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triomphe et tragedie

Pourquoi Churchill redoutait le pire...

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Dans les dernières pages de Triomphe et tragédie, Winston Churchill évoque le bras de fer - en 1945 - entre Staline d’un côté et Roosevelt - Churchill de l’autre.

Le conflit prend fin, mais l’attitude de Staline laisse augurer des jours dramatiques. L’équilibre mondial est déjà menacé alors que la Seconde Guerre mondiale a tué des millions de civils sur la planète.

 

Churchill écrit :

« Les armées soviétiques vont sans doute envahir toute l’Autriche et entrer à Vienne. Si elles s’emparent de Berlin, l’impression qu’elles ont pris une part écrasante à notre victoire commune ne se gravera-t-elle pas trop fortement dans leur esprit, et cela ne les mettra-t-elle pas dans des dispositions qui nous créeront de graves et redoutables difficultés dans l’avenir ? »

 

« … Si elles (questions de la sortie de la mer Noire et de la Baltique) ne sont pas résolues avant que les armées américaines quittent l’Europe et avant que le monde occidental ait commencé à démonter ses machines de guerre, il n’y a aucun espoir d’aboutir à un règlement satisfaisant et bien peu d’éviter une troisième guerre mondiale. »

 

« De nouveaux périls, peut-être aussi effroyables que ceux auxquels nous venions d’échapper, commençaient à dresser leur tête menaçante et hideuse au-dessus d’un monde déchiré et harassé. »

 

« La menace soviétique avait déjà, à mes yeux, remplacé l’ennemi nazi. »

 

« C’est ainsi que nous avons tranquillement laissé échapper, au moment de la victoire, ce qui était notre meilleure chance, et peut-être la dernière, d’établir une paix durable dans le monde. »

 

« Les armées américaines et britanniques commencèrent leur repli le 1er juillet, suivies par une masse de réfugiés. La Russie soviétique s’installa au cœur de l’Europe. Ce fut un événement fatal pour l’humanité. »

 

Les populations se réjouissaient de la fin de la Seconde Guerre mondiale ; on le comprend. Mais la Guerre froide en était déjà à ses débuts. L’appétit des Russes vers l’ouest inquiétait les dirigeants occidentaux.

Qu’entend-on maintenant dans la bouche de Poutine ? « Les Russes sont les principaux artisans de la victoire en 1945 ! » Il rêve de reconstituer l’empire soviétique.

 

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La raison est ce qui effraie le plus chez un fou. » Anatole France

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Quand la Russie enchaînait les victoires à l’ouest

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Winston Churchill - dans Triomphe et tragédie (Mémoires de guerre) - analysait les événements de 1939 à 1945. Il fut avec Roosevelt et Staline un acteur prépondérant dans l’issue du conflit.

 

À l’heure où les Ukrainiens subissent les assauts de Poutine, ce passage écrit par Churchill prend un relief particulier :

 

À la mi-janvier 1944, les Russes attaquèrent sur un front de 200 kilomètres…

Léningrad fut libéré définitivement et les Russes s’installèrent à la frontière des États baltes. D’autres attaques à l’ouest de Kiev refoulèrent les Allemands jusqu’à l’ancienne frontière de Pologne…

Au cours du mois de mars, les Russes poursuivirent leur avantage sur le front tout entier et dans les airs. De Gomel à la mer Noire, les envahisseurs reculèrent jusqu’à ce qu’ils fussent rejetés de l’autre côté du Dniester, en Roumanie et en Pologne.

En Crimée, cependant, les opérations étaient encore possibles ; au mois d’avril, les Russes entreprirent de détruire la VIIe Armée allemande et de reprendre Sébastopol.

L’ampleur de ces victoires posa des problèmes gros de conséquences. L’Armée Rouge menaçait maintenant l’Europe centrale et orientale. Qu’allait-il devenir de la Pologne, de la Hongrie, de la Roumanie, de la Bulgarie et, par-dessus tout de la Grèce ? La Turquie se rangerait-elle à nos côtés ? La Yougoslavie serait-elle emportée par le flot russe ? L’Europe d’après-guerre semblait prendre forme, et il devenait urgent de rechercher un accord politique avec les Soviets.

 

Ce passage du livre de Churchill nous montre combien les Américains et les Anglais redoutaient la puissance des Russes à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La Guerre froide a débuté avant mai 1945.

 

Pour les plus jeunes, il n’est pas inintéressant de revenir sur l’épisode du début d’année 1944. À la fin du conflit, les deux grandes puissances pensaient à l’influence qu’elles auraient après l’armistice. L’opposition des deux blocs ne cessera jamais vraiment.

 

L’invasion de l’Ukraine par la Russie nous révèle - s’il en était encore besoin - combien les velléités belliqueuses des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale sont toujours aussi vives. Elles peuvent entraîner les peuples dans l’apocalypse.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La raison fait l’homme, mais c’est le sentiment qui le conduit. » Jean-Jacques Rousseau

Stop à la guerre en Ukraine
Photo de pieronigro sur Unsplash

Stop à la guerre en Ukraine

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