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Fraudeurs, exilés fiscaux, l’hôpital est malade

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

J’espère que vous captez bien mon message ; je sais que sur un yacht, au large d’Hawaï, on n’a pas le meilleur réseau.

 

Savez-vous qu’en Métropole le COVID-19 fait des milliers de morts. Le personnel soignant, dans les hôpitaux en galère, se tue au travail. Oui, on compte des morts parmi les infirmières et les médecins. On disait notre hôpital malade ; c’est criant de vérité. Pas de masques, pas de blouses, pas assez de respirateurs…

Notre président répétait « nos hôpitaux nous coûtent trop cher. » Et il a raboté les moyens.

 

On dit du mal de vous

Des mauvaises langues disent que vous avez de bonnes relations avec le président de la République. D’aucuns affirment que la fraude fiscale représenterait plus de 100 milliards d’euros chaque année et qu’en plus vous auriez bénéficié de largesses d’Emmanuel Macron. Ce que les gens racontent quand même !

 

Un petit jeu

Je vous demande un petit effort d’imagination ; vous y êtes ?

  1. Vous vous représentez les contribuables français ces dernières années,
  2. Vous les voyez – tous - déclarer leurs revenus,
  3. Vous imaginez les impôts rentrer dans les caisses de l’État.
  4. Vous voyez 100 milliards de plus chaque année.
  5. Vous imaginez que la moitié a été consacrée à l’hôpital malade.
  6. Visualisez maintenant l’équipement et les conditions de travail des soignants.

 

Alors ?

Ça ne vous donne pas envie de déclarer vos revenus comme tous les Français de condition ordinaire ? Eux n’ont pas les moyens - que vous avez - de planquer du fric dans les paradis fiscaux.

 

Ah, vous allez faire un don ; un gros don, me dites-vous.

C’est vrai que c’est plus spectaculaire que de déclarer ses revenus légalement et de payer des impôts. « Bettarpi a donné 50 millions pour tel édifice, pour faire fabriquer des masques… » Ça claque ! Les Français remarquent son nom à la une du journal – peut-être propriété de Bettarpi d’ailleurs – et applaudissent. Enfin… pas tous ; il y a des compatriotes qui n’avalent pas toutes les couleuvres. Heureusement, ça encombrerait encore les hôpitaux.

 

  • Oui, on vous l’a dit, l’hôpital a besoin de fonds. Et le financement des hôpitaux se réalise grâce aux impôts. Pas besoin de répéter ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quiconque s’est déshonoré par la fraude n’est plus digne de la société des honnêtes gens. » Saadi

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« Miroir de nos peines » de Pierre Lemaitre – Albin Michel

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

Pierre Lemaitre, prix Goncourt pour Au revoir là-haut, saisit la grandeur et la décadence d’un peuple broyé par les circonstances.

La 4e de couverture : avril 1940, Louise, trente ans, court, nue, sur le boulevard du Montparnasse. Pour comprendre la scène tragique qu’elle vient de vivre, elle devra plonger dans la folie d’une période sans équivalent dans l’histoire, où la France tout entière, saisie par la panique, sombre dans le chaos, faisant émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches… Et quelques hommes de bonne volonté.

Après Au revoir là-haut et Couleurs de l’incendiePierre Lemaitre clôt sa formidable trilogie de l’entre-deux-guerres avec ce titre.

 

Dès l’incipit, le lecteur reconnaît le style de l’auteur :

Ceux qui pensaient que la guerre commencerait bientôt s’étaient lassés depuis longtemps, M. Jules le premier. Plus de six mois après la mobilisation générale, le patron de la Petite Bohème, découragé, avait cessé d’y croire. À longueur de service, Louise l’avait même entendu professer qu’en réalité « cette guerre, personne n’y avait jamais vraiment cru ».

 

Quelques extraits

 

Le commandement en 1940 !

Le vainqueur de Verdun et le disciple de Foch sont aujourd’hui aux commandes. La France respire : au calme olympien et à la force de caractère du premier sont désormais alliés la sûreté de jugement et le sens inné du commandement du second.

