituer un texte tapé rien qu’au bruit de la machine à écrire, il pouvait dresser le décor de toute une existence à partir de quelques indices.

 

  • Je demeurai inflexible : je ne permettrai pas que cette maison dégénère en république d’Onan.

 

  • J’ai saisi alors que la chair est limitée au contraire de la pensée. S’attacher à la première, c’est pactiser avec la routine, cultiver la seconde, c’est lui résister, transcender l’existence insignifiante.

 

  • La force d’un récit ne réside pas dans sa conformité aux faits mais dans les ruptures qu’il provoque, le dynamisme qu’il transmet.

 

Le texte de ce livre surprend, angoisse. Pascal Bruckner renoue - dans ce roman - avec l'écriture de la cruauté qu'il affectionnait dans Lunes de fiel.

Christian Dechartres - écrivain public - http://www.cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr

"De tout temps, la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte." Claude Debussy

 

 

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