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6 articles avec ecriture

Le journal des Raisins de la colère

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

John Steinbeck a tenu un journal - publié sous le titre « Jours de travail » - quand il écrivait « Les Raisins de la colère ». On le suit ainsi chaque jour dans l’épreuve de l’écriture, dans sa solitude, dans ses difficultés matérielles et psychologiques.

 

Quelques extraits :

« Je vais me mettre au travail et essayer d’oublier tous les soucis. Je deviens dingue si je ne suis pas protégé de tous les trucs extérieurs. »

 

« L’échec de la volonté, ne serait-ce qu’un jour, a un effet dévastateur sur l’ensemble, bien plus important que la simple perte de temps et le décompte des mots. »

 

« Je dois prendre mon temps dans la description, le détail, les allures, les vêtements, les gestes. »

 

« Quand ce livre sera terminé, une bonne part de ma vie s’achèvera avec lui. »

 

« Les semaines défilent, mais elles ne semblent pas me rapprocher d’un quelconque dénouement. Elles le font, bien sûr, simplement elles n’en donnent pas l’impression. »

 

« Les week-ends, j’ai toujours le sentiment de perdre mon temps… Je dois éviter toute influence extérieure. »

 

Steinbeck a commencé l’écriture de l’ouvrage en mai 1938 ; il dit : « tout ce qui se passe dans le monde et je suis assis ici à écrire. »

 

« J’aimerais pouvoir m’enfuir loin de tout pour écrire mon livre. »

 

« Chaque livre semble être le combat de toute une vie. Et puis quand c’est fait… Pouf. Comme si ça n’avait jamais existé. Le mieux, c’est de poser les mots jour après jour. »

 

« Mais je continue à pisser mes 2 000 mots par jour. »

 

« Le 2 septembre 1938 : Carol tape le manuscrit et le livre commence à me paraître réel. Elle a aussi trouvé le titre hier soir, « Les Raisins de la colère ». Je pense que c’est un titre merveilleux. »

 

« J’ai tellement voulu qu’il soit bon. S’il ne l’est pas, je crains que je sois fichu à bien des égards. »

 

« Je suis toujours confronté à ce problème de changement de temps, mais ça va s’aplanir. »

 

« Ça va être difficile de passer à la deuxième version. Et je pense que je vais devoir faire une autre version sans fautes. »

 

« Avec tant de choses qui m’attendent, je n’arrive pas à en finir une seule. Ce sera bien quand je me serai concentré sur une. »

 

« … ce n’aurait pas beaucoup d’importance. Cela briserait ce foutu souci de la postérité dont mes contemporains m’ont lesté. »

 

« Bien entendu, la difficulté principale tient au fait que, entre les livres, je me ramollis dans la discipline littéraire et intellectuelle, de telle sorte qu’à chaque commencement, je dois lutter avec des muscles ramollis dans la tête et dans la technique. Naturellement, je suis terrifié. »

 

« Je dois poser mes mots chaque jour, qu’ils soient bons ou non. »

 

Du 31 mai au 26 octobre 1938, John Steinbeck s’est contraint à écrire ce journal. Ce qu’il relate sur ces cinq mois de travail d’écrivain nous apporte une lumière intéressante sur la solitude et le doute des plus grands auteurs.

Le succès du roman ne l’apaise pas. Les controverses et les menaces le tourmentent.

 

Est-ce le lot de tous les écrivains que de douter ainsi ? Pour une majorité, oui.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

https://www.cd-lmdp.fr/ - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

Pour écrire vos pages de vie ensemble.

 

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Va-t-on enfin soigner ce handicap en progression chez les jeunes ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Il est sournois, on ne veut pas l’évoquer, il est pourtant à l’origine de situations désastreuses.

handicap invisible écriture lecture
Jeune handicapée

 

« Handicap : Désavantage, infériorité qu’on doit supporter. »

Telle est la définition du dictionnaire. Les populations, les collectivités se préoccupent de plus en plus de l’accès des personnes handicapées à des structures jusque-là inaccessibles à elles. C’est heureux, il faut continuer dans cette voie.

 

Quand on vous parle de personnes handicapées, quelle image avez-vous de ces femmes et de ces hommes ? Vous voyez un citoyen en fauteuil roulant, un autre amputé d’un membre… Le mot « handicap » est majoritairement associé à une déficience physique, il faut bien le reconnaître.

