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« Des hommes » de Laurent Mauvignier - 2009

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Ils furent appelés en Algérie pour mettre un terme aux « événements » - c’est ainsi que l’on nommait cette guerre. Beaucoup reviendront traumatisés par les actes qu’ils furent contraints de commettre.

 

Extraits :

 

Revenir à la vie civile : « Lui qu’on avait connu si grande gueule et hautain, c’était comme si un ressort avait été cassé à force d’avoir été trop tendu, trop remonté.. »

 

Après avoir vécu ça : « Le lieutenant arrache un bébé des bras d’une femme - au départ elle résiste, elle retient l’enfant, ses bras, ses mains accrochées au corps de l’enfant et le lieutenant qu’un soldat vient aider, repoussant la femme à coups de crosses dans le bras, dans les épaules, pour qu’elle lâche, qu’elle cède, et enfin elle cède et s’écroule et le lieutenant prend le bébé, il le soulève, le brandit par le cou, d’une seule main, les vieux et les femmes se redressent mais les soldats pointent les canons et le lieutenant lève les bras plus haut encore et on voit le bébé et les bras minuscules, les jambes minuscules qui s’agitent. »

 

Pourquoi ces méthodes ? : « Il se demande si une cause peut être juste et les moyens injustes. Comment c’est possible de crier que la terreur mènera vers plus de bien. »

 

Ancré dans la mémoire : « Et alors on verra des images et on sentira des odeurs et on aura des pensées qui s’imprimeront dans la mémoire aussi profondément que les lames des fells dans la chair des malheureux. »

 

L’horreur : « … des hommes ont fait ça, sans pitié, sans rien d’humain, des hommes ont tué à coups de hache, ils ont mutilé le père, les bras, ils ont arraché les bras, et ils ont ouvert le ventre de la mère et… »

 

Des hommes ? : « On était dans un entonnoir et ça allait tellement vite, c’est là qu’on a arrêté de parler des fells, là qu’on a dit bougnoules ou moricauds, tout le temps, parce que cette fois, pour nous autres, on avait décidé que c’était pas des hommes. »

 

De l’atrocité : « Nicole, tu sais, on pleure dans la nuit parce qu’un jour on est marqué à vie par des images tellement atroces qu’on ne sait pas se les dire à soi-même. »

 

Du départ de l’oppresseur : « Quand les Allemands ont quitté la France, ce bonheur, la liesse, le grand bonheur dont est capable la foule quand elle déborde d’elle-même, je me souviens de ça, l’émotion si folle, si belle, des Algériens. »

 

Tout laisser : « … en France on les verrait venir, les colons, ceux qui se dépêchaient de revendre une misère, avant de partir, des commerces qu’ils abandonnaient la rage au ventre, la mort dans l’âme, toute leur vie et les corps des ancêtres moisissant dans des cimetières qu’on ne verrait jamais plus et que les herbes vont ravager. »

 

Faire produire l’inimaginable : « On se souvient des harkis qu’on nous a obligés à faire descendre des camions qui partaient, et aussi les coups de crosse pour qu’ils ne montent pas dans les camions, leurs cris, la stupeur, l’incrédulité sur les visages, ils n’y croyaient pas, on n’y croyait pas non plus et pourtant on le faisait. »

 

« Je n’ai pas laissé autre chose que ma jeunesse là-bas. »

 

Espoir ? : « Ne plus entendre le bruit des canons ni les cris, ne plus savoir l’odeur d’un corps calciné ni l’odeur de la mort - je voudrais savoir si l’on peut commencer à vivre quand on sait que c’est trop tard. »

 

Laurent Mauvignier nous plonge dans l’univers de ces appelés envoyés dans ce déluge d’atrocités. Le retour de ces jeunes hommes s’est fait sans préparation. Ils vivront des cauchemars jusqu’à la fin de leurs jours. D’aucuns ne supporteront pas et mettront fin à leurs jours.

Livre poignant et instructif.

