Senghor le francophone un tantinet Tourangeau

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Senghor le francophone un tantinet Tourangeau

Léopold Sédar Senghor (1906-2001) : Reçu à l’agrégation de grammaire en juillet 1935, il devient ainsi le premier Africain noir agrégé de France. À la mi-octobre 1935, Léopold Sédar Senghor débutera comme professeur de Français-Latin (et de Grec), au lycée Descartes de Tours où il exercera jusqu’en 1938.

Pendant cette période il écrivit de nombreux poèmes, comme Jardin des Prébendes, où il est présent sous la forme d’une sculpture moderne. La plupart de ces poèmes seront publiés dans Chants d’ombre (1945) et dans Hosties noires (1948).

Il revient en Touraine en 1953.

Après avoir été Président de la République du Sénégal de 1960 à 1980, Senghor sera élu à l’Académie française en 1983. Défenseur de la francophonie, Senghor la définit dans son discours à l’université Laval de Québec en 1966 :

« La francophonie, c’est un mode de pensée et d’action… C’est une façon rationnelle de poser les problèmes et d’en rechercher les solutions, mais toujours par rapport à l’homme… Encore une fois, c’est une communauté spirituelle, … c’est par-delà la langue, la civilisation française ; plus précisément l’esprit de cette civilisation, c’est-à-dire la culture française. »

Abdelkader Rahmani apporta sa pierre à l’édifice.

Christian Dechartres – écrivain public, biographe – www.cd-lmdp.fr – 06.11.48.77.63.

Observateur de l’histoire et de la comédie humaine.

PRESIDENT HABIB BOURGUIBA. LA CONFERENCE DE NIAMEY ET LA FRANCOPHONIE

Par Abdelkader RAHMANI

Egalite, complémentarité, solidarité. C’est la devise de la Francophonie née à la première conférence des pays partiellement ou entière¬ment de langue française, tenue du 17 au 20 février 1969 à Niamey. « Pour la première fois dans l’his¬toire, voici donc réunis les repré¬sentants qualifiés de la plupart des pays totalement ou partiellement de langue française. « Ainsi trois pays d’Europe, quatre pays d’Asie, deux pays d’Amérique, dix-sept pays d’Afrique, trois pays de l’océan indien, soit au total 185 millions d’hommes (dont 2 millions d’écoliers et lycéens et un million d’étudiants) manifestent qu’ils ont pris conscience d’appartenir à une même communauté spirituelle, malgré l’éloignement géographique, mal¬gré la diversité des races, des croyances, des niveaux de vie et malgré les liens de tous ordres — en particulier économiques ou juri¬diques — qui les unissent à d’autres communautés. 
« Ainsi un état de fait établi depuis plusieurs siècles, la francophonie, puisqu’il faut l’appeler par son nom, a abouti, depuis quelques an¬nées et cela tout naturellement en raison de l’évolution du monde, à la prise de conscience collective de cet¬te situation de fait, annonciatrice de développements féconds, volontaire¬ment conçus et volontairement pour-suivis ». 
C’est par ces paroles que le Président de la République du Niger- Hamani Diori - ouvrait la première conférence francophone. Toutes les délégations conscientes de l’importance des débats, firent preuve de sérieux et d’efficacité. Le projet de création d’une agence francophone de coopération culturelle et techni¬que préfigure notamment ce que pourrait être une confédération culturelle et technique. Jetés comme une bombe à la con¬férence de I’O.C.A.M. à Tananarive en juin 1966 par le Président Bourguiba, l’idée et le vocable de la Fran¬cophonie repris par le Président Senghor, font leur chemin grâce au « pè¬lerin » que fut le Président Hamani Diori qui s’en alla convaincre les États et les communautés intéressés. 

Président en exercice de l’OCAM, il veilla au sein de celle-ci à ne pas proposer une francophonie qui put faire apparaître des contradictions entre les éventuels pays participants, si divers par leurs organisations so¬ciales. Lorsqu’il rencontra le Président Bourguiba le 29 juin 1966, il décla¬ra : « Nous allons voir le chemin à faire ensemble et qu’il s’agit de déterminer en fonction de trois grou¬pes francophones : ceux dont le fran¬çais est la langue nationale, ceux dont il est la langue officielle et enfin, ceux pour qui il est l’instrument de travail ». Cette définition de la Francophonie permet de tout concevoir sans porter atteinte au patrimoine maternel et national.

PRESIDENT Léopold S. SENGHOR. PRESIDENT DIORI HAMANI
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article