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Incipit de « Cosmos » écrit par Michel Onfray

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

« Mon père est mort dans mes bras, vingt minutes après le début de la nuit de l'Avent, debout, comme un chêne foudroyé qui, frappé par le destin, l'aurait accepté, mais tout en refusant de tomber. Je l'ai pris dans mes bras, déraciné de la terre qu'il avait soudainement quittée, porté comme Énée porta son père en quittant Troie. Ensuite, je l'ai assis le long d'un mur, puis, quand il fut clair qu'il ne reviendrait pas, je l'ai allongé de toute sa longueur sur le sol, comme pour l'aliter dans le néant qu'il semble avoir rejoint sans s'en apercevoir. » 

 

Nous ne pouvons qu’admirer cet incipit. Michel Onfray nous accroche immédiatement avec les premières lignes qui nous sautent à la figure. Il renoue dans cet ouvrage avec l’idéal païen d’une sagesse humaine en harmonie avec le monde.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner ». Marcel Proust, À la recherche du temps perdu.

 

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Incipit d’ « Au revoir là-haut » et de « Couleurs de l’incendie ».

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Le premier a valu le prix Goncourt à Pierre Lemaitre : deux rescapés des tranchées ont vécu l’enfer ; ils réalisent une escroquerie spectaculaire. Toute la tragédie d’une génération nous saute à la figure.

 

Le second nous emmène dans l’entre-deux-guerres. Une femme déploie toute son énergie et son intelligence pour survivre dans cette époque où l’homme domine. Années trente : l’Europe s’enflamme.

 

Au revoir là-haut

 

Ceux qui pensaient que cette guerre finirait bientôt étaient tous morts depuis longtemps. De la guerre, justement. Aussi, en octobre, Albert reçut-il avec pas mal de scepti­cisme les rumeurs annonçant un armistice. Il ne leur prêta pas plus de crédit qu'à la propagande du début qui soute­nait, par exemple, que les balles boches étaient tellement molles qu'elles s'écrasaient comme des poires blettes sur les uniformes, faisant hurler de rire les régiments français. En quatre ans, Albert en avait vu un paquet, des types morts de rire en recevant une balle allemande.

 

 

Couleurs de l’incendie

 

Si les obsèques de Marcel Péricourt furent perturbées et s'achevèrent même de façon franchement chaotique, du moins commencèrent-elles à l'heure. Dès le début de la mati­née, le boulevard de Courcelles était fermé à la circulation. Rassemblée dans la cour, la musique de la garde républicaine bruissait des essais feutrés des instruments, tandis que les automobiles déversaient sur le trottoir ambassadeurs, parle­mentaires, généraux, délégations étrangères qui se saluaient gravement. Des académiciens passaient sous le grand dais noir à crépines d'argent portant le chiffre du défunt qui cou­vrait le large perron et suivaient les discrètes consignes du maître de cérémonie chargé d'ordonner toute cette foule dans l'attente de la levée du corps. On reconnaissait beau­coup de visages. Des funérailles de cette importance, c'était comme un mariage ducal ou la présentation d'une collection de Lucien Lelong, le lieu où il fallait se montrer quand on avait un certain rang.

 

Les incipit des deux premiers ouvrages de la trilogie de Pierre Lemaitre sont particulièrement réussis. En 2019, nous découvrirons le troisième volet. Patientons.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr– http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Parfois, je te jure, je me demande si on n’était pas mieux sous la mitraille, au moins, on avait l’impression de servir à quelque chose, à gagner la guerre… »

 

 

 

 

 

 

 

 

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