 

L’enfer de l’exode

Fernand n’acheva jamais sa course.

Il n’était pas à mi-chemin qu’un grondement sourd fit vibrer l’air au-dessus du camp, prenant du volume à une vitesse inquiétante, se démultipliant, tous les visages se dirigèrent vers le ciel.

 

Désiré se réinvente…

Comme on voit, Désiré était vraiment à son affaire. Son inventivité était sans cesse mise au défi, son imagination donnait sa pleine mesure. Lui qui n’avait jamais cru en Dieu raffolait de ce rôle salvateur. Une période de paix eût fait de lui un gourou très convenable. Un temps de guerre lui avait offert une soutane dans laquelle il avait vu sinon un signe, du moins une invitation.

 

L’énigme se dénoue

Louise et Raoul ont besoin d’intimité et puis nous connaissons l’histoire. Regardez seulement ceci, qui est émouvant. Raoul s’est assis à côté de Louise, ils n’ont pas prononcé le moindre mot, il a fouillé le fond de sa poche et exhumé un minuscule bout de papier, le seul morceau de la lettre qu’il ait conservé, sa signature : Louise.

 

  • Secret de famille, grands personnages, rebondissements, burlesque et tragique ponctuent le roman pour le plus grand plaisir du lecteur.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine

 

« Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des vivants. »

In Au revoir là-haut (2013)

 

 

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Août 1914 tragique ; mars 2020 pathétique

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

La vie a-t-elle tant d’importance ?

Août 1914, le commandement français envoie les soldats par vagues successives à l’assaut des tranchées ennemies. On les a vêtus de rouge ; comme cibles, on ne fait pas mieux ! La première vague tombe sous le feu ennemi, on en envoie une autre, et ainsi de suite.

Le 22 août 1914 sera le jour le plus meurtrier de toute l’histoire de l’armée françaiseDans cette seule journée, 27 000 soldats français meurent fauchés par la mitraille allemande. C’est autant que pendant toute la guerre d’Algérie. Oui, vous lisez bien.

Incompétence et insuffisance du renseignement expliquent en partie ce désastre.

 

La guerre déclarée par E. Macron

Janvier 2020, le Coronavirus arrive en France. Ennemi invisible. Les autorités affirment : « nous avons des masques, nos hôpitaux sont prêts. » Rassurant, non ?

La pandémie s’installe. Le chef de l’État déclare la guerre. Hélas, nos soldats sanitaires partent à l’assaut sans masques, sans blouses, sans respirateurs. Ils ne sont pas habillés de rouge comme nos malheureux poilus, mais leur sort est – quelque part – comparable.

L’armée n’est pas préparée ; plus que ça, abandonnée depuis des années. Les troupes de soignants coûtent trop cher. Alors on a réduit les unités, les stocks de masques, de blouses, de respirateurs.

L’État français – financier avant tout - a réalisé des économies.

 

Notre armée s’épuise

Mais voilà, le Coronavirus perce la défense. Équiper en masques les personnels soignants, une urgence. Pas de stocks ; les commandes passées à l’étranger ne suffisent pas.

Ne parlons pas de la population, elle attendra. Et si on disait que le masque est inutile ?

 

Les mensonges du commandement

Comme en 1914, le nord-est de la France souffre plus que le reste du territoire. Faute de protection, des soldats de l’armée des ombres meurent. Pénurie de matériel, de blouses, de masques… On fait dire chaque jour aux informations que le masque est inutile. Bah oui, regardez dans le monde ; voyez-vous des gens intelligents porter des masques en période de pandémie ? http://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/04/affaire-des-masques-demasquer-les-imposteurs.html

 

Août 1914 — mars avril 2020 : des fautes de l’état-major

Le 22 août 1914 restera l’épisode le plus noir de l’histoire militaire. Les images dramatiques du début de l’année 2020 marqueront la mémoire des Français pour moult raisons :

  • L’abandon de l’hôpital,
  • La défaillance publique dans la gestion des stocks de masques,
  • Les mensonges répétés – semaine après semaine – pour détourner l’attention de la population,
  • Le nombre de morts que l’on aurait pu limiter.

