« Il nous reste les mots », belle leçon de tolérance

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Georges Salines a perdu sa fille Lola dans l’attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan. Elle avait vingt-huit ans.

    De sa rencontre avec Azdyne Amimour, père de l’un des assaillants, a émergé un dialogue inédit. Georges Salines porte la mémoire de sa fille et de nombreuses autres victimes, tandis qu’Azdyne Amimour cherche à comprendre comment son fils a pu commettre des actes qu’il condamne sans appel. Poussés par une curiosité mutuelle, tous deux se racontent et déroulent le récit de « leur » 13-Novembre.

     Au fil de cette conversation, un profond respect est né entre ces deux pères que tout aurait pourtant dû opposer. Leur témoignage nourrit une réflexion apaisée sur la radicalisation, l’éducation et le deuil. Parce que s’il reste les mots, il reste aussi l’espoir.

 

Georges Salines a présidé        l'association de victimes "13onze15 : Fraternité et Vérité" et milite pour la prévention de la radicalisation. Il est l’auteur de L’indicible de A à Z (Le Seuil, 2016).

 

Azdyne Amimour a exercé plusieurs métiers, dans le commerce, le sport ou le cinéma. Il est le père de Samy Amimour, l’un des trois terroristes du Bataclan.

 

Quelques extraits significatifs du livre :

 

  • Le second message était plus politique : je voulais faire savoir qu’une réponse uniquement sécuritaire, policière et militaire ne me satisferait pas, qu’il s’agissait de chercher et d’éradiquer les racines du mal. Je craignais que la France se laisse aller à un repli haineux ou à un appel à la guerre comme cela avait pu être le cas aux États-Unis après le 11 septembre. Georges Salines

 

  • Fuir le risque, c’est se condamner au pire des risques : celui de ne pas vivre sa vie et je ne voulais pas reproduire ce schéma avec mes enfants. GS

 

  • Les sbires de Daech ont décidé que la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État, autrement appelée loi sur la laïcité, était ipso facto une loi d’intolérance et de rejet. 1905 s’est donc transformée, selon Daech, en loi islamophobe. Et combien de musulmans, sans même éprouver de sympathie pour les djihadistes, ont-ils fini par le croire ? Azdyne Amimour

 

  • Il est évident que l’ingérence militaire des nations occidentales dans le monde arabe et en Afghanistan a fini par se retourner contre nous. Les Américains ont renversé Sadam Hussein en Irak en utilisant un mensonge, les fameuses « armes de destruction massives » dont on n’a jamais trouvé trace. Les interventions en Libye et en Syrie, auxquelles la France a pris part, ont certes été présentées comme un moyen d’éviter le massacre des partisans du Printemps arabe, mais elles obéissaient aussi à des considérations géopolitiques et à la volonté de se débarrasser des régimes qui ne nous convenaient plus. GS

 

Un livre à mettre entre toutes les mains. Les propos échangés dans l’ouvrage nous donnent une leçon de tolérance. Le dialogue entre le père d’une victime au Bataclan et le père de l’un des terroristes est pour le moins inattendu.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

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L'ami toulousain 04/07/2020 19:49

Bel exemple de tolérance et de respect mutuel.
Espérons qu'il se diffuse le plus largement possible.