 

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr/ - https://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« La vérité ruine souvent nos illusions, mais nous ouvre toujours les yeux pour qui veut voir. » F. Ntasamara

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« La famille Martin » de David Foenkinos

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Jamais je n’ai eu autant l’impression de vivre une situation connue que dans ce roman. Aborder une personne pour raconter sa vie et sentir son histoire se compliquer plus que prévu, c’est exactement ce que je ressens - à des degrés divers - lorsque j’écris pour d’autres et que je plonge dans leur vie.

 

Extraits :

 

Raison - passion : « Elle ne voulait pas manquer de considération à l’égard de son mari, mais préférait dire la vérité : à l’époque, elle avait davantage écouté le souffle de la raison que celui de la passion. » Combien de lecteurs se reconnaîtront dans ce passage !

 

« … je vois bien qu’écrire est souvent un moyen de régler ses comptes. » Que oui.

 

De l’utilité des romans : « Je suis souvent surpris de constater à quel point les lecteurs se retrouvent dans les romans, y compris ceux dont les intrigues sont les plus dérangeantes. »

 

« En se persuadant que des choses extraordinaires peuvent advenir, il arrive qu’elles se réalisent. »

 

Du travail de l’écrivain public : « J’anticipais peut-être un moment qui adviendrait, celui où mes personnages n’allaient pas supporter ce que j’allais écrire d’eux. »

 

Du renoncement : « Tout est compliqué dans les relations humaines, si bien qu’on en arrive parfois à renoncer à son désir pour éviter d’éventuelles scènes de justification. »

 

De l’éducation : « Il y aurait sûrement beaucoup moins de crises pubertaires si l’on plongeait les humains dès leur plus jeune âge dans une réalité moins narcissique. »

 

De l’écoute : « Écouter les autres requiert une attention de tous les instants, et fatigue bien plus que de parler. » Vrai !

 

De la vieillesse : « C’est la mort de l’imprévu qui marque le véritable tournant d’une vie, l’entrée dans la vieillesse. »

 

L’écrivain : « C’est le seul métier où l’on peut brasser de l’air pendant des heures en prétextant être au cœur d’une entreprise colossale (chacun ses alibis). »

 

De l’utilité de l’écrivain : « Il faudrait plonger un écrivain dans tous les groupes qui ronronnent. À vrai dire, il me semblait plus juste de penser les choses un peu différemment. Oui, j’en étais persuadé maintenant : toute personne que l’on met dans un livre devient romanesque. »

 

L’immédiateté : « C’est finalement le paradoxe de notre époque : comme nous nous sommes habitués à avoir tout immédiatement (il n’existe plus le moindre délai entre l’envie et la concrétisation de cette envie), la grande entreprise moderne consiste à créer la frustration. »

 

« … je profitais bien plus de la vie si j’avais un roman en gestation. » Pour tous les écrivains ? Pas sûr.

 

J’ai pris un réel plaisir à me laisser embarquer dans cette histoire qui m’en a rappelé bien d’autres dans l’exercice du métier d’écrivain public. Nombre de lecteurs passeront un bon moment à la lecture de « La famille Martin ».

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - http://cd-lmdp.fr

 

En cours d’écriture, il ne faut pas se laisser distraire par d’autres histoires…

 

 

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« Vingt-quatre heures de la vie d’une femme » de Stefan Zweig

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

L’auteur - profondément marqué par la montée du nazisme dans sa vie - évoque dans ce court roman le récit d’une passion foudroyante. Moment rare où bascule le destin d’un être.

 

Extraits :

 

De l’impossibilité d’exprimer : « Puis il se passa quelque chose de si effrayant qu’il n’est pas possible de le raconter, parce que la nature violemment tendue, dans les moments de crise exceptionnelle, donne souvent à l’attitude de l’homme une expression tellement tragique que ni l’image, ni la parole ne peuvent la reproduire avec cette puissance de la foudre qui est en elle. »

 

Comment se défaire d’un souvenir : « Mais il ne se passe pas une journée, à peine une heure, sans que je pense à cet événement ; et vous pouvez en croire la vieille femme que je suis si je vous dis qu’il est intolérable de rester le regard fixé sa vie durant sur un seul point de son existence, sur un seul jour. »

 

