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quatorzaine

Les horreurs sémantiques de la pandémie

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Sur les plateaux de télévision ou sur les ondes radiophoniques, de nombreux invités viennent commenter les mesures prises pour lutter contre la pandémie du COVID-19.

Nous assistons à l’emploi de mots dans une acception totalement décalée.

 

Il est bon, je crois, de rappeler la définition des mots « Quarantaine » et « Quatorzaine ».

Que nous dit l’Académie ?

 

La quarantaine :

Quarantaine d’observation ou, simplement, quarantaine, isolement imposé par les autorités sanitaires aux occupants et aux marchandises d’un navire arrivant d’une zone d’épidémie.

La mise en quarantaine, à bord du bateau ou dans un lazaret, durait à l’origine quarante jours. Lever la quarantaine. Pavillon de quarantaine, pavillon jaune, hissé autrefois pour signaler que le navire ne pouvait communiquer avec l’extérieur, et qui indique aujourd’hui que les conditions sanitaires à bord sont bonnes.

Par extension. Mise à l’écart temporaire d’une personne, d’un animal, d’une marchandise ou d’un véhicule présentant pour le pays qui les accueille un danger d’ordre sanitaire.

Dans le mot « quarantaine », il faut retenir qu’il n’y a plus cette notion de 40 jours ; c’est le sens de mise à l’écart qui est maintenant retenu.

 

La quatorzaine :

T. de Pratique ancienne. L’espace de quatorze jours qui s’observait de l’une à l’autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.

La quatorzaine n’a jamais été un terme médical.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Le langage sert de support à la pensée. Mais la dégradation du français courant devient un handicap dans les échanges sociétaux. L’utilisation de mots dont l’auteur imagine la définition crée des situations ubuesques : des journalistes, des politiques - des médecins en ce moment -, lancent de nouveaux termes dont seul l’auteur connaît la signification. Comme ces vocables n’ont pas de définition – puisqu’ils n’existent pas – les « auditeurs » les interprètent chacun à leur façon. Il serait temps de se reprendre.

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