 

Ces handicaps invisibles

Or, des handicaps autrement plus pénalisants condamnent nombre de nos concitoyens à une vie en retrait.

Dans mon métier, je rencontre nombre de personnes

  • Incapables de lire un texte simple et d’en retirer l’idée générale,
  • Incapables de répondre à un courrier ordinaire,
  • Incapables d’analyser un document administratif,
  • Incapables de constituer un dossier pour se défendre,
  • Incapables de comprendre une consigne affichée dans l’entreprise,
  • Incapables de décrypter un programme politique,
  • Incapables de gérer un budget,
  • Incapables d’écrire un CV ou une lettre de motivation
  • Incapables de décrypter les informations dans les médias.

 

La liste est longue pour certains de nos compatriotes. Ces personnes ne devraient-elles pas être déclarées handicapées ? Elles le sont bien plus qu’un amputé du bras capable – lui

  • De gérer un budget,
  • De lire des documents,
  • De comprendre des informations,
  • De répondre à un assureur, à une administration,
  • De s’adonner à la lecture pour le plaisir et les bienfaits de l’exercice.

 

Quand je suis face à ces gens dépourvus de la capacité à gérer le quotidien, j’éprouve un sentiment amer. Pourquoi un nombre croissant de jeunes a-t-il tant de difficultés à comprendre un texte simple ? Notre système ne parvient pas à les former. Quel que soit le domaine d’activité, il faut pouvoir maîtriser la langue et savoir effectuer des opérations mathématiques faciles.

On ne demande pas à chaque Français d’être Victor Hugo ! Mais le savoir de base est indispensable pour gérer ses propres affaires et travailler.

Sans cette capacité à lire et à écrire, c’est l’exclusion assurée.

 

Quels sont les profils des chômeurs et des détenus ?

  • Un chômeur sur deux n’a pas le bac. Un bac qui n’a d’ailleurs plus grande valeur. Le nombre de bacheliers qui rencontrent des difficultés en lecture et en écriture s’accroît. Le savoir protège mieux du chômage, c’est un constat récurant.
  • Les détenus, pour moitié, n’ont aucun diplôme ; 80 % ne dépassent pas le niveau CAP. Près d’un tiers des personnes incarcérées échoue au bilan de lecture.

De la nécessité d’apprendre

Toutes les études le démontrent, l’incapacité à lire et à écrire constitue un handicap au sens fort du terme. Malheureusement, nos élèves éprouvent de plus en plus de difficultés face à la lecture et à l’écriture. Resteront-ils à la porte des entreprises ? Seront-ils de piètres gestionnaires menant leur famille à la faillite ?

apprentissage jeunesse handicap
jeune vers ???

Le chantier à mettre en œuvre est urgent. Mobilisons toutes les forces vives pour inverser la tendance et donner des atouts à l’ensemble de notre jeunesse.

 

Christian Dechartres – écrivain public –http://cd-lmdp.over-blog.fr

Christian Dechartres écrivain public
Christian Dechartres

 

« Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ».

 

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De la lisibilité d’un texte : orthotypographie, ponctuation...

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

L’orthotypographie consiste en une disposition harmonieuse du texte qui vise à une meilleure lisibilité. À cet effet, il doit s’établir un rapport équilibré entre le fond et la forme.

 

Nous apprenons très tôt qu’une phrase commence par une majuscule et se termine par un point. Le terme majusculenous vient du latin majusculus, « un peu plus grand ». Visuellement, notre œil perçoit le début et la fin d’une phrase grâce à ces caractères qui nous sont familiers.

 

Vient ensuite la ponctuation.

Telle que nous la connaissons, elle apparaît au XVIe siècle dans le but d’aider à la lecture orale. Au XVIIIe siècle, Nicolas Beauzée définit la ponctuation comme « l’art d’indiquer par des signes reçus la proportion des pauses qu’on doit faire en parlant ». Tout est dit ; nous avons besoin de respirations en lisant.

 

Les signes de ponctuation s’accompagnent d’espaces.

Les espaces sont fines ou fortes, sécables ou non sécables. À noter que dans cette acception, espace est du genre féminin. Avant le point-virgule, il faut une espace fine insécable. Après le point-virgule, une espace forte sécable. Avant la virgule, pas d’espace ; après, une espace forte sécable. Vous voyez la différence de « respiration » entre la virgule et le point-virgule. Une espace forte correspond à l’intervalle entre deux mots.