Une puissance plus forte que la raison : « C’est simplement une puissance magique qui les entraîne, une volonté qui les pousse à se jeter à l’eau avant qu’ils aient le temps de réfléchir à la témérité insensée de leur entreprise ; et c’est exactement ainsi, sans aucune pensée, sans réflexion et tout inconsciemment qu’alors j’ai suivi ce malheureux de la salle de jeu à la sortie, et de la sortie jusqu’à la terrasse qui précède le Casino. »

 

De la valeur des choses : « le futur diplomate reçut de son père une somme d’argent égale à la mensualité qu’on lui faisait ; deux jours plus tôt cette somme lui aurait semblé énorme, mais maintenant, après la facilité de ce gain, elle lui parut insignifiante et mesquine. »

 

Vieillir a du bon : « vieillir n’est, au fond, pas autre chose que n’avoir plus peur de son passé. »

 

Parler, raconter, un soulagement : « Ç’a été un bonheur pour moi d’avoir pu vous raconter cela. Je suis maintenant soulagée et presque joyeuse… Je vous en remercie. »

 

Ce court roman recèle un concentré d’émotions. Stefan Zweig révèle au fil des pages ses qualités de conteur. Il passionne le lecteur.

 

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COVID acronyme

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 
 
 
 
 Voici un acronyme « COVID » qui résonne comme une prière d’enfant face à l’état de la planète :

 

Comme

On

Voudrait

Intervenir

Durablement !

 

Christian Dechartres - écrivain public - http://cd-lmdp.over-blog.fr - http://cd-lmdp.fr 

 

Pour avancer ensemble.

 

 

Comme OVoudrait Intervenir Durablement !

Publié dans COVID, acronyme, enfants, planète, avenir

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Les voleurs de beauté de Pascal Bruckner

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Si la beauté était un crime, il faudrait punir les êtres superbes de nous infliger le spectacle de leur perfection. 

 

Extraits :

  • Je désire être vieille pour ne plus avoir à faire des choix.                                                                   
  • J’attends le désastre avec une telle ponctualité que lorsque le bonheur arrive, je ne le remarque même pas.

 

  • Hélène, qui ne connaissait pas le sens du mot "besoin " – elle n’avait que des envies – avait du mal à concevoir le monde d’où je venais, un monde où il fallait travailler pour survivre, calculer sou à sou et qui était le monde commun à une majorité de mes compatriotes.

 

  • Mamie, on est à la fin du XXe siècle, les Allemands sont nos alliés. Il n’y a plus de guerre, réveille-toi !Égarée dans son labyrinthe, la vieille femme ne reconnaissait plus personne, confondait les noms et les époques, dialoguait au téléphone avec des amis décédés. Entre deux propositions, elle laissait retomber sa tête, inerte, comme assommé par ce qu’elle énonçait.

 

  • Un détail m’étonna dans son visage : la peau de ses paupières, abondante, s’accumulait au bord des cils, tel un store enroulé en haut d’une fenêtre. On se demandait si elle les descendait le soir pour dormir.

 

  • Tels ces espions capables de reconstituer un texte tapé rien qu’au bruit de la machine à écrire, il pouvait dresser le décor de toute une existence à partir de quelques indices.

 

  • Je demeurai inflexible : je ne permettrai pas que cette maison dégénère en république d’Onan.

 

  • J’ai saisi alors que la chair est limitée au contraire de la pensée. S’attacher à la première, c’est pactiser avec la routine, cultiver la seconde, c’est lui résister, transcender l’existence insignifiante.

 

  • La force d’un récit ne réside pas dans sa conformité aux faits mais dans les ruptures qu’il provoque, le dynamisme qu’il transmet.

 

Le texte de ce livre surprend, angoisse. Pascal Bruckner renoue - dans ce roman - avec l'écriture de la cruauté qu'il affectionnait dans Lunes de fiel.

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"De tout temps, la beauté a été ressentie par certains comme une secrète insulte." Claude Debussy

 

 

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Écrire ensemble, éditer, une passion

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

En cette fin d’année 2020, j’ai le plaisir d’éditer un livre pour enfants de Joëlle Soyer.

