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« La femme de proie » de Jean-Marie Rouart

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

L’auteur - dans ce roman - observe la passion, dans sa cruauté et ses délires, avec un regard acéré.
 
Le narrateur est persuadé qu’il va connaître le bonheur. Cet amour se traduit par un terrible calvaire ponctué d’humiliations, de tromperies, de grands moments de solitude. La descente aux enfers.

 

L’incipit : « quand je rencontrai pour la première fois celle qui est le sujet de ce livre, je n’imaginais pas un instant le risque que je courais. Si on me l’avait prédit, j’aurais haussé les épaules. C’était plutôt le bonheur qui me faisait signe. J’ignorais quelle folie allait s’emparer de moi ; que j’allais vivre des années d’enfer, perdre mes amis, connaître la crête la plus aride de la solitude, et, après avoir ruiné cette fragile estime de soi qui protège du désespoir, être tenté de me tuer. »

 

* Quelques réflexions sur la place de l’homme dans la société :

« La vie que j’ai choisie, quand je l’examine avec un peu de recul, ne me comble pas. Pourtant je l’ai voulue. Pour simplifier, disons que j’ai, dans la profession, renoncé à ce qui me plaisait par souci de ne pas contrarier ma mère. »

« – Au fond, ce qui te manque…, c’est ce je-ne-sais-quoi de plus que possèdent les hommes de plaisir. Tu ne seras jamais qu’un homme de devoir. Ton frère lui… »

« À ne plus prêter l’oreille aux médisances, je passais pour un insociable. »

 

L’académicien montre avec une force telle que le lecteur vit en lui-même, comme la sienne propre, l’histoire (qui lui est arrivée ou qui aurait pu lui arriver…) du narrateur blessé.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

http://www.cd-lmdp.fr - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

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Le journal des Raisins de la colère

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

John Steinbeck a tenu un journal - publié sous le titre « Jours de travail » - quand il écrivait « Les Raisins de la colère ». On le suit ainsi chaque jour dans l’épreuve de l’écriture, dans sa solitude, dans ses difficultés matérielles et psychologiques.

 

Quelques extraits :

« Je vais me mettre au travail et essayer d’oublier tous les soucis. Je deviens dingue si je ne suis pas protégé de tous les trucs extérieurs. »

 

« L’échec de la volonté, ne serait-ce qu’un jour, a un effet dévastateur sur l’ensemble, bien plus important que la simple perte de temps et le décompte des mots. »

 

« Je dois prendre mon temps dans la description, le détail, les allures, les vêtements, les gestes. »

 

« Quand ce livre sera terminé, une bonne part de ma vie s’achèvera avec lui. »

 

« Les semaines défilent, mais elles ne semblent pas me rapprocher d’un quelconque dénouement. Elles le font, bien sûr, simplement elles n’en donnent pas l’impression. »

 

« Les week-ends, j’ai toujours le sentiment de perdre mon temps… Je dois éviter toute influence extérieure. »

 

Steinbeck a commencé l’écriture de l’ouvrage en mai 1938 ; il dit : « tout ce qui se passe dans le monde et je suis assis ici à écrire. »

 

« J’aimerais pouvoir m’enfuir loin de tout pour écrire mon livre. »

 

« Chaque livre semble être le combat de toute une vie. Et puis quand c’est fait… Pouf. Comme si ça n’avait jamais existé. Le mieux, c’est de poser les mots jour après jour. »

 

« Mais je continue à pisser mes 2 000 mots par jour. »

 

« Le 2 septembre 1938 : Carol tape le manuscrit et le livre commence à me paraître réel. Elle a aussi trouvé le titre hier soir, « Les Raisins de la colère ». Je pense que c’est un titre merveilleux. »

 

« J’ai tellement voulu qu’il soit bon. S’il ne l’est pas, je crains que je sois fichu à bien des égards. »

 

« Je suis toujours confronté à ce problème de changement de temps, mais ça va s’aplanir. »

 

« Ça va être difficile de passer à la deuxième version. Et je pense que je vais devoir faire une autre version sans fautes. »

 

« Avec tant de choses qui m’attendent, je n’arrive pas à en finir une seule. Ce sera bien quand je me serai concentré sur une. »

 

« … ce n’aurait pas beaucoup d’importance. Cela briserait ce foutu souci de la postérité dont mes contemporains m’ont lesté. »

 

« Bien entendu, la difficulté principale tient au fait que, entre les livres, je me ramollis dans la discipline littéraire et intellectuelle, de telle sorte qu’à chaque commencement, je dois lutter avec des muscles ramollis dans la tête et dans la technique. Naturellement, je suis terrifié. »

 

« Je dois poser mes mots chaque jour, qu’ils soient bons ou non. »

 

Du 31 mai au 26 octobre 1938, John Steinbeck s’est contraint à écrire ce journal. Ce qu’il relate sur ces cinq mois de travail d’écrivain nous apporte une lumière intéressante sur la solitude et le doute des plus grands auteurs.

