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« 1984 » de George Orwell, à (re)lire absolument - suite

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

« Il arrive un moment où une majorité de citoyens ne comprend plus les enjeux politiques. C’est à ce moment-là que l’on peut leur faire accepter les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissent plus entièrement l’énormité de ce qui leur est demandé.

Comme ils n’étaient pas suffisamment intéressés par les événements publics pour remarquer ce qui se passait, ils avalent simplement tout et ce qu’ils avalent ne leur fait pas mal. »

C’est l'un des constats de George Orwell à travers les épisodes de sa dystopie « 1984 » écrite juste après la Seconde Guerre mondiale.

Extraits :

Pauvreté, ignorance

Si tous, en effet, jouissait de la même façon de loisirs et de sécurité, la grande masse d’êtres humains qui est normalement abrutie par la pauvreté pourrait s’instruire et apprendre à réfléchir par elle-même, elle s’apercevait alors tôt ou tard que la minorité privilégiée n’a aucune raison d’être et la balaierait. En résumé une société hiérarchisée n’était possible que sur la base de la pauvreté et de l’ignorance.

 

Du statut social

Un état général de pénurie accroît en effet l’importance des petits privilèges et magnifie la distinction entre un groupe et un autre.

 

Vie privée

Avec le développement de la télévision et le perfectionnement technique qui rendirent possible, sur le même instrument, la réception et la transmission simultanée, ce fut la fin de la vie privée.

 

Oppression et révolte

Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées. Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’éléments de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées.

 

Éviter de faire comprendre

Il inclut le pouvoir de ne pas saisir les analogies, de ne pas percevoir les erreurs de logique, de ne pas comprendre les arguments les plus simples, s’ils sont contre l’Angosc.

 

Le pouvoir, les moyens employés

Les nazis germains et les communistes russes se rapprochent beaucoup de nous par leurs méthodes, mais ils n’eurent jamais le courage de reconnaître leurs propres motifs. Ils prétendaient, peut-être même le croyaient-ils, ne s’être emparés du pouvoir qu’à contrecœur, et seulement pour une durée limitée, et que, passé le point critique, il y aurait tout de suite un paradis où les hommes seraient libres et égaux.

« Nous ne sommes pas ainsi. Nous savons que jamais personne ne s’empare du pouvoir avec l’intention d’y renoncer. Le pouvoir n’est pas un moyen il est une fin. On n’établit pas une dictature pour sauvegarder une révolution. On fait une révolution pour établir une dictature. La persécution a pour objet la persécution. La tortue abroger la torture. Le pouvoir a pour objet le pouvoir. »

 

Le pouvoir sur l’homme

Comment un homme s’assure-t-il de son pouvoir sur un autre, Winston ?

Winston réfléchi :

– En le faisant souffrir, répond-il.

– Exactement. En le faisant souffrir. L’obéissance ne suffit pas. Comment, s’il ne souffre pas, peut-on être certain qu’il obéit, non ça volonté, mais à la vôtre ? Le pouvoir est d’infliger des souffrances et des humiliations. Le pouvoir est de déchirer l’esprit en morceaux que l’on rassemble ensuite sous de nouvelles formes que l’on a choisies. Commencez-vous à voir quelle sorte de monde nous créons ?

 

L’humain malléable

Vous imaginez qu’il y a quelque chose qui s’appelle la nature humaine qui sera outragé parce que nous faisons et se retournera contre nous. Mais nous créons la nature humaine. L’homme est infiniment malléable.

 

Diminuer le champ de la pensée

En dehors du désir de supprimer les mots dont le sens n’était pas orthodoxes, l’appauvrissement du vocabulaire était considéré comme une fin en soi et on ne laissait subsister aucun mot dont on pouvait se passer. Le novlangue était destiné, non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but.

 

Restreindre le vocabulaire

Chaque réduction du vocabulaire était un gain puisque, moins le choix est étendu, moindre est la tentation de réfléchir.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

“Chaque génération se croit plus intelligente que la précédente et plus sage que la suivante.”