**********************************************

  • Les mensonges d’État sont légion au fil des gouvernements depuis des décennies. Nous connaissons là un pic. Comme pour les malades et les morts du COVID-19, nous attendons une inversion de la courbe.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine

 

« Le mensonge politique, aujourd’hui, et c’est une nouveauté, vise à tromper avant tout les opinions publiques. Le mensonge politique à l’ancienne visait à tromper d’autres gouvernements. » Jean-François Revel

 

http://cd-lmdp.over-blog.fr/2020/04/port-du-masque-des-paroles-malheureuses.html

 

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Masques et médicaments : outre le fiasco, une dépendance croissante

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Défaillance de l’État

Dans le cadre des restrictions budgétaires, les dotations de l’hôpital se sont réduites comme peau de chagrin. Nous voyons le personnel hospitalier travailler dans des conditions de désuétude indignes d’un pays comme la France. Les masques, les blouses, le matériel de première nécessité manquent cruellement.

« Pourquoi stocker des masques alors qu’il suffit de passer un coup de fil de l’autre côté de la planète et la livraison arrive ? »

Nous ne pouvons que constater la défaillance publique.

 

Si l’Inde ou la Chine éternuent…

Ces vingt dernières années, la part des médicaments fabriqués en France n’a cessé de chuter. C’est à peine plus de 20 % des produits remboursés par la Sécurité sociale qui sont désormais fabriqués sur notre territoire.

Selon plusieurs sources concordantes, c’est seulement 2 à 3 % des médicaments anticancéreux qui sont produits dans l’Hexagone.

 

Triste réalité

Certains évoquent les fleurons français de l’industrie pharmaceutique. Derrière ces déclarations, se cache une réalité bien sombre. En termes d’activité et d’emploi, notre industrie pharmaceutique a rétrogradé encore plus vite que nos voisins européens.

 

Réaction impérative

Dans le contexte de la pandémie de Coronavirus, chacun comprendra que notre dépendance en matière de produits pharmaceutiques a de quoi inquiéter. Des médecins tirent la sonnette d’alarme. Pourrons-nous soigner encore longtemps sans craindre les ruptures de stocks ? Rien n’est moins sûr.

 

Une impuissance du gouvernement aux conséquences dramatiques

La pénurie de masques et l’incapacité du gouvernement à en faire fabriquer pour la population auront aggravé le bilan des victimes de façon tragique.

Les Français s’en souviendront longtemps.

Le port du masque, ajouté aux gestes barrière ne pouvait – et ne peut - que contribuer à ralentir la propagation du COVID-19 et limiter le nombre de victimes. Aucun médecin honnête ne peut affirmer le contraire.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites au malheur des peuples. Au-delà de ces limites, c’est ou la mort, ou la fuite, ou la révolte. » Diderot

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« J’étais médecin à Diên-Biên-Phù » du médecin commandant Grauwin

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Les bonnes lectures du confinement

 

Le 7 mai 1954, après cinquante-six jours de combats acharnés contre les forces du Viêt-minh, la garnison française du camp retranché de Diên-Biên-Phù cessait le feu.

Placé au centre de cette hécatombe, le médecin commandant Paul Grauwin, chirurgien du camp, a écrit de ce drame - qui constitue la dernière page de l’histoire de l’Indochine française - l’un des récits les plus hallucinants et les plus bouleversants que la guerre ait jamais inspirés.

Durant cinquante-six jours et cinquante-six nuits, s’enfonçant à la fin dans la boue jusqu’aux mollets, assisté par quelques infirmiers puis, à partir du 13 mars, par une convoyeuse de l’air au nom aujourd’hui

légendaire, Geneviève de Galard[1], mille cinq cents fois Paul Grauwin s’est penché sur un champ opératoire. Comme un chemin de croix, le processus chirurgical se déroulait. Les blessés, les opérés, bloqués de plus en plus nombreux dans un espace réduit, transformaient l’antenne chirurgicale en un étrange hôpital qui aurait mieux été à sa place sur une rive du Styx. Les cris, la boue, le sang, la pourriture, la puanteur, la chaleur terrible… et la défaite.

