Création d’entreprise" />
Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature

Les états d’âme de Gabriel Matzneff en 2001.

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

En 2001, l’écrivain contesté et poursuivi – en 2020 - pour atteintes sexuelles et viols sur mineurs affirme ne jamais avoir été un homme méchant.

Il est intéressant de lire l’avant-propos de son livre Les Soleils révolus / Journal 1979-1982dix-neuf ans après :

 

Voici mes carnets noirs 1979-1982. À ceux qui jugeraient trop agitée la vie que je mène alors, je rappelle que durant ces quatre années je conçois, écris et publie Ivre du vin perdu, que je tiens pour mon meilleur roman, écris des poèmes qui paraîtront en 1984 dans la nouvelle édition de Douze Poèmes pour Francesca, travaille à deux livres que je publierai, l'un en 1984, La Diététique de lord Byron, l'autre en 1987, Le Taureau de Phalaris. Ces années sont donc, en dépit des apparences, fort studieuses.

«Les conditions atmosphériques étant ce qu'elles sont», comme disait ma tendre amie Marie-Élisabeth, publier Les Soleils révolus en 2001 est sans doute ... intempestif. C'est pourquoi je rappelle aux hypocrites zélateurs du nouvel ordre moral, aux ligues de vertu promptes à épingler tout ce qui n'est pas « sexuellement correct», que la vie dissolue où me jeta en 1976 la trahison de Francesca prit fin en 1986 lorsque je devins l'amant de Vanessa.

1979-1982 sont des années très anciennes, et les débauches auxquelles je m'y livrais appartiennent au passé. Je crois utile de le préciser, car je note chez certains néoinquisiteurs une curieuse tendance à citer des passages (choisis, cela va de soi, parmi les plus coquins) de mes journaux intimes d'il y a vingt ans comme si je venais de les écrire, afin de me réputer pour pécheur endurci. Or si j'ai été un diable, voilà longtemps que je ne le suis plus. D'ailleurs, même du temps de mes diableries, je n'étais pas un mauvais diable. Les femmes qui m'ont aimé le savent, et mes amis, et mes lecteurs aussi. Inconstant, inconséquent, amoral, oui, souvent, trop souvent, et cela me remord, surtout la nuit, quand, invétéré insomniaque, je suis visité par les spectres de ma vie amoureuse, mais un homme méchant, qui fait le mal délibérément, non, je ne l'ai jamais été.

 

Les Soleils révolus. Vingt ans ou deux siècles, c'est la même chose, et mes amours des années 1979 à 1982 sont aussi mortes que celles de Restif ou de Casanova. Je souhaite que ce journal intime soit lu comme on lirait celui d'un écrivain du XXVIIIe siècle : comme une œuvre littéraire. Il bello de carnets sans cesse en ébullition tels que les miens, ce ne sont pas les aveux prétendus «scandaleux», mais le vif-argent du phrasé, l'écriture brute de coulée, la vie à bout portant. Bref, si ce mot a encore un sens au XXIe siècle, le style.

 

En 2014, Gabriel Matzneff avait fait l’objet d’une information judiciaire. Elle fut vite refermée. Les raisons ? Encore obscures.

 

Vanessa Springora, victime des agissements de l’écrivain, sort de son silence dans son ouvrage Le consentement chez Grasset.

Elle répond à l'écrivain Gabriel Matzneff, qui avait fait d'elle sa maîtresse alors qu’elle n’avait que 14 ans.

 

L’écrivain a-t-il bénéficié de protections ?

Vanessa Springora révèle des vérités longtemps occultées. Un écrivain coupable de faits condamnables à l’heure actuelle peut-il rester impuni sous prétexte du temps passé ? Moralement, ce n’est pas acceptable.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog – www.cd-lmdp.fr

Observateur de la comédie humaine

 

« Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier ». Martin Luther King

Partager cet article
Repost0

Quand Albert Camus rend hommage à son instituteur

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Dans la compétition pour le prix Nobel de 1957, Albert Camus a coiffé sur le poteau un grand favori en la personne d’André Malraux. Jean-Paul Sartre n’était pas loin, non plus, dans les favoris du prix tant convoité.

 

Le 17 octobre, Albert Camus reçoit le Nobel pour « son importante œuvre littéraire qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant, les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ».

 

Après sa consécration, le jeune lauréat né dans l’Algérie française a une pensée pour son instituteur. Il a reçu la plus haute distinction, mais il écrit comme un enfant à son maître d’école le 19 novembre 1957 :

 

« Cher Monsieur Germain,

J'ai laissé s'éteindre un peu le bruit qui m'a entouré tous ces jours-ci avant de venir vous parler un peu de tout mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand honneur, que je n'ai ni recherché ni sollicité. Mais quand j'ai appris la nouvelle, ma première pensée, après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette main affectueuse que vous avez tendue au petit enfant pauvre que j'étais, sans votre enseignement, et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé. Je ne me fais pas un monde de cette sorte d'honneur mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le cœur généreux que vous y mettiez sont toujours vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré l'âge, n'a pas cessé d'être votre reconnaissant élève.

