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Fraudeurs, exilés fiscaux, l’hôpital est malade

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

J’espère que vous captez bien mon message ; je sais que sur un yacht, au large d’Hawaï, on n’a pas le meilleur réseau.

 

Savez-vous qu’en Métropole le COVID-19 fait des milliers de morts. Le personnel soignant, dans les hôpitaux en galère, se tue au travail. Oui, on compte des morts parmi les infirmières et les médecins. On disait notre hôpital malade ; c’est criant de vérité. Pas de masques, pas de blouses, pas assez de respirateurs…

Notre président répétait « nos hôpitaux nous coûtent trop cher. » Et il a raboté les moyens.

 

On dit du mal de vous

Des mauvaises langues disent que vous avez de bonnes relations avec le président de la République. D’aucuns affirment que la fraude fiscale représenterait plus de 100 milliards d’euros chaque année et qu’en plus vous auriez bénéficié de largesses d’Emmanuel Macron. Ce que les gens racontent quand même !

 

Un petit jeu

Je vous demande un petit effort d’imagination ; vous y êtes ?

  1. Vous vous représentez les contribuables français ces dernières années,
  2. Vous les voyez – tous - déclarer leurs revenus,
  3. Vous imaginez les impôts rentrer dans les caisses de l’État.
  4. Vous voyez 100 milliards de plus chaque année.
  5. Vous imaginez que la moitié a été consacrée à l’hôpital malade.
  6. Visualisez maintenant l’équipement et les conditions de travail des soignants.

 

Alors ?

Ça ne vous donne pas envie de déclarer vos revenus comme tous les Français de condition ordinaire ? Eux n’ont pas les moyens - que vous avez - de planquer du fric dans les paradis fiscaux.

 

Ah, vous allez faire un don ; un gros don, me dites-vous.

C’est vrai que c’est plus spectaculaire que de déclarer ses revenus légalement et de payer des impôts. « Bettarpi a donné 50 millions pour tel édifice, pour faire fabriquer des masques… » Ça claque ! Les Français remarquent son nom à la une du journal – peut-être propriété de Bettarpi d’ailleurs – et applaudissent. Enfin… pas tous ; il y a des compatriotes qui n’avalent pas toutes les couleuvres. Heureusement, ça encombrerait encore les hôpitaux.

 

  • Oui, on vous l’a dit, l’hôpital a besoin de fonds. Et le financement des hôpitaux se réalise grâce aux impôts. Pas besoin de répéter ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quiconque s’est déshonoré par la fraude n’est plus digne de la société des honnêtes gens. » Saadi

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Masques et médicaments : outre le fiasco, une dépendance croissante

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Défaillance de l’État

Dans le cadre des restrictions budgétaires, les dotations de l’hôpital se sont réduites comme peau de chagrin. Nous voyons le personnel hospitalier travailler dans des conditions de désuétude indignes d’un pays comme la France. Les masques, les blouses, le matériel de première nécessité manquent cruellement.

« Pourquoi stocker des masques alors qu’il suffit de passer un coup de fil de l’autre côté de la planète et la livraison arrive ? »

Nous ne pouvons que constater la défaillance publique.

 

Si l’Inde ou la Chine éternuent…

Ces vingt dernières années, la part des médicaments fabriqués en France n’a cessé de chuter. C’est à peine plus de 20 % des produits remboursés par la Sécurité sociale qui sont désormais fabriqués sur notre territoire.

Selon plusieurs sources concordantes, c’est seulement 2 à 3 % des médicaments anticancéreux qui sont produits dans l’Hexagone.

 

Triste réalité

Certains évoquent les fleurons français de l’industrie pharmaceutique. Derrière ces déclarations, se cache une réalité bien sombre. En termes d’activité et d’emploi, notre industrie pharmaceutique a rétrogradé encore plus vite que nos voisins européens.

 

Réaction impérative

Dans le contexte de la pandémie de Coronavirus, chacun comprendra que notre dépendance en matière de produits pharmaceutiques a de quoi inquiéter. Des médecins tirent la sonnette d’alarme. Pourrons-nous soigner encore longtemps sans craindre les ruptures de stocks ? Rien n’est moins sûr.

 

Une impuissance du gouvernement aux conséquences dramatiques

La pénurie de masques et l’incapacité du gouvernement à en faire fabriquer pour la population auront aggravé le bilan des victimes de façon tragique.

Les Français s’en souviendront longtemps.

Le port du masque, ajouté aux gestes barrière ne pouvait – et ne peut - que contribuer à ralentir la propagation du COVID-19 et limiter le nombre de victimes. Aucun médecin honnête ne peut affirmer le contraire.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites au malheur des peuples. Au-delà de ces limites, c’est ou la mort, ou la fuite, ou la révolte. » Diderot

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« J’étais médecin à Diên-Biên-Phù » du médecin commandant Grauwin

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Les bonnes lectures du confinement

 

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-minh, la garnison française du camp retranché de Diên-Biên-Phù cessait le feu.

Placé au centre de cette hécatombe, le médecin commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame - qui constitue la dernière page de l’histoire de l’Indochine française - l’un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés.

Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s’enfonçant à la fin dans la boue jusqu’aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l’air au nom aujourd’hui

légendaire, Geneviève de Galard[1], mille cinq cents fois Paul Grauwin s’est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l’antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible… et la défaite.

 

Quelques extraits :

 

Geneviève fournit un travail exceptionnel auprès du commandant chirurgien

Le soir, elle était allée chercher elle-même un brancard souillé et humide, l’avait ouvert et allongé à terre entre deux lits occupés par deux lieutenants blessés, Rollin et Deflinne et elle s’était endormie sereinement.