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« 1984 » de George Orwell, à (re)lire absolument

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

George Orwell était persuadé que les régimes totalitaires s’immisçaient au cœur de la pensée, prenaient possession de l’esprit de chacun et n’hésitaient pas - pour arriver à leurs fins - à battre en brèche la vérité des faits.

Force est de constater que les méthodes évoquées dans l’ouvrage ont une résonance toute particulière dans le monde actuel.

 

Extraits :

 

L’histoire tout entière était un palimpseste gratté et réécrit aussi souvent que c’était nécessaire.

 

Une force ignorée

Mais les prolétaires n’auraient pas besoin de conspirer, si seulement ils pouvaient, d’une façon ou d’une autre, prendre conscience de leur propre force.

 

Manipulation

En causant avec elle, Winston se rendit compte à quel point il était facile de présenter l’apparence de l’orthodoxie sans avoir la moindre notion de ce que signifiait l’orthodoxie. Dans un sens, c’est sur les gens incapables de la comprendre que la vision du monde qu’avait le parti s’imposait avec le plus de succès. On pouvait leur faire accepter les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissaient jamais entièrement l’énormité de ce qui leur était demandé et n’étaient pas suffisamment intéressés par les événements publics pour remarquer ce qui se passait. Par manque de compréhension, il restait sains. Ils avalaient simplement tout, et ce qu’ils avalaient ne leur faisait aucun mal, car cela ne laissait en eux aucun résidu, exactement comme un grain de blé, qui passe dans le corps d’un oiseau sans être digéré.

 

L’ignorance c’est la force :

Au cours des époques historiques, et probablement depuis la fin de l’âge néolithique, il y a eu dans le monde trois classes : la classe supérieure, la classe moyenne, la classe inférieure. Elles ont été subdivisées de beaucoup de façons, elles ont porté d’innombrables noms différents, la proportion du nombre d’individus que comportait chacune, aussi bien que leur attitude les unes vis-à-vis des autres ont varié d’âge en âge. Mais la structure essentielle de la société n’a jamais varié. Même après d’énormes poussées et des changements apparemment irrévocables, la même structure s’est toujours rétablie, exactement comme un gyroscope reprend toujours son équilibre, aussi loin que l’on pousse d’un côté ou de l’autre. Les buts de ces trois groupes sont absolument inconciliables.

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

 

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Faire avaler des énormités, de plus en plus facile

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Il faut relire ce passage de 1984 ; Orwell écrit une scène dans laquelle des gens peuvent avaler et cautionner des théories monstrueuses développées par un parti politique.

 

« En causant avec elle, Winston se rendit compte à quel point il était facile de présenter l’apparence de l’orthodoxie sans avoir la moindre notion de ce que signifiait l’orthodoxie.

Dans un sens, c’est sur les gens incapables de la comprendre que la vision du monde qu’avait le parti s’imposait avec le plus de succès.

On pouvait leur faire accepter les violations les plus flagrantes de la réalité parce qu’ils ne saisissaient jamais entièrement l’énormité de ce qui leur était demandé et n’étaient pas suffisamment intéressés par les événements publics pour remarquer ce qui se passait.

Par manque de compréhension, ils restaient sains. Ils avalaient simplement tout, et ce qu’ils avalaient ne leur faisait aucun mal, car cela ne laissait en eux aucun résidu, exactement comme un grain de blé, qui passe dans le corps d’un oiseau sans être digéré. »

 

Observons - en 2020 - autour de nous nos concitoyens qui font preuve de xénophobie, de rejet des gens différents. Étudions comment ils cautionnent des propos abjects.

C’est fou comme de nombreux passages de la dystopie de George Orwell résonnent dans notre société de 2020.

 

http://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/01/orwell-prevoyait-deja-nos-comportements-dans-sa-dystopie-1984.html

 

Plus les Français sont incapables de comprendre le monde, plus ils croient en des théories extrêmes. L’appauvrissement de notre langue et la baisse de niveau en français contribuent à ce processus dangereux pour notre démocratie.

