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3 articles avec pouvoir

« Les jours d’après » de Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, un titre ambivalent et prémonitoire

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

À l’heure où nous évoquons quotidiennement les jours d’après, ce livre nous plonge dans la vie des femmes et hommes politiques après leur passage au sommet de l’État.

 

4e de couverture : « Toute vie consacrée à l’action publique se trouve bouleversée par un moment douloureux : celui où tout s’arrête. […] Le défaut des hommes et des femmes politiques, y compris chez les grands fauves, est peut-être de ne pas savoir, et souvent de ne pas vouloir se préparer à ce jour où le pouvoir les quittera. Mais, au fond, n’en est-il pas ainsi de toute histoire d’amour ? »

 

Quelques extraits :

 

Espérance

Charles de Gaulle veut se souvenir des paroles de Georges Bernanos : La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté.

 

Rencontre improbable

Chirac, en 68, était allé retrouver Henri Krasucki (CGT) dans une petite chambre de Pigalle secrètement armé d’un revolver et accompagné à distance par deux officier de sécurité.

 

Pompidou de Chaban-Delmas

« Il m’embête avec sa nouvelle société, j’ai déjà suffisamment de mal avec l’ancienne. »

 

Giscard après son face-à-face avec Mitterrand en 1974 :

« J’ai pu mesurer son incontestable talent, et j’ai vu qu’il avait l’envergure et les moyens d’être président de la République […]. Je n’ai pas réussi à marquer de point décisif. »

 

Mitterrand – d’Ormesson

Cette dernière séquence présidentielle commence par un étrange rendez-vous. Mitterrand a convié Jean d’Ormesson pour un petit-déjeuner personnel, politique et littéraire. C’est l’écrivain qui est là, beaucoup plus que l’éditorialiste du Figaro, peu suspect de complaisance avec celui qui le reçoit deux heures avant d’accueillir son successeur.

 

Chirac vs VGE

En 1981, Chirac a joué volontairement les apprentis sorciers. Nombre d’électeurs chiraquiens ont voté Mitterrand au second tour, encouragés par une violente campagne du RPR contre le Président sortant.

 

Chirac et les Juifs

Le grand rabbin Korsia relatait une confidence de Chirac : « Quand les catholiques arrivent, ils construisent une église. Les juifs, pour leur part, arrivent et construisent une école […]. En effet, à leurs yeux, la transmission est essentielle. »

 

Simone Veil

Siège de l’ONU, 29 janvier 2007, elle témoigne : « Plus encore que les coups, les chiens qui nous harcelaient, l’épuisement, le froid et le sommeil, ce sont les humiliations destinées à nous priver de toute dignité humaine qui, aujourd’hui encore, demeurent le pire dans nos mémoires. »

 

Ce livre nous entraîne avec ces « fauves » qui, un jour, voient leur vie basculer. Peut-on redevenir un homme ou une femme ordinaire après un passage au sommet du pouvoir ?

  • J’ai eu la chance de partager une après-midi de dédicaces aux côtés de Patrice Duhamel. Nous avons échangé sur le journalisme et l’histoire contemporaine – (il s’est rendu à l’Élysée quelques centaines de fois) ; je tiens à souligner que l’homme est d’une simplicité et d’une bienveillance que je n’ai pas toujours ressenties aux côtés d’autres auteurs.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. » Nelson Mandela

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Pourquoi tant de couacs et d’incompréhension ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Il faut bien avouer que l’analyse de l’information à l’heure d’Internet est désastreuse. C’est inquiétant pour l’avenir de notre pays.

Couacs dialogue gouverner GiletsJaunes pouvoir
Couac

 

L’info 50 ans en arrière

En 68, nous écoutions la radio, nous prenions ce qu’elle voulait bien nous donner. Le lendemain, dans le journal, nous lisions les articles relatant les sujets évoqués la veille sur les ondes.

Nous avions le temps de « digérer » l’information. Je me souviens des échanges avec mon père, avec des élèves ; nous poursuivions la discussion sur les points de discorde.

 

L’info tue l’info

Aujourd’hui, des Français se gavent - à saturation - de chaînes d’informations en continu.

Sur leur portable, ils reçoivent des infos, des pseudo-infos, des fausses informations, des insultes, des incitations à la violence. Des propos anarchiques circulent. Les réseaux se transforment en défouloir pour des anonymes.

On voit des gens déboussolés relayer les pires bêtises, les incitations au saccage, les fausses nouvelles. C’est désolant. C’est surtout très grave pour notre démocratie.