 

Quelques extraits :

 

Geneviève fournit un travail exceptionnel auprès du commandant chirurgien

Le soir, elle était allée chercher elle-même un brancard souillé et humide, l’avait ouvert et allongé à terre entre deux lits occupés par deux lieutenants blessés, Rollin et Deflinne et elle s’était endormie sereinement.

 

Opérer inlassablement sans moyens

Demain, encore une fois, je n’aurai plus de sérum. J’ai dû en donner à Hantz, à Vidal, à Patrice, à Rondy. Mes abdomens boiront alors que c’est interdit, il faut bien les réhydrater ; et ils vomiront, et ils gémiront. Phu m’appela : par l’incision réouverte d’une laparotomie, un ventre viendra encore d’expulser son contenu !

 

Sauver les estropiés avec l’énergie du désespoir

Sur la table d’opération, ligoté, gît le dernier opéré. Le sérum coule goutte à goutte. Il dort profondément, violemment éclairé par le scialytique, son artère fémorale a été touchée. Je sens le pied, il n’est pas froid. Il conservera sa jambe.

 

Comment supporter la mort avec une telle fréquence ?

Dans la couchette supérieure, geint le brûlé au phosphore. Il va mourir : l’intoxication a été trop forte ; les brûlures trop profondes. Par place, elles ressemblent à des morceaux d’anthracite incrustés dans la peau.

 

Donner de l’espoir…

Les blessés n’ont pas bougé. On dirait qu’ils nous attendent. Ils nous regardent ; la joie est dans leurs yeux.

 

Le médecin Grauwin[2] a écrit un récit remarquable sur l’enfer vécu juste avant la capitulation des Français.

En lisant cet ouvrage, on a une pensée pour le personnel soignant qui livre aujourd’hui un combat remarquable contre le COVID-19. Les conditions ne sont pas comparables à celles vécues par le commandant Grauwin, mais le manque de masques, de blouses, de matériel en temps de paix nous interpelle.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Il y a quelque chose de plus fort que l’intérêt, c’est le dévouement. »

François Gaston de Lévis ; Les maximes et pensées (1812)

 

[1] À sa demande, elle est affectée en Indochine à partir de mai 1953, au cœur de la guerre qui oppose les forces françaises à celles du Việt Minh.

Les troupes françaises de Ðiện Biên Phủ cessent le combat le 7 mai 1954 sur ordre du commandement militaire de Hanoï. Le Việt Minh autorise cependant Galard et le personnel médical à continuer les soins sur les blessés. Geneviève refusera toujours toute coopération, quand certains Việt Minh commencent à utiliser les médicaments pour leur propre usage, elle en cache dans sa civière.

 

[2] Prisonnier des Việt Minh à Diên-Biên-Phu, après les cinquante-sept jours d'enfer pendant lesquels son antenne médicale opéra nuit et jour, plus de quatre mille blessés, il sera encore un soutien inlassable pour ses camarades d'infortune en veillant à leur évacuation sur Hanoï.

 

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Les horreurs sémantiques de la pandémie

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Sur les plateaux de télévision ou sur les ondes radiophoniques, de nombreux invités viennent commenter les mesures prises pour lutter contre la pandémie du COVID-19.

Nous assistons à l’emploi de mots dans une acception totalement décalée.

 

Il est bon, je crois, de rappeler la définition des mots « Quarantaine » et « Quatorzaine ».

Que nous dit l’Académie ?

 

La quarantaine :

Quarantaine d’observation ou, simplement, quarantaine, isolement imposé par les autorités sanitaires aux occupants et aux marchandises d’un navire arrivant d’une zone d’épidémie.

La mise en quarantaine, à bord du bateau ou dans un lazaret, durait à l’origine quarante jours. Lever la quarantaine. Pavillon de quarantaine, pavillon jaune, hissé autrefois pour signaler que le navire ne pouvait communiquer avec l’extérieur, et qui indique aujourd’hui que les conditions sanitaires à bord sont bonnes.

Par extension. Mise à l’écart temporaire d’une personne, d’un animal, d’une marchandise ou d’un véhicule présentant pour le pays qui les accueille un danger d’ordre sanitaire.

