Création d’entreprise" />
Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

plaisir

Pour la fête de la lecture : « Propos sur l’éducation » Alain

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

En cette journée de la fête de la lecture, je n’ai pas résisté à l’envie de vous faire partager un passage du « Propos sur l’éducation d’Alain. Sur la méthode de lecture, il est remarquable.

Savoir lire, ce n'est pas seulement connaître les lettres et faire sonner les assemblages de lettres. C'est aller vite, c'est explorer d'un coup d’œil la phrase entière ; c'est reconnaître les mots à leur gréement, comme le matelot reconnaît les navires. C'est négliger ce qui va de soi, et sauter à la difficulté principale, comme font si bien ceux qui savent lire la musique.

Or, cette allure vive, qui n'est pas sans risques, mais où l'on trouve le plaisir de deviner, n'est pas celle de l'écolier qui a le nez sur son livre, et qui suit du doigt une syllabe après l’autre. A ce pénible travail d'épeler, l'attention s'endort. Il faudrait lire vite ; mais on tomberait dans le bredouillement. Il existe des méthodes ingénieuses qui ont pour fin de faire reconnaître les lettres ; mais la difficulté n’est point à reconnaître les lettres. Je ne crois pas qu'on ait cherché quelque méthode qui éveille l'esprit d'ensemble et qui délivre d’épeler.

 

Les mieux doués y viennent tout seuls ; il y faudrait amener les autres, qui souvent, je le parie, sont retardés par un scrupule, par une défiance à l'égard d'eux-mêmes ; ils lisent comme on bêche ; une motte de terre après l'autre, et tout l’esprit est au tranchant de la pelle. Or, je suis assuré que le courageux garçon qui arrache ainsi une syllabe après l'autre peut défricher toute la Bible sans faire aucun progrès. Le pas du métier est toujours lent ; il ne vaut rien ici.

Pas à pas on va loin ; mais quand on lit, !'important n'est pas d'arriver au bout de la ligne ; il faut y courir d'abord et revenir. La vertu qui travaille n’est pas la même que celle qui lit.

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp

 

Allez nombreux dans les bibliothèques lire et faire lire.

Partager cet article
Repost0

Conjuguer plaisir et apprentissage

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Certains verbes nous donnent du fil à retordre. Amusons-nous à les conjuguer, juste pour le plaisir :

 

J’acquiers chaque jour un peu plus de savoir en lisant.

J’acquérais des connaissances avec mon instituteur génial.

J’acquerrai encore plus de savoir quand j’aurai le temps de lire davantage.

J’acquerrais plus de compétences si je pouvais aller à la bibliothèque tous les jours.

 

Je vaincs mes peurs de l’orthographe en lisant.

Je vainquais déjà cette appréhension quand mon instituteur me donnait des « ficelles » pour retenir les règles de français.

Je vaincrai d’autres peurs dans ma vie.

Je vaincrais des armées entières avec de la confiance.

 

Ce bambou croît à vue d’œil.

La menthe croissait rapidement au soleil.

L’eucalyptus croîtra mieux une fois planté en bord de mer.

Le papyrus croîtrait mieux en milieu semi-aquatique.

 

Nous résolvons ce jour un problème important.

Nous résolvions l’année passée des questions cruciales.

Nous en résoudrons encore dans les prochains jours.

Nous en résoudrions davantage si nous savions négocier.

 

Nous teignons chaque jour des étoffes en rouge vif.

Nous teignions autrefois avec de la terre.

Nous teindrons demain avec de nouveaux produits.

Nous teindrions mieux si nous avions de meilleurs tissus.

 

L’eau bout dans la casserole.

Elle bouillait déjà bien sur ma gazinière.

Elle bouillira encore mieux sur ma nouvelle plaque.

Elle bouillirait plus vite avec l’induction.

 

Je m’assois sur un tabouret.

Je m’assoyais souvent sur une chaise.

Je m’assoirai plus souvent avec l’âge.

Je m’assoirais bien sur ce beau fauteuil en cuir.

 

À vous d’essayer à la 3e personne du pluriel, à la 2e personne du singulier. Comme il vous plaît. La langue est un jeu magnifique. Avec l’habitude, nous y prenons du plaisir.

 

« Le verbe aimer est difficile à conjuguer : son passé n’est pas simple, son présent n’est qu’indicatif, et son futur est toujours conditionnel. » Jean Cocteau

 

Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr/

 

L’estime de soi ne se conjugue pas au conditionnel.

Partager cet article
Repost0