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2 articles avec passion

« Vingt-quatre heures de la vie d’une femme » de Stefan Zweig

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

L’auteur - profondément marqué par la montée du nazisme dans sa vie - évoque dans ce court roman le récit d’une passion foudroyante. Moment rare où bascule le destin d’un être.

 

Extraits :

 

De l’impossibilité d’exprimer : « Puis il se passa quelque chose de si effrayant qu’il n’est pas possible de le raconter, parce que la nature violemment tendue, dans les moments de crise exceptionnelle, donne souvent à l’attitude de l’homme une expression tellement tragique que ni l’image, ni la parole ne peuvent la reproduire avec cette puissance de la foudre qui est en elle. »

 

Comment se défaire d’un souvenir : « Mais il ne se passe pas une journée, à peine une heure, sans que je pense à cet événement ; et vous pouvez en croire la vieille femme que je suis si je vous dis qu’il est intolérable de rester le regard fixé sa vie durant sur un seul point de son existence, sur un seul jour. »

 

Une puissance plus forte que la raison : « C’est simplement une puissance magique qui les entraîne, une volonté qui les pousse à se jeter à l’eau avant qu’ils aient le temps de réfléchir à la témérité insensée de leur entreprise ; et c’est exactement ainsi, sans aucune pensée, sans réflexion et tout inconsciemment qu’alors j’ai suivi ce malheureux de la salle de jeu à la sortie, et de la sortie jusqu’à la terrasse qui précède le Casino. »

 

De la valeur des choses : « le futur diplomate reçut de son père une somme d’argent égale à la mensualité qu’on lui faisait ; deux jours plus tôt cette somme lui aurait semblé énorme, mais maintenant, après la facilité de ce gain, elle lui parut insignifiante et mesquine. »

 

Vieillir a du bon : « vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé. »

 

Parler, raconter, un soulagement : « Ç’a été un bonheur pour moi d’avoir pu vous raconter cela. Je suis maintenant soulagée et presque joyeuse… Je vous en remercie. »

 

Ce court roman recèle un concentré d’émotions. Stefan Zweig révèle au fil des pages ses qualités de conteur. Il passionne le lecteur.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - https://www.cd-lmdp.fr

 

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« La femme de proie » de Jean-Marie Rouart

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

L’auteur - dans ce roman - observe la passion, dans sa cruauté et ses délires, avec un regard acéré.

 

Le narrateur est persuadé qu’il va connaître le bonheur. Cet amour se traduit par un terrible calvaire ponctué d’humiliations, de tromperies, de grands moments de solitude. La descente aux enfers.

 

L’incipit : « quand je rencontrai pour la première fois celle qui est le sujet de ce livre, je n’imaginais pas un instant le risque que je courais. Si on me l’avait prédit, j’aurais haussé les épaules. C’était plutôt le bonheur qui me faisait signe. J’ignorais quelle folie allait s’emparer de moi ; que j’allais vivre des années d’enfer, perdre mes amis, connaître la crête la plus aride de la solitude, et, après avoir ruiné cette fragile estime de soi qui protège du désespoir, être tenté de me tuer. »

 

* Quelques réflexions sur la place de l’homme dans la société :

« La vie que j’ai choisie, quand je l’examine avec un peu de recul, ne me comble pas. Pourtant je l’ai voulue. Pour simplifier, disons que j’ai, dans la profession, renoncé à ce qui me plaisait par souci de ne pas contrarier ma mère. »

« – Au fond, ce qui te manque…, c’est ce je-ne-sais-quoi de plus que possèdent les hommes de plaisir. Tu ne seras jamais qu’un homme de devoir. Ton frère lui… »

« À ne plus prêter l’oreille aux médisances, je passais pour un insociable. »

 

L’académicien montre avec une force telle que le lecteur vit en lui-même, comme la sienne propre, l’histoire (qui lui est arrivée ou qui aurait pu lui arriver…) du narrateur blessé.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

http://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

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