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exploitation

L’écrivain public face aux demandes « insolites »

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Allô, vous pouvez venir me voir ?

C’est pour quoi ?

J’peux pas vous dire.

Mercredi, à 9 h 30, ça vous irait ?

Non, il faut venir à 7 h 00.

Pourquoi si tôt ?

Parce que les patrons ne sont pas levés.

Je réfléchis : Je ne dois pas être vu. Pourquoi une telle peur de l’employeur ? Serais-je un danger, celui à qui l’on révèle une situation à cacher.

D’accord pour 7 h 00.

Vous passerez par l’arrière, j’ouvrirai le portillon du jardin. J’attendrai à la porte de la remise. Ne frappez pas.

Qu’est-ce qui peut bien m’attendre à ce rendez-vous pour le moins étrange ? Et si je tombe nez à nez avec le patron !

Le jour convenu, je stationne ma voiture à bonne distance. Ne pas éveiller les soupçons du patron. Le petit portillon en fer est entrouvert, il ne grince pas. Le jour n’est pas encore levé ; où est l’entrée de la remise ? J’aperçois une silhouette dans l’entrebâillement d’une porte. Je m’approche, il place son index devant sa bouche. Compris : « Ne pas parler ». Nous traversons une pièce encombrée d’objets et de meubles hors d’usage, puis un grand salon légèrement éclairé par une grande baie vitrée de la couleur d’un vitrail ; on se croirait dans une chapelle. Je heurte une petite table basse. Pas de bruit, pas de casse. Ouf ! Je n’ai réveillé personne. Il se retourne, l’index toujours en travers des lèvres « Silence ! » L’homme m’invite à presser le pas. Un escalier étroit : les marches vont-elles craquer ? Non. Arrivée sous les toits. Nous n’avons encore échangé aucun mot.

« Entrez ! » Petite pièce sous les toits. L’odeur ne trompe pas. Ici, ils cuisinent et prennent leurs repas. Je parle au pluriel car une femme est arrivée. « Apporte un café. » Effacée et apeurée, elle m’apporte la tasse fumante. À cette heure matinale, la pièce dégage une odeur de renfermé. Je manque un peu d’air. Je sors mon cahier, prêt à noter les doléances dans ce lieu étouffant. Mon client parle doucement ; ne pas réveiller les patrons.

Je vous ai fait venir tôt ; ils dorment encore à cette heure. Ils ne doivent pas vous voir.

Mais pourquoi m’avez-vous appelé ?

Avec ma femme, nous devons nous occuper d’eux le jour et la nuit. Le mari est malade et la femme est méchante.

Comment êtes-vous arrivés ici ?

Je vous expliquerai.

Ils nous terrorisent ; c’est atroce ; il faut travailler à toute heure. Nous nous épuisons.

Esclavage moderne. Mais que puis-je accomplir pour eux ?

Comment êtes-vous arrivés jusqu’à moi ?

Au cabinet médical, on m’a donné votre nom ; ils ont dit que vous pouviez nous aider.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Durant des mois, je tenterai d’améliorer leur sort. Une famille bourgeoise avait fait venir ces esclaves modernes de l’hémisphère sud. Dénoncer de telles pratiques ? Grande question. J’ai rassemblé les cas les plus atypiques de mon activité dans un manuscrit.

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Travailler seulement pour la retraite ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Déjà, quelle est l’origine du mot « travail » ? C’esttripalium, instrument formé de trois pieux, sorte de chevalet qui servait à immobiliser les grands animaux ; puis on le trouva commode pour torturer. Le mot a vite acquis le sens de souffrance, que TRAVAIL conserve lorsqu’il s’agit de l’accouchement.

 

Travail = souffrance ?

Travailleuses, travailleurs, (!!!) vous êtes nombreux à associer le travail à la contrainte, à la privation de libertés, à l’usure. Coluche lançait : « le travail, c’est bien une maladie puisqu’on a inventé la médecine du travail. » Certes, pour beaucoup, le travail constitue une servitude. En revanche, d’aucuns prennent du plaisir dans l’exercice de leur activité. Ce privilège serait plutôt réservé à des professionnels créateurs, plus nombreux dans les catégories aisées.

 

L’idée négative du travail obère le quotidien

La simple idée d’être exploitée en allant travailler pour un patron met l’employé en situation défavorable. L’incompréhension née à travers des conflits successifs aiguise le sentiment d’exploitation justifié ou non. La femme ou l’homme qui travaille juste pour apporter de l’argent au foyer, pour faire bouillir la marmite - avec l’idée que le patron n’est pas assez généreux - ne peut pas s’épanouir.

 

Travailler pour toucher la retraite, un but motivant ?

Est-ce que quitter la vie professionnelle est une fin en soi ?

Les gens motivés par leur travail n’ont pas envie de le quitter. La rupture avec le monde actif se révèle parfois catastrophique. Dans un monde idéal, il serait profitable à chaque salarié de réduire son activité un peu plus chaque année quand le corps fatigue ; et que la retraite prenne petit à petit le pas sur le salaire. On pourrait envisager que sur une période de 10 ans on passe progressivement de 100 % salaire à 100 % retraite. J’ai bien dit dans un monde idéal ! Mais pourquoi pas l’imaginer ?

 

Actifs jusqu’à la mort

Les artistes, écrivains, journalistes de renom n’envisagent pas la retraite comme les salariés en usine. Leur travail, c’est toute leur vie. L’arrêter ? Ils n’y pensent pas. C’est le privilège des riches, diront certains. Pas toujours. 

 

Retraite : se retirer de la vie active.

Ne plus être actif, moi-même, je ne me fais pas à cette idée. L’inactivité, c’est synonyme de glissement vers un monde obscur. Le contact, l’échange, la réflexion, la recherche de solutions, c’est le sens de ma vie.

Le mot « retraite » est associé – dans notre langue - à « abri », « asile », « refuge ». Pour cette raison, il peut faire peur. 

 

Je souhaite néanmoins une belle retraite à ceux qui l’ont méritée après de longues années éprouvantes.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr – www.cd-lmdp.fr

 

Quelques bons mots sur la retraite :

« Après avoir filé droit, voici venu le temps de tourner en rond. »

« Pour certains la mise à la retraite est plus cruelle que la mort d'un être cher. »

« Pour la femme, retraite signifie deux fois moins d'argent et deux fois plus de mari. »

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