Dans le mot « quarantaine », il faut retenir qu’il n’y a plus cette notion de 40 jours ; c’est le sens de mise à l’écart qui est maintenant retenu.

 

La quatorzaine :

T. de Pratique ancienne. L’espace de quatorze jours qui s’observait de l’une à l’autre des quatre criées des biens saisis réellement. Les criées se faisaient par quatre dimanches, de quatorzaine en quatorzaine.

La quatorzaine n’a jamais été un terme médical.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Le langage sert de support à la pensée. Mais la dégradation du français courant devient un handicap dans les échanges sociétaux. L’utilisation de mots dont l’auteur imagine la définition crée des situations ubuesques : des journalistes, des politiques - des médecins en ce moment -, lancent de nouveaux termes dont seul l’auteur connaît la signification. Comme ces vocables n’ont pas de définition – puisqu’ils n’existent pas – les « auditeurs » les interprètent chacun à leur façon. Il serait temps de se reprendre.

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« Indignation » de Philip Roth

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Les bonnes lectures du confinement

 

Avec ce roman d’apprentissage, Philip Roth (1933-2018) poursuit son analyse de l’histoire de l’Amérique – celle des années cinquante, des tabous et des frustrations sexuelles – et de son impact sur la vie d’un homme jeune, isolé, vulnérable.

 

Nous sommes en 1951, deuxième année de la guerre de Corée. Marcus, jeune homme de 19 ans d’origine juive, poursuit ses études au Winesburg Collège… Inconnu, embûches, surprises…

 

Voici quelques extraits :

 

Marcus a travaillé à la boucherie paternelle avant ses études

…bien résolu à m’en tenir à la leçon que mon père m’avait apprise à la boucherie : ouvre le trou du cul avec un couteau, engage la main, attrape les viscères, tire dessus et sors-les. Écœurant, dégoûtant, mais il fallait que ce soit fait.

 

La guerre de Corée sévissait depuis juin 1950

Quand j’arrivai à Winesburg, en septembre, celui qui le remplaçait, le général Ridgway, en était aux premiers stades difficiles des négociations d’armistice avec une délégation communiste de Corée du Nord, et la guerre donnait l’impression de pouvoir durer des années, avec encore des dizaines de milliers d’Américains tués, blessés, et faits prisonniers.

 

Marcus ne comprenait rien du monde

Je ne comprenais pas Elwyn, je ne comprenais pas Flusser, je ne comprenais pas mon père, je ne comprenais pas Olivia – je ne comprenais rien à rien ni à personne.

 

Il veut exister sans croyances impossibles à prouver

« Je n’ai pas besoin des sermons des moralistes professionnels pour me dicter ma conduite. Je n’ai certainement pas besoin d’un Dieu pour cela. »

 

Et si je cessais de me rendre dingue pour tout…

Caudwel avait raison, où que tu ailles, il y aura toujours quelque chose qui te rendra dingue – ton père, tes coturnes, l’obligation d’assister quarante fois à l’office religieux.

 

Comment ne pas blesser ?

Je ne fis rien – ce qui veut dire que je fis exactement ce qu’il ne faut pas faire. Une fois de plus.

 

Les autres sont fous

…et voilà que tout d’un coup il va livrer ses commandes comme si tout le monde sur la route était fou sauf lui.

 

S’apitoyer sur celui que l’on déteste ?

Avec Elwyn, c’était la première fois que je voyais mourir quelqu’un que je détestais. Fallait-il que j’arrête de le détester pour me mettre à le pleurer ?

 

À qui se confier ?

Mais il n’y a personne à qui parler ; il n’y a que moi-même à qui je puisse m’adresser pour parler de mon innocence, de mes explosions, de ma candeur, et de l’extrême brièveté de mon bonheur dans la première année ou j’atteignis pour de vrai l’âge d’homme, qui fut aussi la dernière de ma vie.