Il nous faut rester vigilants et faire preuve de pédagogie en toutes circonstances. Menons une chasse sans merci aux fake news (fausses informations) et aux deepfakes (truquages de vidéos).

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Sans le mensonge, la vérité périrait de désespoir et d’ennui. » Anatole France

 

 

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Orwell prévoyait déjà nos comportements dans sa dystopie 1984

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

La pensée politique développée dans « le livre de Goldstein », élément essentiel de 1984 donne à réfléchir 80 ans plus tard :

 

La société est divisée en trois classes (dirigeante, moyenne, prolétaire). Les révolutions sont bien le moteur de l’histoire, mais elles ne font que substituer aux classes dirigeantes les classes moyennes, et le prolétariat finit toujours écrasé.

Les sociétés ne pourraient sortir de ce cycle infernal qu’en apportant un confort à peu près égal aux hommes de toutes les classes. Mais les hommes ne sont pas naturellement disposés à être égaux. Les options prises par les uns se font au détriment des plus fragiles.

Les gens liés par le même sort devraient – naturellement – s’entraider. Mais c’est oublier l’instinct prédateur de l’Homme.

 

Le texte écrit par Orwell se transpose admirablement dans la société actuelle. Ce qu’il avait imaginé n’a pas pris une ride.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Ceux qui veulent confisquer la liberté ont tendance à mal écrire ou à mal parler, à user de clichés trompeurs ou d’expressions opacifiantes. », le discours réducteur selon George Orwell.

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La révolution, une utopie ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Dans le contexte actuel, il faut lire – ou relire - La Ferme des animaux de George Orwell.

Manifestations casse révolution Orwell pouvoir utopie
Contre le Président

 

Comment l’auteur de 1984 en est-il arrivé à l’écriture de La Ferme des animaux ?

Dans les années trente, il se méfie du point de vue intellectuel dominant. Il fait l’expérience directe des problèmes sociaux aux côtés des marginaux et chômeurs à Londres et Paris.

Il découvre dans le même temps que le stalinisme usurpe le visage du socialisme.

 

Orwell veut dénoncer l’idéologie chaque fois qu’il en a l’occasion.

C’est dans cette motivation que La Ferme des animaux trouve ses origines. Il a l’idée de composer une histoire sous la forme d’une fable dans laquelle les protagonistes sont des animaux dans une ferme.

Les bêtes y sont pourvues du don de la parole et d’une personnalité. Ils ont en commun une vie d’exploitation et de misère. Mais ils sont solidaires avec des traits de caractère grossis comme le veut la fable.

 

L’enthousiasme révolutionnaire les gagne.

Mais il faut s’instruire et s’organiser. Ils apprennent à décrypter la propagande et la langue de bois. Vont-ils se soulever ?

Alors qu’ils voudraient tous prendre le pouvoir, il faut désigner un chef. C’est le prix de la révolte. Pour lancer l’offensive et prendre le pouvoir, il faut désigner des leaders alors qu’ils voulaient tous gouverner.

 

L’utopie révolutionnaire crée l’enthousiasme, mais brouille la clairvoyance des individus.

La belle unité s’effrite quand les divergences de points de vue apparaissent inévitablement.

 

Les idéaux révolutionnaires de nos animaux sont mis à mal. La révolution est-elle une utopie ?

 

Lisez – si ce n’est pas déjà fait – La Ferme des animaux.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

J’invite nombre de manifestants à lire cet ouvrage de George Orwell. La transposition des événements et personnages historiques est parfaitement réussie. Le concept de la lutte des classes apparaît sous une forme ludique très édifiante.

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Sondeurs, les Nostradamus de la politique...