 

Après un roman autobiographique, c’est un virage « naturel ». Elle a vécu une enfance chaotique dans les foyers et les familles d’accueil (narrée dans Le Fruit de l’indifférence). https://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/02/le-fruit-de-l-indifference-quand-tout-se-derobe-autour-de-vous.html

 

Il allait de soi - pour elle - de s’adresser aux enfants avec l’histoire charmante de Yomeji le hérisson.

C’est ludique, pédagogique, illustré par Nicolas Boisbouvier.

Une belle idée en cette période un peu sombre.

À mettre sous le sapin sans hésitation.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

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« Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. » Martin Luther King

Écrire ensemble, éditer, une passion
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Laurent Gounelle : L’homme qui voulait être heureux

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

  • Un monde de possibilités nouvelles s'ouvre à nous. Si on se libérait de ce qui nous empêche d'être heureux. 

  • Voici quelques passages d'un livre qui donne à réfléchir sur la gestion de notre quotidien.

  • Quand on croit quelque chose sur soi, que ce soit en positif ou en négatif, on se comporte d’une manière qui reflète cette chose. On le démontre aux autres en permanence, et même si c’était à l’origine une création de l’esprit, cela devient la réalité pour les autres, puis pour soi.
  • Les êtres humains sont très attachés à tout ce qu’ils croient. Ils ne cherchent pas la vérité, ils veulent seulement une certaine forme d’équilibre, et ils arrivent à se bâtir un monde à peu près cohérent sur la base de leurs croyances. Cela les rassure, et ils s’y accrochent inconsciemment.
  • Ce que l’on croit de la réalité, du monde environnant, agit comme un filtre, comme une paire de lunettes sélective qui nous amène à surtout voir les détails allant dans le sens de ce que nous croyons… Si bien que cela renforce nos croyances. La boucle est bouclée.
  • Ce n’est pas en écoutant quelqu’un parler que l’on évolue. C’est en agissant et en vivant des expériences.
  • Apport psychologique du placebo : les patients croient qu’il s’agit d’un médicament et donc croient que cela va les guérir. On a administré à des malades un placebo présenté comme de la chimiothérapie et 33 % d’entre eux avaient intégralement perdu leurs cheveux.
  • Jésus : « Lisez vous-même », dit-il en me tendant la bible ouverte. Vous remarquerez qu’il ne dit pas : « Moi, Jésus tout-puissant, j’ai le pouvoir de vous guérir. » Non, il leur demande s’ils croient qu’il a ce pouvoir, puis il leur dit qu’ils obtiendront ce en quoi ils croient. C’est très différent.
  • Ce n’est pas le message qui peut vexer, mais la façon de le transmettre, de le formuler. Si on y met la forme, par exemple en remerciant l’autre pour son intention positive, on ne le vexe pas.
  • À propos de la vérité : – je n’ai pas fait ce qui était demandé. Je n’avais pas envie. – Cela fait quel effet de dire la vérité, tout simplement ? – je reconnais que c’est agréable, c’est une douce sensation.
  • Je suis convaincu que vous avez autant de chance que tout le monde, mais peut-être ne prêtez-vous pas attention aux opportunités qui s’offrent à vous.
  • Si vous ne savez pas répondre à la question « Comment puis-je concrètement réaliser ce projet ? », alors vous risquez de penser « Je ne suis pas capable de le réaliser », ce qui est une croyance limitante.   > > Il vous sera nécessaire de descendre davantage dans les détails, car, tant que vous gardez une image très globale de votre projet, vous le percevez comme une chose abstraite, donc irréalisable.
  • La plupart de nos peurs sont des créations de notre esprit.
  • Je voudrais que vous vous projetiez en pensée dans quelques mois, en imaginant que vous avez fini par acquérir toutes les compétences qui vous manquent à l’heure actuelle.
  • Quand on apprend à aller vers les autres pour leur demander ce dont on a besoin, c’est tout un univers qui s’offre à nous. La vie, c’est s’ouvrir aux autres, pas se refermer sur soi. Tout ce qui permet de se connecter aux autres est positif.
  • Si on aime les gens seulement quand ils se comportent selon nos idéaux, ce n’est pas de l’amour… C’est pour cela que vous n’avez rien à craindre de la part de ceux qui vous aiment. Même au sein d’une famille aimante, chacun doit vivre sa vie.
  • Ils désirent un appartement un peu plus grand ; ça leur suffira ! C’est là qu’ils se trompent : quel que soit le niveau matériel auquel on aspire, on désire plus dès qu’on l’atteint. C’est vraiment une course sans fin.
  • Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-mêmes et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres.
  • Vous disiez aussi qu’une vie est réussie quand on réalise des choses en harmonie avec qui l’on est. Vous découvrirez… Vous vous autorisez à choisir des actions qui sont en harmonie avec vous, qui respectent vos valeurs et expriment vos compétences, que vous devenez très précieux pour les autres. Les portes s’ouvrent alors d’elles-mêmes. Tout devient plus facile et l’on a plus besoin de lutter pour avancer.
  • Je m’étais mis à écouter les gens pour m’amuser à deviner leurs croyances, mais plus je les découvrais, plus j’étais triste de constater que les êtres humains n’étaient pas libres. Cette absence de liberté n’avait pas pour origine un terrible dictateur, mais seulement ce que chacun croyait sur lui, les autres et le monde.

