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2 articles avec bon mot

« Distance » ou « distanciation » ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

« Garder ses distances », « prendre ses distances », tous les Français comprennent ces expressions.

En revanche, qui connaît le véritable sens de « Distanciation[1] » ? Moins de 5 % de la population.

 

Parlons juste

Vous dites aux Français « garder une distance de 2 mètres », ils comprennent. Si vous voulez mettre le doute, vous utilisez un mot que personne ne connaît.

Ce terme « distanciation » - jeté partout dans les échanges sur les mesures à prendre – n’a qu’un sens figuré qui nous vient du théâtre. Rien de concret.

 

Notre langue est si riche

Nous disposons de mots simples qui évoquent spontanément une situation, une réalité ; mais ce serait trop limpide de les utiliser ! Il faut épater la galerie, il faut se distinguer ! Et on s’embourbe dans des expressions que chacun comprend à sa façon ; on envoie des signaux confus.

  • Donnez des recommandations ambiguës, vous obtiendrez des résultats du même acabit.

 

Expérience édifiante

Quand des clients me remettent des textes à corriger, j’en incite certains à participer pour les faire progresser. Je leur dis « Simplifiez vos phrases, supprimer les mots inutiles à la compréhension, utilisez les mots simples qui évoquent spontanément une image ou une action. »

Juste avec cette recommandation, certains parviennent à rendre leurs textes plus compréhensibles en peu de temps.

 

  • Si seulement nos politiques et tous ceux qui relaient leurs propos pouvaient simplement utiliser les mots du dictionnaire pour communiquer, nous gagnerions en compréhension. Comment peut-on échanger, faire circuler de l’information si nous n’employons pas des mots de notoriété publique ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Écrivons ensemble votre histoire de vie.

 

« Ne faites jamais un bon mot qui puisse vous faire perdre un ami, à moins que le mot ne soit meilleur que l’ami. »

 

[1] Technique théâtrale, prônée par le dramaturge allemand Bertolt Brecht, où l’acteur s’efforce de jouer comme à distance de son personnage, afin que le spectateur donne priorité au message social ou politique que l’auteur a voulu délivrer.

 

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Les horreurs sémantiques de la pandémie

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Sur les plateaux de télévision ou sur les ondes radiophoniques, de nombreux invités viennent commenter les mesures prises pour lutter contre la pandémie du COVID-19.

Nous assistons à l’emploi de mots dans une acception totalement décalée.

 

Il est bon, je crois, de rappeler la définition des mots « Quarantaine » et « Quatorzaine ».

Que nous dit l’Académie ?

 

La quarantaine :

Quarantaine d’observation ou, simplement, quarantaine, isolement imposé par les autorités sanitaires aux occupants et aux marchandises d’un navire arrivant d’une zone d’épidémie.

La mise en quarantaine, à bord du bateau ou dans un lazaret, durait à l’origine quarante jours. Lever la quarantaine. Pavillon de quarantaine, pavillon jaune, hissé autrefois pour signaler que le navire ne pouvait communiquer avec l’extérieur, et qui indique aujourd’hui que les conditions sanitaires à bord sont bonnes.

Par extension. Mise à l’écart temporaire d’une personne, d’un animal, d’une marchandise ou d’un véhicule présentant pour le pays qui les accueille un danger d’ordre sanitaire.

Dans le mot « quarantaine », il faut retenir qu’il n’y a plus cette notion de 40 jours ; c’est le sens de mise à l’écart qui est maintenant retenu.

 

La quatorzaine :

T. de Pratique ancienne. L’espace de quatorze jours qui s’observait de l’une à l’autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.

La quatorzaine n’a jamais été un terme médical.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Le langage sert de support à la pensée. Mais la dégradation du français courant devient un handicap dans les échanges sociétaux. L’utilisation de mots dont l’auteur imagine la définition crée des situations ubuesques : des journalistes, des politiques - des médecins en ce moment -, lancent de nouveaux termes dont seul l’auteur connaît la signification. Comme ces vocables n’ont pas de définition – puisqu’ils n’existent pas – les « auditeurs » les interprètent chacun à leur façon. Il serait temps de se reprendre.

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