Je vous embrasse, de toutes mes forces.

Albert Camus »

 

Quelle belle leçon ! Le travail de l’instituteur est mis en valeur sous la plume de Camus alors sous les feux de la rampe.

 

Souhaitons – en 2020 - que beaucoup d’enfants puissent encore longtemps féliciter leurs professeurs.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr -

 

Camus, selon le mot de Sartre : « l’admirable conjonction d’une personne, d’une action et d’une œuvre. »

Partager cet article
Repost0

« Les Écrivains chez Gonzague Saint Bris », une belle édition

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

 

 

Comme il était émouvant d’inaugurer cette nouvelle édition pour rendre hommage à Gonzague.

 

De l’émotion

Ce dernier dimanche d’août 2018, l’après « Forêt des Livres » avait un air de renouveau dans le cadre splendide de Chanceaux. Nous sentions comme un baptême du feu pour tous les bénévoles prêts à relever le défi.

Le matin, dans l’ovale de verdure, Irène Frain et Boris Cyrulnik ont régalé un public déjà nombreux. 

 

La voix de Gonzague - capable d’envolées lyriques dont il avait le secret- a résonné en ce lieu mythique au fil des « Forêts des Livres ». Dimanche , le fidèle Jean-Marie Rouart – parrain de la journée – a accueilli tous les écrivains.

 

Une véritable communion

L’après-midi, les auteurs, les bénévoles et le public ont partagé de beaux moments de convivialité tout au long des séances de dédicaces. Pour ma part, j’étais aux côtés de Patrice Duhamel que je salue. Il a été charmant avec nous, avec le public. Nous aurions pu poursuivre nos discussions jusque tard le soir. C’est avec regret qu’il a fallu mettre un terme à cette journée.

 

Nous avons vécu une belle fête autour du livre. 

Une remarquable communion s’est instaurée entre les bénévoles, les auteurs et le public. Une belle réussite.

 

Nous sommes tous motivés pour renouveler l’événement en 2019 avec un enthousiasme sans limites. Prenez date : dernier dimanche d’août.

 

Vive le livre, vive la lecture, vivent les écrivains.

 

Que cette fraternité autour d’une si belle manifestation littéraire nous permette d’éradiquer l’illettrisme et toutes les formes de difficultés face à l’écrit.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Écrire, c’est une respiration. »Julien Green.

 

Partager cet article
Repost0

Baudelaire, pourquoi tant de haine à l’endroit des Belges ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

 

"Les Belges et la lune

 

On n'a jamais connu de race si baroque

Que ces Belges. Devant le joli, le charmant,

Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement.

Tout ce qui réjouit nos cœurs mortels les choque.

 

Dites un mot plaisant, et leur œil devient gris

Et terne comme l'œil d'un poisson qu'on fait frire ;

Une histoire touchante; ils éclatent de rire,

Pour faire voir qu'ils ont parfaitement compris.

 

Comme l'esprit, ils ont en horreur les lumières ;

Parfois sous la clarté calme du firmament,

J'en ai vu, qui rongés d'un bizarre tourment,

 

Dans l'horreur de la fange et du vomissement,

Et gorgés jusqu'aux dents de genièvre et de bière,

Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières."

 

 

En 1864, le poète se rend en Belgique, il y donne une série de conférences. En situation très précaire, il espère vendre ses œuvres à des éditeurs du pays. Mais pourquoi manifester une haine si féroce pour les Belges ?

 

Dans les Amœnitates belgicæ (« les charmes de la Belgique »),

Baudelaire fait éclater sa haine au grand jour. Citons pour exemples :

 

Dans « La propreté des demoiselles belges » :

Elle puait comme une fleur moisie.

Moi, je lui dis (mais avec courtoisie) :

« Vous devriez prendre un bain régulier

Pour dissiper ce parfum de bélier. »

 

Ou encore dans « Venus Belga » :

Ces mollets sur ces pieds montés,

Qui vont sous des cottes peu blanches,

Ressemblent à des troncs plantés

Dans les planches.

 

Très court, « Le rêve belge » :

La Belgique se croit toute pleine d’appas ;

Elle dort. Voyageur, ne la réveillez pas.

 

Autre exemple avec « Épitaphe pour la Belgique » :

On me demande une épitaphe

Pour la Belgique morte. En vain

Je creuse, je rue et je piaffe ;

Je ne trouve qu’un mot : « Enfin ! »

 

Inutile de préciser que sa belgophobie lui interdit toute publication par les éditeurs flamands et wallons.

Des professeurs préfèrent passer sous silence les poèmes de ce florilège. D’aucuns le trouvent drôle et assez réussi.

À vous de juger.

Toutes mes amitiés aux charmants voisins du plat pays.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.frhttp://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Pour partager littérature, histoire, actualité.

 

 

 

Partager cet article
Repost0