Relire chaque jour des réflexions développées dans cet ouvrage peut nous aider à avancer.

Qu'est-ce que je veux vraiment faire de ma vie ? Comment la réussir ? Pourquoi en suis-je toujours là ? Et si j'avançais différemment...

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On est, on devient ce que l'on croit être.

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Anatole France – le livre de mon ami

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Ne serait-ce pas une autobiographie à peine déguisée de l'enfance de l'auteur?

Voici quelques extraits à lire et/ou à faire lire 

– Il est dans la nature humaine de penser sagement et d’agir d’une façon absurde.

– Vous fîtes bien, maman, de me parler ainsi ; vous fîtes bien de me révéler dès l’âge le plus tendre l’innocence des misérables. Votre parole était bonne ; c’est à moi à la garder présente dans la suite de ma vie.

– Je ne l’ai pas reçu, ce bateau. Mais je n’ai jamais eu besoin, même en bas âge, de posséder les choses pour en jouir, et le bateau de fées m’a occupé bien des heures. Je le voyais. Je le vois encore. Ce n’est plus un jouet. C’est un fantôme. Il coule en silence sur une mer brumeuse, et j’aperçois à son bord une femme immobile, les bras inertes, les yeux grands et vides.

– Ce n’est qu’avec le passé qu’on fait l’avenir.

– Par l’exemple d’un labeur intellectuel régulièrement accompli sans peine et sans inquiétude, il me donna dès l’enfance l’envie de travailler à m’instruire.

– Si on mettait à se cacher autant de soins qu’on en met d’ordinaire à se montrer, on éviterait bien des peines. J’en fis de bonne heure une première expérience.

– Rien ne vaut la rue pour faire comprendre à un enfant la machine sociale. Il faut qu’il ait vu, au matin, les laitières, les porteurs d’eau, les charbonniers ; il faut qu’il ait examiné les boutiques de l’épicier, du charcutier et du marchand de vin ; il faut qu’il ait vu passer les régiments, musique en tête ; il faut enfin qu’il ait humé l’air de la rue, pour sentir que la loi du travail est divine et qu’il faut que chacun fasse sa tâche en ce monde.

– L’école en plein vent m’enseigna, comme vous voyez, de hautes sciences. L’école domestique me fut plus profitable encore. Les repas en famille, si doux quand les carafes sont claires, la nappe blanche et les visages tranquilles, le dîner de chaque jour avec sa causerie familière, donnent à l’enfant le goût et l’intelligence des choses de la maison, des choses humbles et saintes de la vie. S’il a le bonheur d’avoir, comme moi, des parents intelligents et bons, les propos de table qu’il entend lui donnent un sens juste et le goût d’aimer.

– Ce que c’est que d’avoir de l’imagination !

