Vouloir rendre coup pour coup séduit par son apparente justice, mais la vengeance s’avère toujours une mauvaise conseillère. Loin de libérer, elle agit tel un poison lent qui maintient le vengeur prisonnier de celui qu’il maudit, l’entraînant sur le terrain de la malveillance au point de perdre, au final, bien plus qu’il ne gagne.
Les faits divers illustrent régulièrement cette spirale destructrice
Dans les querelles de voisinage, par exemple, un propriétaire excédé qui choisit de se faire justice lui-même en détruisant les installations d’un voisin indélicat commet un acte répréhensible. Non seulement il s’expose à de lourdes condamnations financières et pénales, mais il offre sur un plateau gain de cause à son opposant, transformant sa colère en un désastre juridique personnel. De même, céder à l’impulsion d’une vengeance numérique en publiant des propos diffamatoires se retourne implacablement contre son auteur, qui récolte un casier judiciaire tout en redorant paradoxalement l’image de sa cible.
En voulant détruire l’autre, le vengeur ne fait finalement que s’enchaîner à lui, sacrifiant sa propre paix pour une illusion de réparation.
Christian Dechartres - écrivain public - https://cd-lmdp.over-blog.fr, auteur de « Ce que la médecine m’a pris », « Clinique, silence, violence », « La caution de la discorde ».