 

Prendre conscience

Quatre mille jeunes gens comme vous, morts, estropiés et blessés, entre le jour où nous avons battu Bowling Green et celui où nous avons déboulonné la UWV… vous avez de la chance… vous êtes privilégiés…

 

Un bilan effroyable

Dans la seule compagnie du soldat Messner, douze hommes sur deux cents seulement survécurent, dont pas un qui ne fût en larmes ou à moitié fou, y compris le capitaine de vingt-quatre ans qui les commandait, dont la figure a été écrasée par la crosse d’un fusil balancé comme une batte de base-ball.

 

Avec des « si seulement », on referait le monde

Oui, si seulement si et si seulement ça, nous serions tous ensemble et vivants pour toujours et tout irait le mieux du monde. Si seulement son père, si seulement Flusser, si seulement Elwyn…

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Parmi les nombreux ouvrages de Philip Roth, citons La tache – sur fond d’affaire Lewinski - adapté au cinéma sous le titre La couleur du mensonge admirablement interprété par Nicole Kidman et Anthony Hopkins.

 

La liste des œuvres est longue : Pastorale américaine, J’ai épousé un communiste, Le complot contre l’Amérique…

 

 

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Port du masque : des paroles malheureuses

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Depuis le début de la crise, les spécialistes répondent invariablement aux auditeurs, aux téléspectateurs :

  • Sur la durée de vie du Coronavirus, on ne sait pas trop…

  • Sur le mode de transmission, nous avons moult incertitudes.

Les scientifiques tâtonnent, chacun de nous peut aisément le comprendre. Le virus nous arrive, il est nouveau, nous n’avons pas de recul.

 

La recherche avance

Les laboratoires travaillent d’arrache-pied pour comprendre le « fonctionnement » du COVID-19 si meurtrier. Chaque jour, les chercheurs avancent. Mais il faudra du temps pour se prémunir contre ce terrible fléau.

Les scientifiques – c’est humain –, apprennent au quotidien ; ils ne peuvent avoir aucune certitude lorsque nous leur posons des questions.

 

Conviction tragique

En revanche, dans leur très grande majorité, quand vous leur demandez « — Est-ce utile ou nécessaire de porter un masque ? », ils vous répondent « — Non. »

C’est terrible de mettre dans la tête des Français l’idée que le masque n’a aucune utilité.[1]

Mettre un masque

  • pour passer devant la caissière,
  • pour vous adresser à votre pharmacien,
  • pour vous rendre chez votre médecin…

ça ne serait pas utile ! C’est terrifiant de faire croire à une telle ineptie.

 

Aucune contre-indication à porter un masque

Si encore le port du masque engendrait des effets secondaires – comme la Chloroquine – nous pourrions comprendre les réserves formulées à l’égard de cette pratique ; mais porter un masque ne comporte que des avantages. Il ralentit, voire empêche la propagation du virus.

Observons le comportement des Coréens, des habitants de Hong Kong ; sont-ils submergés par la vague de COVID-19 comme nous le sommes ?

 

Retour tardif à la raison

Des voix s’élèvent maintenant pour dire « Il serait peut-être préférable de porter un masque ! » Là, nous comptons les morts dans l’ensemble de la population, mais également chez les soignants. Des propos responsables de la part des scientifiques et des gouvernants auraient pu sauver des vies.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » – http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire. » Abbé Pierre

 

[1] On ne peut s’empêcher de penser que ce discours tend à couvrir une gestion défaillante de la fourniture des masques.

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Affaire des masques : démasquer les imposteurs

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Tout d’abord, comment le virus se transmet-il ?

La maladie se propage entre les individus par les postillons (éternuements, toux).

Un des autres vecteurs privilégiés de la transmission du virus est le contact de mains non lavées avec le visage.

Toute personne qui a éternué brusquement entre sa main et son bras peut transmettre le virus sur une surface accessible au public.

 

Imaginons que tous les Français

  • Aient eu la possibilité de porter un masque,
  • Qu’on les ait invités à ce geste salvateur,
  • et qu’on ait eu suffisamment de masques pour protéger toute la population,
  • N’aurions-nous pas sauvé des vies ?
  • N’aurait-on pas empêché la propagation du virus vers les personnels soignants ?