– Faut-il donner de préférence aux enfants des livres écrits spécialement pour eux ? Pour répondre à cette question, l’expérience suffit. Il est remarquable que les enfants montrent, la plupart du temps, une extrême répugnance à lire les livres qui sont faits pour eux. Cette répugnance ne s’explique que trop bien. Ils sentent, dès les premières pages, que l’auteur s’est efforcé d’entrer dans leur sphère au lieu de les transporter dans la sienne, qu’ils ne trouveront pas, par conséquent, sur sa conduite, cette nouveauté, cet inconnu dont l’âme humaine a soif à tout âge. Ils sont déjà possédés, ces petits, de la curiosité qui fait les savants et les poètes. Ils veulent qu’on leur révèle l’univers, le mystique univers. L’auteur qui les replie sur eux-mêmes et les retient dans la contemplation de leurs propres enfantillages les ennuis cruellement.

– Le plus beau livre du monde n’a pas de sens pour un enfant, si les idées sont exprimées d’une façon abstraite.

– Toutes les idées nous viennent par les sens, et l’imagination consiste, non pas à créer, mais à assembler des idées.

– À cette question, elle regarde son petit garçon comme on regarde la pendule pour voir l’heure.

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Barack Obama - discours

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Le 44e président des États-Unis a marqué l’histoire de la première puissance mondiale. Ses discours sont restés dans bien des mémoires.

 

Extraits :

 

À l’investiture - 21 janvier 2009 :

« En ce jour, nous sommes réunis parce que nous avons préféré l’espoir à la crainte, l’union au conflit et la dissension. »

« Nous sommes tous égaux, nous sommes tous libres et nous avons tous droit à la quête du bonheur. »

 

À ces dirigeants qui cherchent le conflit : « sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, non pas sur ce que vous détruisez. »

 

Le discours au monde musulman - 4 juin 2009 :

« Certains sont désireux d’attiser les flammes de la division et de faire obstacle au progrès. »

« Il est plus facile de voir nos différences que nos points communs. »

 

À la jeunesse européenne - 26 mars 2014 :

« La grandeur nationale doit découler non pas de ce que défend un peuple, mais de ce à quoi il s’oppose. »

« Les Européens, des centaines de millions de citoyens - à l’est, à l’ouest, au nord, au sud - sont plus en sécurité et plus prospères parce que nous sommes restés unis pour défendre les idéaux que nous partageons. »

« Nous ne devons jamais tenir pour acquis les progrès qui ont été remportés ici en Europe et promus dans le monde entier, car la bataille des idées se poursuit pour votre génération. »

 

À la commémoration de la marche de Selma - 7 mars 2015 :

« Nous sommes des conteurs, des écrivains, des poètes, des artistes qui abhorrent l’injustice et méprisent l’hypocrisie, qui donnent une voix à ceux qui en sont privés et disent les vérités qu’il ne faut pas taire. »

 

À Paris - l’enjeu du changement climatique - 30 novembre 2015 :

Il cite le gouverneur Jay Inslee : « Nous sommes la première génération à ressentir l’impact du changement climatique et la dernière génération à pouvoir agir avant qu’il ne soit trop tard. »

 

Les adieux - 10 janvier 2017 :

« J’ai appris que le changement ne survient que lorsque les gens ordinaires s’impliquent, participent et s’unissent pour l’exiger. »

« Nous servons notre pays non pas pour marquer des points ou pour s’en attribuer le mérite, mais pour améliorer la vie des gens. »

« On ne comprend jamais vraiment quelqu’un tant qu’on ne considère pas les choses de son point de vue… tant qu’on ne s’est pas glissé dans sa peau pour expérimenter sa perspective. »

« De plus en plus souvent, nous sommes tellement en sécurité dans nos bulles nous nous mettons à accepter uniquement les informations - qu’elles soient vraies ou fausses - qui se conforment à nos opinions, au lieu de fonder notre point de vue sur les faits qui se trouvent à l’extérieur de notre cercle. »

« Si vous en avez assez de vous disputer avec des inconnus sur Internet, essayez de parler avec l’un d’eux dans la vraie vie. »

« Je vous demande de croire. Non pas en ma capacité de changer les choses, mais en la vôtre. »

« Oui, nous l’avons fait. Oui, nous pouvons. »

 

Barack Obama n’a jamais cessé de clamer son amour et sa confiance en son pays et - surtout - en ses habitants. Il a toujours adressé des messages d’espoir, comme son maintenant célèbre Oui, nous pouvons.