 

L’apprentissage du pouvoir

Dans cette tourmente, le gouvernement se rend coupable de couacs qui affaiblissent la crédibilité de l’exécutif. L’info va trop vite alors qu’il faut du temps pour prendre les bonnes décisions, le temps de l’analyse.

Les gilets jaunes critiquent le gouvernement, réclament de l’argent, veulent gouverner tous ensemble. Mais la désignation de leaders reste dans l’impasse.

Mais que constate-t-on au fil des semaines ? Les couacs se multiplient au sein des groupes de gilets jaunes. D’aucuns seraient prêts au dialogue, cette attitude leur vaut la vindicte d’opposants dans leurs propres rangs.

Un gilet jaune évoquait la pression qu’il avait sur lui pour expliquer les couacs. Serait-ce l’apprentissage du pouvoir ? À lire à ce sujet : http://cd-lmdp.over-blog.fr/2018/12/la-revolution-une-utopie.html

  • Des politiques font croire que le peuple peut gouverner, décider du sort des Français. Cette méthode est condamnable, elle mène les citoyens les plus naïfs dans le mur. « La foule trahit le peuple ».

 

Manifester, ce n’est pas gouverner

Critiquer, réclamer plus d’argent, défiler, brandir des pancartes, c’est à la portée de tous. Mais se mettre autour d’une table pour confronter des idées, présenter des solutions économiques et politiques, c’est un autre travail. On constate que l’exercice attire peu de candidats. Et oui, il faut des notions d’économies, de gestion et préparer ses dossiers… Quand on traite les gouvernants d’incapable, il faut montrer que l’on est soi-même en capacité d’apporter des solutions.

 

Comment vivre sans dialoguer ?

Chaque jour, nous devons chercher à comprendre, dialoguer, prendre les bonnes informations pour avancer dans nos réflexions. Depuis des années, je partage des moments avec des écrivains, des journalistes, parfois un grand reporter pour apprendre de leur travail. Je rencontre – pour leur venir en aide – des Français en grande difficulté avec notre langue. Ce handicap condamne à la marginalité. C’est par un travail de formation, d’écoute, de partage que nous progresserons.

 

Que tous les Français fassent valoir leurs revendications, oui. Mais autour d’une table ; le temps de construire est maintenant venu.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

https://dicocitations.lemonde.fr/citation_auteur_ajout/93878.php

 

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La révolution, une utopie ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Dans le contexte actuel, il faut lire – ou relire - La Ferme des animaux de George Orwell.

Manifestations casse révolution Orwell pouvoir utopie
Contre le Président

 

Comment l’auteur de 1984 en est-il arrivé à l’écriture de La Ferme des animaux ?

Dans les années trente, il se méfie du point de vue intellectuel dominant. Il fait l’expérience directe des problèmes sociaux aux côtés des marginaux et chômeurs à Londres et Paris.

Il découvre dans le même temps que le stalinisme usurpe le visage du socialisme.

 

Orwell veut dénoncer l’idéologie chaque fois qu’il en a l’occasion.

C’est dans cette motivation que La Ferme des animaux trouve ses origines. Il a l’idée de composer une histoire sous la forme d’une fable dans laquelle les protagonistes sont des animaux dans une ferme.

Les bêtes y sont pourvues du don de la parole et d’une personnalité. Ils ont en commun une vie d’exploitation et de misère. Mais ils sont solidaires avec des traits de caractère grossis comme le veut la fable.

 

L’enthousiasme révolutionnaire les gagne.

Mais il faut s’instruire et s’organiser. Ils apprennent à décrypter la propagande et la langue de bois. Vont-ils se soulever ?

Alors qu’ils voudraient tous prendre le pouvoir, il faut désigner un chef. C’est le prix de la révolte. Pour lancer l’offensive et prendre le pouvoir, il faut désigner des leaders alors qu’ils voulaient tous gouverner.

 

L’utopie révolutionnaire crée l’enthousiasme, mais brouille la clairvoyance des individus.

La belle unité s’effrite quand les divergences de points de vue apparaissent inévitablement.

 

Les idéaux révolutionnaires de nos animaux sont mis à mal. La révolution est-elle une utopie ?

 

Lisez – si ce n’est pas déjà fait – La Ferme des animaux.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

J’invite nombre de manifestants à lire cet ouvrage de George Orwell. La transposition des événements et personnages historiques est parfaitement réussie. Le concept de la lutte des classes apparaît sous une forme ludique très édifiante.

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