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solitude

Une pensée pour ceux qui décrochent

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

En cette période, j’ai une pensée particulière pour les personnes que j’ai accompagnées durant toutes ces années.

 

Victimes

  • d’isolement
  • d’une rupture sociale
  • de la fracture numérique
  • d’un besoin pressant de communiquer ou d’écrire…, elles avaient toutes cette petite lumière qui semblait s’allumer dans l’œil quand j’arrivais. Quelle meilleure récompense que de voir une étincelle dans une obscurité qui se fait de plus en plus pressante ?

Je prends encore beaucoup de plaisir à en rencontrer certains parce que le monde ne fait pas de cadeaux à ceux qui décrochent.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Je pense aussi à celles et ceux qui ont fait appel à moi pour l’écriture et/ou l’édition de leur livre.

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Itinérances de Nicolas PARES

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Perdre un enfant de 38 ans, quelle douleur !

Retrouver de tels écrits, quel choc !

 

Nicolas a quitté ce monde le 23 février 2015 à l’âge de 38 ans. Josiane et Georges - ses parents - durent réaliser un tri de ses affaires ; tâche ô combien difficile. C’est lors de cette entreprise qu’ils retrouvèrent ses écrits.

Quelle surprise lorsqu'ils découvrirent tous ces textes  d’une telle profondeur.

 

De nombreuses questions hantaient leur esprit : pour quelles raisons leur fils éprouvait-il le besoin de rédiger des textes aussi forts et aussi sombres ?

Ses blessures n’apparaissaient pas toutes au grand jour, sans doute écrire l’apaisait-il.

 

Sa sœur Johanna a ressenti les mêmes interrogations à la lecture des poèmes de son frère. S’interroger sans trouver de réponse, que c’est lourd à porter.

À 38 ans - elle aussi -, Johanna sera emportée par un autre mal, le cancer ; elle rejoindra son frère le 15 novembre 2019.

 

Tristes et étranges destins que ceux des enfants de Josiane et de Georges.

 

 

Un ami universitaire de Nicolas s’exprime :

 

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil. » Ce vers de René Char définit sans doute le mieux Nicolas. Ses poèmes révèlent une âme meurtrie, qui trouve dans des poèmes aux accents baudelairiens un écho à un spleen profond, mais dénotent aussi, souvent, un recul critique vis-à-vis du monde - recul porteur de sens, voire d’ironie. En ce sens, c’est à un propre questionnement de nous-mêmes, ses proches, que ces écrits nous invitent.

 

Les blessures de Nicolas étaient secrètes. Solitaire de tempérament, il fuyait le monde, qui l’effrayait et le fascinait tout en même temps, comme le montrent certains textes. Mais n’est-ce pas à notre propre solitude qu’il nous renvoyait ?

 

Ces poèmes sont en fait une porte ouverte. Ils parlent d’amour avant tout, et l’amour y est triste, car déçu. Peut-être est-ce comme cela que les choses se passent, après tout.

 

Il fallait publier les textes de Nicolas

Ses mots expriment le mal-être au sein de notre société. Il couchait sur le papier un vocable qu’il n’osait exprimer de vive voix.

À travers sa poésie, surgissent des moments de sa vie, souvent sombres, parfois heureux, mais toujours lucides.

 

Ce recueil le fait revivre en lui rendant hommage.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Tout ce qui n’est pas pour l’éternité n’est que vanité. » Saint François de Sales

 

Ouvrage en cours d'enregistrement à la BNF et sur le réseau des libraires. Possibilité de le commander en laissant un commentaire au bas de cet article.

Format : 21 X 15 ; 94 pages.

ISBN : 978-2-9546558-6-4 ; 13,00 €

 

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Le journal des Raisins de la colère

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

John Steinbeck a tenu un journal - publié sous le titre « Jours de travail » - quand il écrivait « Les Raisins de la colère ». On le suit ainsi chaque jour dans l’épreuve de l’écriture, dans sa solitude, dans ses difficultés matérielles et psychologiques.

 

Quelques extraits :

« Je vais me mettre au travail et essayer d’oublier tous les soucis. Je deviens dingue si je ne suis pas protégé de tous les trucs extérieurs. »

 

« L’échec de la volonté, ne serait-ce qu’un jour, a un effet dévastateur sur l’ensemble, bien plus important que la simple perte de temps et le décompte des mots. »

 

« Je dois prendre mon temps dans la description, le détail, les allures, les vêtements, les gestes. »

 

« Quand ce livre sera terminé, une bonne part de ma vie s’achèvera avec lui. »

 

« Les semaines défilent, mais elles ne semblent pas me rapprocher d’un quelconque dénouement. Elles le font, bien sûr, simplement elles n’en donnent pas l’impression. »

 

« Les week-ends, j’ai toujours le sentiment de perdre mon temps… Je dois éviter toute influence extérieure. »

 

Steinbeck a commencé l’écriture de l’ouvrage en mai 1938 ; il dit : « tout ce qui se passe dans le monde et je suis assis ici à écrire. »

 

« J’aimerais pouvoir m’enfuir loin de tout pour écrire mon livre. »

 

« Chaque livre semble être le combat de toute une vie. Et puis quand c’est fait… Pouf. Comme si ça n’avait jamais existé. Le mieux, c’est de poser les mots jour après jour. »

 

« Mais je continue à pisser mes 2 000 mots par jour. »

 

« Le 2 septembre 1938 : Carol tape le manuscrit et le livre commence à me paraître réel. Elle a aussi trouvé le titre hier soir, « Les Raisins de la colère ». Je pense que c’est un titre merveilleux. »

 

« J’ai tellement voulu qu’il soit bon. S’il ne l’est pas, je crains que je sois fichu à bien des égards. »

 

« Je suis toujours confronté à ce problème de changement de temps, mais ça va s’aplanir. »

 

« Ça va être difficile de passer à la deuxième version. Et je pense que je vais devoir faire une autre version sans fautes. »

 

« Avec tant de choses qui m’attendent, je n’arrive pas à en finir une seule. Ce sera bien quand je me serai concentré sur une. »

 

« … ce n’aurait pas beaucoup d’importance. Cela briserait ce foutu souci de la postérité dont mes contemporains m’ont lesté. »

 

« Bien entendu, la difficulté principale tient au fait que, entre les livres, je me ramollis dans la discipline littéraire et intellectuelle, de telle sorte qu’à chaque commencement, je dois lutter avec des muscles ramollis dans la tête et dans la technique. Naturellement, je suis terrifié. »

 

« Je dois poser mes mots chaque jour, qu’ils soient bons ou non. »

 

Du 31 mai au 26 octobre 1938, John Steinbeck s’est contraint à écrire ce journal. Ce qu’il relate sur ces cinq mois de travail d’écrivain nous apporte une lumière intéressante sur la solitude et le doute des plus grands auteurs.

Le succès du roman ne l’apaise pas. Les controverses et les menaces le tourmentent.

 

Est-ce le lot de tous les écrivains que de douter ainsi ? Pour une majorité, oui.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

https://www.cd-lmdp.fr/ - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

Pour écrire vos pages de vie ensemble.

 

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