 

Qu’entend-on sur les plateaux de télévision et à la radio depuis des semaines ? :

« Il n’est pas utile de porter un masque ; si vous êtes malade, c’est conseillé. »

D’abord, comment savoir si on est malade ? Les symptômes du COVID-19 ne se révèlent pas de la même façon d’un individu à un autre. Et tester pour savoir si nous sommes porteurs du virus, ce n’est pas utile !!! Je m’étrangle quand j’entends de tels propos.

Ensuite, porter un masque empêche la projection des postillons

  • Sur les autres personnes,
  • Sur les surfaces au contact d’un large public.

N’y a-t-il pas là assez d’arguments sanitaires pour inviter tous les Français à porter un masque ?

 

De lourdes responsabilités

Tous ceux qui ont répété « — Ce n’est pas utile de porter un masque. » ont contribué à la progression du virus ; ils ont des morts sur la conscience. Pas besoin d’avoir fait 10 ans de médecine pour comprendre que le masque arrête les gouttes de salive.

 

Confection et détournement des masques

La fabrication et les commandes de masques resteront un épisode sombre de cette crise sanitaire. Combien d’infirmières et de médecins auraient pu être épargnés par le virus grâce à une bonne gestion des masques ?

Que des grands groupes aient détourné des stocks de masques au détriment des soignants, c’est purement scandaleux. Honte à eux.

Le grand public ne saura jamais toute la vérité sur le sujet, mais c’est une abomination.

 

* Les soignants - à tous les niveaux - s’épuisent avec des moyens comparables à la médecine de guerre. De notre canapé, nous ne prenons pas la réelle mesure de leurs conditions de travail. Gratitude.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-Blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Sans le mensonge, la vérité périrait de désespoir et d’ennui. » Anatole France

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La malédiction d’Edgar de Marc Dugain

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

John Edgar Hoover a imposé son ombre aux dirigeants des États-Unis de 1924 à 1972. Les plus grands seront traqués jusque dans leur intimité. Marc Dugain nous fait revivre les écoutes à travers Clyde Tolson, adjoint et amant d’Edgar.

La vie tumultueuse des Kennedy y prend une large place.

 

Voici quelques extraits qui donnent le ton du livre :

 

  • Edgar aurait trouvé humiliant de remettre en jeu à intervalles réguliers son pouvoir devant des électeurs qui n’avaient pas le millième de sa capacité à raisonner.

 

  • Un certain Montaigu faisait remarquer « que l’âme décharge ses passions sur des objets faux, quand les vrais lui font défaut. »

 

  • La guerre est une opportunité, elle permet d’éloigner les indésirables et de leur donner une chance de mourir dignement.

 

  • Mais, à la télévision, Nixon avait l’attitude un peu désespérée d’un renard qui laisse filer sa troisième poule de la journée.

 

  • Journalisme : chacun sait que la rumeur vaut toujours mieux qu’un procès en bonne et due forme.

 

  • Qu’importe ce qu’on est, ce qui compte c’est l’image qu’on donne.

 

  • À ma connaissance, il y eut bien des moments dramatiques dans l’histoire de l’humanité. Mais aucun ne l’amena aussi près de sa destruction ou ne fut en tout cas ressenti comme tel.

 

  • Ce qui est rassurant avec les théories, c’est que, si folles puissent-elles paraître, elles ne peuvent pas l’être plus que la réalité.

 

  • La démocratie, c’est un peu comme une famille avec des enfants très jeunes. Un jour, il leur vient l’idée de demander comment on fait les enfants et on leur répond : dans les choux. Et puis avec le temps, ils finissent par comprendre eux-mêmes.

 

La malédiction d’Edgar, un livre qui se lit comme un bon roman riche en anecdotes inspirées de réalités glaçantes.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

Marc Dugain est – entre autres - l’auteur de La chambre des officiers (épopée dramatique de la Grande Guerre ; les gueules cassées), Une exécution ordinaire (août 2000, un sous-marin nucléaire russe s’abîme dans les profondeurs accessibles de la mer de Barent. Révélation du profond mépris pour la vie des gardiens paranoïaques de l’empire russe).

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