Publié le par Dechartres

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Sondeurs, les Nostradamus de la politique

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Sondez partout où il le faut
Médecins et infirmières apprennent à poser la sonde à l’endroit précis où est elle est efficace.
Vous, sondeurs, apprenez à sonder intelligemment sous peine d’erreurs répétées. Les exemples à votre tableau de chasse ne manquent pas.
Allez dans les bistrots des villages, vous y apprendrez beaucoup. Le mécontentement s’y révèle au grand jour.
Donner le résultat avant l’élection ?
Quand vous racontez la fin du film, les spectateurs ne se déplacent pas. Cessez donc de publier le verdict d’une élection avant qu’elle n’ait lieu.
À vouloir donner le résultat avant un vote, vous découragez des électeurs admiratifs devant vos prévisions. Tel Nostradamus qui nous a prévu la fin du monde à plusieurs reprises, vous faussez le scrutin avec vos méthodes. On en voit les conséquences ces dernières années.
Une méthodologie à revoir
Lorsque je travaillais pour un institut de sondage dans les années soixante-dix, nous allions dans les coins les plus reculés afin de répondre aux critères des quotas.
De nombreux sondages sont maintenant réalisés sur le Net. Comment les habitants non connectés – une frange encore non négligeable – sont-ils sollicités pour exprimer leur opinion ? Comment pratique-t-on les sondages auprès des populations les plus démunies, les plus écartées du champ social ? On y rencontre nombre de mécontents du système politique. En tient-on compte dans les sondages ?
Les politiques font notre malheur.
Ils réclament moult enquêtes d’opinions pour adapter leur changement de discours. Les pourcentages d’opinion constituent leur drogue quotidienne bien qu’ils affirment le contraire à chaque entretien.
Sondeurs, cessez votre matraquage
Laissez les citoyens se forger leur opinion, incitez-les à voter. Donnez-leur envie de s’informer auprès de médias sérieux et professionnels. Pour cela, ne leur donnez pas le résultat d’une élection que vous pensez déjà acquise à Pierre, Paul, Jacques ou Donald.
Christian Dechartres – écrivain public – www.cd-lmdp.fr - http://cd-lmdp.over-blog.fr/
Pour un monde raisonnable
Pour une société informée
Pour sortir de ce monde orwellien.

 

 

 

 

 

 

 

 

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George Orwel, Boualem Sansal voix de la sagesse ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Après les échanges avec Boualem Sansal – auteur de « 2084, la fin du monde » - à Tours, j’ai éprouvé le besoin de me replonger dans les écrits de George Orwell. Le livre « 1984 » de l’écrivain journaliste anglais a inspiré Boualem Sansal pour l’écriture de son dernier roman. 2084 constitue une suite de 1984 ; Big Brother nous regarde plus que jamais. Une langue vidée de son sens pour empêcher les critiques est toujours d’actualité. Cependant, Boualem Sansal nous laisse une lueur d’espoir après la lecture de son ouvrage primé par la critique.

En épigraphe du 2084, Boualem Sansal écrit : « La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n’est plus fort qu’elle pour faire détester l’homme et haïr l’humanité ».

Revenons à George Orwell et méditons ses maximes :

  • Temps et douleur : « On dit que le temps apaise toute douleur, on dit que tout peut s’oublier, mais les sourires et les pleurs, par-delà les années, tordent encore les fibres de mon cœur. »
  • Liberté : « Parler de liberté n’a de sens qu’à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre. »
  • Politique : « Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que vent. »
  • Vérité : « Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
  • Ignorance : « La dictature s’épanouit sur le terreau de l’ignorance. »
  • Intelligence : « Peut-être que, au moment critique, les gens ordinaires se montreront plus intelligents que les malins - en tout cas je l’espère. »
  • Intérêt : « L’Homme ne connaît pas d’autres intérêts que les siens. »

L’hypocrisie nous mène à la catastrophe ; ouvrons les yeux avec ces auteurs courageux. Ils nous éclairent sur ce monde en pleine mutation sociale et religieuse.

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://www.cd-lmdp.fr - 06 11 48 77 63

Observateur du monde déboussolé

Pour trouver un meilleur chemin.

Publié dans Sansal, Orwell, 1984, 2084, réligions

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