La riposte a le goût de la justice. Elle n’en a pas les effets.
On croit rendre un coup ; on prépare le suivant. Puis un autre. Et la querelle devient une habitude.
Un voisin répond à son voisin. Un frère tourne le dos à son frère. Un mot appelle un autre mot. Et bientôt chacun campe sur sa colère, créant ainsi une sorte de frontière.
Pendant ce temps, la vie - la vraie - passe.
Il suffirait parfois d’une porte ouverte, d’une poignée de main, de dix minutes de conversation pour éviter des années de rancune.
Parler n’est pas capituler. Écouter n’est pas céder. Comprendre n’oblige pas à approuver.
Mais il faut encore accepter cette idée devenue presque révolutionnaire : l’homme que nous avons en face de nous est un homme, lui aussi.
Une société ouverte ne se bâtit pas avec des murs entre les rancœurs. Elle se construit avec des échanges, des désaccords assumés et la volonté de ne pas transformer chaque blessure en guerre.
La vengeance veut des vainqueurs et des vaincus. La fraternité cherche seulement à éviter que nous devenions tous perdants.
Christian Dechartres – écrivain public - https://cd-lmdp.over-blog.fr, auteur de « Ce que la médecine m’a pris », « Clinique, silence, violence », « La caution de la discorde ».