 

La ponctuation sert à la compréhension du texte et à la fluidité de la lecture.

 

Notre œil repère également les accords.

L’adjectif apposé, au féminin pluriel, nous donne une indication sur le nom qu’il qualifie ; nous le repérons plus aisément grâce à cet accord.

Le participe passé - placé avant le verbe avoir - nous donne aussi une information pour la compréhension de la phrase. La vision globale de tous ces éléments du texte contribue à la compréhension des écrits que nous lisons.

 

Conclusion

Les rédacteurs qui ne respectent pas les règles perturbent le lecteur et alourdissent son travail de lecture.

 

Attention aux « simplifications » qui n’en seraient pas car elles mettraient en difficulté les scripteurs et les lecteurs les plus consciencieux.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Avant donc que d’écrire, apprenez à penser ». Nicolas Boileau.

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Espace : mot féminin

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Oui, en typographie, le mot « espace » est du genre féminin. On dit bien une espace.

 

L’espace désigne la petite tige métallique qui sert à espacer les mots ou les lettres à l’intérieur d’une ligne.

 

Une espace, dans la composition d’un texte peut être sécable, fine ou forte.

Entre deux mots, on doit insérer une espace forte.

Avant le point-virgule, il faut une espace fine ; derrière un point-virgule, une espace forte sécable. 

Entre l’ouvrant et le fermant des guillemets français, il faut des espaces fortes insécables.

Insécable : on ne doit pas couper la phrase à cet endroit précis sous peine de nuire à la fluidité de la lecture.

 

De la lisibilité

Les nombreuses règles de l’orthotypographie permettent à l’œil de capter le texte dans les meilleures conditions. Un texte bien composé améliore la vitesse de lecture et la compréhension de l’ensemble des phrases.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

 

« Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu’ils parlent très bien, écrivent mal. » BuffonDiscours sur le style.

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Portrait d’un homme sans éducation / observations critiques

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Vous trouverez ci-dessous un extrait d’un petit livre écrit en 1850.

Ce que je trouve intéressant, c’est l’évolution de la formulation dans la correspondance. Les scripteurs usaient de formules avec déférence. Formules qui nous apparaissent maintenant par trop flatteuses.

Mais n’oublions pas que bien écrire est signe de respect ; l’époque importe peu.

 

Je vous laisse découvrir les conseils de bonne manière formulés en 1850 :

 

« Écrivez-vous à un égal, comme un collègue, un confrère, un camarade de régiment avec le­quel toutefois vous ne soyez pas familier, vousmettrez: monsieur et cher collègue, ou monsieur et honorable collègue, monsieur et cher cama­rade. Vous supprimez monsieur, s'il intimité entre vous.

Aujourd'hui c'est à votre parrain que vous écrivez, ce doit donc être dans une forme tout à la fois respectueuse et affectueuse ; vous direz donc monsieur et cher parrain.

Vous commencez ensuite le corps de la lettre deux lignes au-dessous du mot monsieur, et d'autant plus bas que l'on veut marquer plus de considération. Si vous vous adressiez au contraire à un inférieur, vous mettriez monsieur dans le corps de la lettre même, soit en tête de la ligne, soit dans le milieu de la phrase. Le ton de fami­liarité permet d'en user encore ainsi quand on écrit à un ami.

Un homme qui écrit à une femme, même d'un rang inférieur au sien, mais qui a reçu quelque éducation, doit toujours le faire dans une forme respectueuse. S'il agissait autrement, il donnerait de son caractère et de son éducation une opinion très-défavorable.

Votre style laisse peu à désirer; mais votre première phrase n'est pas convenable. Privé du plaisir de vous aller remercier, etc. Ce n'est pas àun homme de soixante ans, qu'un écolier de vingt peut parler du plaisir de l'aller voir: c'est ce que vous diriez à un camarade. Ensuite je m'aperçois que vous avez écrit plusieurs mots en abrégé, et entre autres le mot vous, ce même mot, précisément, que, pour faire plus d'honneur à ceux auxquels ils l'adressaient, nos écrivains les plus illustres mettaient jadis en capitales. Sans faire comme eux, vous devez sentir que le mot vous, en abrégé, est impoli; et, quant aux abréviations en général, elles sont proscrites du style épistolaire. Elles ne sont admises que dans la correspondance des marchands entre eux. Le mot vous doit être suivi de monsieur ou de ma­dame,à moins qu'il ne soit répété très-souvent.