 

Opérer inlassablement sans moyens

Demain, encore une fois, je n’aurai plus de sérum. J’ai dû en donner à Hantz, à Vidal, à Patrice, à Rondy. Mes abdomens boiront alors que c’est interdit, il faut bien les réhydrater ; et ils vomiront, et ils gémiront. Phu m’appela : par l’incision réouverte d’une laparotomie, un ventre viendra encore d’expulser son contenu !

 

Sauver les estropiés avec l’énergie du désespoir

Sur la table d’opération, ligoté, gît le dernier opéré. Le sérum coule goutte à goutte. Il dort profondément, violemment éclairé par le scialytique, son artère fémorale a été touchée. Je sens le pied, il n’est pas froid. Il conservera sa jambe.

 

Comment supporter la mort avec une telle fréquence ?

Dans la couchette supérieure, geint le brûlé au phosphore. Il va mourir : l’intoxication a été trop forte ; les brûlures trop profondes. Par place, elles ressemblent à des morceaux d’anthracite incrustés dans la peau.

 

Donner de l’espoir…

Les blessés n’ont pas bougé. On dirait qu’ils nous attendent. Ils nous regardent ; la joie est dans leurs yeux.

 

Le médecin Grauwin[2] a écrit un récit remarquable sur l’enfer vécu juste avant la capitulation des Français.

En lisant cet ouvrage, on a une pensée pour le personnel soignant qui livre aujourd’hui un combat remarquable contre le COVID-19. Les conditions ne sont pas comparables à celles vécues par le commandant Grauwin, mais le manque de masques, de blouses, de matériel en temps de paix nous interpelle.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Il y a quelque chose de plus fort que l’intérêt, c’est le dévouement. »

François Gaston de Lévis ; Les maximes et pensées (1812)

 

[1] À sa demande, elle est affectée en Indochine à partir de mai 1953, au cœur de la guerre qui oppose les forces françaises à celles du Việt Minh.

Les troupes françaises de Ðiện Biên Phủ cessent le combat le 7 mai 1954 sur ordre du commandement militaire de Hanoï. Le Việt Minh autorise cependant Galard et le personnel médical à continuer les soins sur les blessés. Geneviève refusera toujours toute coopération, quand certains Việt Minh commencent à utiliser les médicaments pour leur propre usage, elle en cache dans sa civière.

 

[2] Prisonnier des Việt Minh à Diên-Biên-Phu, après les cinquante-sept jours d'enfer pendant lesquels son antenne médicale opéra nuit et jour, plus de quatre mille blessés, il sera encore un soutien inlassable pour ses camarades d'infortune en veillant à leur évacuation sur Hanoï.

 

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COV19, gestion à la française

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Quelle inconscience !

Alors que le virus se propageait dans l’Hexagone, des matches continuaient de se dérouler avec des milliers de spectateurs, des spectacles se déroulaient comme si les virus étaient bloqués à la porte des salles. Les Français se serraient la main et s’embrassaient joyeusement. Beaucoup se moquaient quand nous tentions de prendre quelque distance.

 

L’exode pour mieux contaminer

Face à l’augmentation dramatique des cas, le gouvernement prend enfin quelques mesures. Et scène surréaliste : des citadins se pressent dans les gares, se serrant les uns contre les autres. Ils partent en province au mépris des « gestes barrières » les plus élémentaires  pour eux, mais surtout pour les autres.

Arrivés dans les communes de leur choix, d’aucuns viennent frapper à la porte des médecins pour évoquer de la fièvre, de la toux. Il faudra prendre les cas les plus graves à l’hôpital le plus proche.

 

Sur les traces tragiques de l’Italie

Nombre de nos voisins transalpins se sont déplacés vers le sud pour fuir le foyer du Coronavirus. L’Italie est maintenant touchée sur tout le territoire. Les hôpitaux ne parviennent plus à contenir l’épidémie, des morts n’ont plus de sépultures. Tragique.

Ces Français dans les trains ont fait preuve de la même inconscience. Ils ont propagé le virus durant le voyage et dans les villes et villages qu’ils ont choisis pour leur villégiature de confort. Les services médicaux de ces régions se trouvent surchargés et bientôt débordés.

 

Laxisme dans la gestion

Pourquoi a-t-on laissé autant de latitude à des citoyens aussi dangereux ? C’est bien le mot. Ils propagent le virus. Ils affolent les compteurs de victimes.

On peut voir des Français se presser les uns contre les autres dans des magasins et des lieux publics. Comment leur faire comprendre que leur attitude est criminelle ?

Mettre en danger la vie d’autrui est un délit.[1]

 

Traiter la crise sanitaire

On nous rebat les oreilles avec un discours « Les masques, ce n’est pas utile. Les tests, ça ne l’est pas non plus. » Observons les Coréens, par exemple. Ils ont procédé à des tests et le port du masque systématique est une habitude sanitaire chez eux. N’ont-ils pas endigué l’épidémie mieux que nous ?

Une personne qui porte un masque ne postillonne pas ; elle limite l’ingestion des particules. Porter un masque et respecter les gestes barrières limite la propagation du COV19, qu’on ne me dise pas le contraire. Des scientifiques peuvent en apporter la preuve.

 

Conclusion

Les incivilités et la légèreté avec laquelle cette crise est gérée nous mènent à une catastrophe sanitaire sans précédent. Seule solution maintenant pour endiguer le désastre : confiner plus sérieusement.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Un citoyen ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile. »

« Le gouvernement a pour mission de faire que les bons citoyens soient tranquilles, que les mauvais ne le soient pas. »

 

[1] Art 223-1 du code pénal

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