 

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L’espoir finira par vaincre la peur, et la liberté continuera à triompher de la tyrannie.

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"L’histoire de la Corée - Pays du Matin calme - et sa guerre tragique." A. Rahmani - Entretiens avec Christian Dechartres

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Extraits du livre écrit avec le lieutenant Abdelkader Rahmani dans les derniers mois de sa vie :

 

Christian Dechartres : – M. Rahmani, pourquoi écrire un livre sur la guerre de Corée ?

Abdelkader Rahmani : – c’est une guerre inconnue. Elle est ignorée des citoyens français ; tout comme les guerres d’Indochine, d’Algérie, de Madagascar totalement occultées par les médias et les livres d’histoire. Ce que j’écris, c’est pour la France et la jeunesse future.

CD : n’est-ce pas utopique de vouloir faire comprendre l’histoire à des jeunes soumis à de multiples pressions ?

Pressions qui les éloignent des réalités. Pressions qui leur enlèvent tout jugement objectif, notamment sur les notions de justice.

AR : en guise de réponse, je cite Platon « Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent plus compte de leur parole, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux l’autorité de rien ni de personne, alors, c’est là en toute beauté et en toute jeunesse le début de la tyrannie… »

Histoire de la formation des deux Corée :

Conférence de Yalta en février 1945, c’est l’entrée en guerre des Russes contre le japon. Puis, à Postdam, en juillet 1945, russes et américains conviennent de couper le Corée en deux. La « frontière » sera le 38e parallèle. Au nord de cette ligne, les Japonais se rendent aux Russes ; au sud, ils se rendent aux Américains.

Le conflit : le 26 juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud. L'ONU intervient sous commandement américain. En août 1950, les forces US sont acculées dans le "réduit Fusan" au sud de la Corée.

À la fin de l’année 1950, Mac Arthur songe à une guerre en règle contre la Chine qui permettrait aussi de rendre à Tchang Kai-check le pouvoir sur le continent. Truman s’oppose à ce projet et, en avril 1951, relève Mac Arthur de son commandement et nomme le général Ridgway.

En Corée, les Nations Unies ont été battues malgré l’incroyable déluge de bombes qui tombaient sur les Chinois nuit et jour ; ils subissaient également des tirs d’artillerie ininterrompus.

Le lieutenant Rahmani - engagé dans le bataillon français de l'ONU - envoie de nombreux courriers à son épouse ; un passage donne le ton : « Nous sommes aux premières loges pour les bombardements au napalm. C’est colossal, nous plaignons ces pauvres Chinois. Dans des galeries reprises à l’ennemi, nous avons trouvé - outre du matériel - des cadavres équipés de masques et de combinaisons anti-gaz ».

CD : vos conférences - au retour de Corée - lors desquelles vous évoquiez l’usage du napalm ont provoqué quelques remous.

AR : oui, Eisenhower a téléphoné à Guy Mollet pour demander à Rahmani de cesser ses conférences.

CD : des mesures étaient-elles prises pour la réintégration des combattants dans la vie civile à leur retour de cette guerre ?

AR : pour les réservistes et les civils, rien n’était prévu.

  • Je constate que ma question l’étonne ; à peine 10 ans après la Seconde Guerre mondiale, la nécessité de prendre en charge les soldats éprouvés psychologiquement par ce qu’ils avaient subi - et fait subir - ne relevait pas des priorités.

Le 27 juillet 1953, l'armistice de Panmunjom met fin à la guerre de Corée. Mais la paix entre le Nord et le Sud demeure illusoire.

J’ai rencontré le Lieutenant Rahmani durant les trois dernières années de sa vie. J’ai pu mesurer combien les blessures - physiques et psychologiques - pouvaient marquer un homme à jamais.

Christian Dechartres - écrivain public - https://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

C’est en donnant qu’on reçoit,

C’est en pardonnant qu’on est pardonné…

Un conflit méconnu, pourtant si meurtrier.

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