Observez que lorsque vous parlez, dans une lettre, d'un tiers, vous pouvez écrire monsieurun tel, en abrégé, M.mais vous devez écrire le mot de monsieur ou madame en entier s'il s'ap­plique au père, à la mère, à la femme, à la sœur ou à un proche parent de celui auquel vous écrivez.

Vous avez, du reste, terminé votre lettre très convenablement : Recevez, Monsieur et cher parrain, l'assurance des sentiments de respect et de reconnaissance avec lesquels j'ai l'hon­neur d'être, etc.

Lorsqu'on s'adresse à son égal, une autre for­mule doit être employée, et c'est celle-ci: j’ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très humble et très-obéissant serviteur. Si on écrit à un ami, on lui renouvelle l'assurance de son amitié et l'on est son dévoué. À une femme, on offre ses hom­mages respectueux, ou on est avec respect, le plus profond respect, son très-humble serviteur.

Aujourd'hui les formules se terminant par votre très humble et très obéissant serviteur sont souvent remplacées vis-à-vis d'un égal par recevezou veuillez agréer, Monsieur, l'as­surance de ma considération distinguée; ou, si c'est un supérieur, de ma respectueuse consi­dération. Si c'est une femme, agréez, Madame, mes hommages les plus respectueuxou l'as­surance de mes sentiments les plus respectueux.

Cc style est adopté dans les correspondances administratives,

Au reste cette formule, je suis avec considé­ration, semble peu convenablesous la plume d'un jeune homme. Je ne la trouverais flatteuse qu'autant que celui qui s'en servirait pourrait être regardé comme un bon juge du mérite; la considérationd'un jeune étourdi me paraît de peu de valeur.

Je vous engage à ne pas faire vos compliments empressés; cette phrase n'a pas le sens commun. Recevez mes salutations est une formule leste, qui convient peu, si ce n'est vis-à-vis d'un infé­rieur.

Si vous écrivezà un subalterne, que ce soit encore avec politesse ou civilité ; elle est due sous plusieurs formes à tout le monde. Quelque grand personnage que l'on soit, l'on ne doit molester personne. On gagne tant d'ailleurs à se montrer honnête vis-à-vis dechacun, qu'il n'y a qu'un sot qui préfère paraître hautain et méprisant. »

 

On note, bien évidemment, le décalage notable avec les formulations en vigueur en 2018. Mais le voyage 160 ans en arrière nous rappelle certaines manières hélas oubliées.

 

Kant disait : « L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui ». 

 

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Pour écrire avec respect

 

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Avec les mots épicènes, pas d’écriture inclusive

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Ce sont des mots qui ne varient pas, qu’ils désignent des hommes ou des femmes. Leur forme ne change pas dans leur orthographe au masculin comme au féminin.

En conséquence, ils ne sont pas touchés par le bidouillage, le tripatouillage de cette écriture inclusive qui nous hérisse les poils.

 

Citons quelques épicènes :

- Ministre

- Fonctionnaire

- Diplomate

- Guide

- Cadre

- Dactylo

- Adulte

- Artiste

- Camarade

- Concierge

- Élève

- Émule

- Enfant

- Journaliste

- Secrétaire…

 

Certains mots sont considérés comme épicènes en raison de leur féminisation à effet cocasse. Essayez d’efféminer : « matelot », « médecin », « marin » ; l’effet serait pour le moins étrange, voire risible.

 

Halte à l’écriture inclusive

 

Avec les mots épicènes, pas besoin d’ajouter ces horribles points suivis de « trices » et compagnie : (sénateur.trice.s).

Le recours aux parenthèses, points ou autres traits d'union gêne la lisibilité. A bien y regarder, le masculin figure toujours en première place avec cette écriture que l’on veut nous imposer sous prétexte de défendre la féminité. Vous imaginez la lecture d’un roman en écriture inclusive ? Rien de tel pour éloigner encore un peu plus les jeunes de la lecture.

 

Pas besoin de cette écriture pour respecter les femmes

 

Il n’est pas besoin d’utiliser une graphie inclusive pour respecter le sexe féminin. Tout comme faire le bien autour de soi n’est pas réservé aux gens qui prient un dieu quelconque.

 

Une féminité épanouie et respectée ne passe ni par une méthode d’écriture ni par une religion.

 

Christian Dechartres – écrivain public

www.cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La raison est ce qui effraie le plus chez un fou. » Anatole France

 

 

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