Le succès du roman ne l’apaise pas. Les controverses et les menaces le tourmentent.

 

Est-ce le lot de tous les écrivains que de douter ainsi ? Pour une majorité, oui.

 

Christian Dechartres - écrivain public -

https://www.cd-lmdp.fr/ - http://www.cd-lmdp.over-blog.fr/

 

Pour écrire vos pages de vie ensemble.

 

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L’écrivain public avec vous pour réaliser votre projet

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

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« Il n’est pire angoisse que de porter en soi une histoire que l’on n’a pas encore racontée. » Zora Neale Hurston (tête de file de la renaissance littéraire à Harlem) n’a pas cessé de mettre en pratique ses connaissances ethnographiques. Le retentissement de son ouvrage Une femme noire témoigne de la volonté que l’on porte à faire partager une histoire poignante.

 

Votre histoire existe déjà

Combien de fois n’avez-vous pas entendu cette expression : « On pourrait en faire un livre. » Quantité d’amis, de proches, de collègues pourraient raconter leur histoire pour le plus grand plaisir de leur entourage, voire plus. Il suffit de franchir le pas.

 

L’écrivain public vous guide

Écrire 200 pages, relire, corriger, composer, faire imprimer un livre, ce n’est pas à la portée du premier venu. Par quoi commencer ? En quoi croyez-vous ? Que cherchez-vous en écrivant ? En quoi votre livre changerait votre relation avec votre famille, vos amis, vos collègues ? L’écrivain public vous aide à coucher votre histoire sur le papier.

 

Votre récit prend forme

Pour répondre à toutes ces questions, l’écrivain public est là. Il met en œuvre tout le processus de la réalisation. Au fil des rencontres, le récit prend vie pour aboutir à votre livre.

Une histoire palpitante ; de la première rencontre à la remise de l’ouvrage, vous vivez une aventure sans pareil.

 

Une expérience unique

Quand arrive le moment de découvrir le livre, une grande transformation s’est opérée chez vous. Il y a un avant et un après.

 

Les clients peuvent en attester ; léguer le témoignage des événements traversés dans une vie, c’est une expérience incomparable.

Et quelle fierté de pouvoir brandir votre livre !

 

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Posons la première phrase ensemble et l’édifice montera au fil des semaines.

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« Il nous reste les mots », belle leçon de tolérance

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

 

Georges Salines a perdu sa fille Lola dans l’attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan. Elle avait vingt-huit ans.

    De sa rencontre avec Azdyne Amimour, père de l’un des assaillants, a émergé un dialogue inédit. Georges Salines porte la mémoire de sa fille et de nombreuses autres victimes, tandis qu’Azdyne Amimour cherche à comprendre comment son fils a pu commettre des actes qu’il condamne sans appel. Poussés par une curiosité mutuelle, tous deux se racontent et déroulent le récit de « leur » 13-Novembre.

     Au fil de cette conversation, un profond respect est né entre ces deux pères que tout aurait pourtant dû opposer. Leur témoignage nourrit une réflexion apaisée sur la radicalisation, l’éducation et le deuil. Parce que s’il reste les mots, il reste aussi l’espoir.

 

Georges Salines a présidé        l'association de victimes "13onze15 : Fraternité et Vérité" et milite pour la prévention de la radicalisation. Il est l’auteur de L’indicible de A à Z (Le Seuil, 2016).

 

Azdyne Amimour a exercé plusieurs métiers, dans le commerce, le sport ou le cinéma. Il est le père de Samy Amimour, l’un des trois terroristes du Bataclan.

 

Quelques extraits significatifs du livre :

 

  • Le second message était plus politique : je voulais faire savoir qu’une réponse uniquement sécuritaire, policière et militaire ne me satisferait pas, qu’il s’agissait de chercher et d’éradiquer les racines du mal. Je craignais que la France se laisse aller à un repli haineux ou à un appel à la guerre comme cela avait pu être le cas aux États-Unis après le 11 septembre. Georges Salines

 

  • Fuir le risque, c’est se condamner au pire des risques : celui de ne pas vivre sa vie et je ne voulais pas reproduire ce schéma avec mes enfants. GS

 

  • Les sbires de Daech ont décidé que la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État, autrement appelée loi sur la laïcité, était ipso facto une loi d’intolérance et de rejet. 1905 s’est donc transformée, selon Daech, en loi islamophobe. Et combien de musulmans, sans même éprouver de sympathie pour les djihadistes, ont-ils fini par le croire ? Azdyne Amimour

 

  • Il est évident que l’ingérence militaire des nations occidentales dans le monde arabe et en Afghanistan a fini par se retourner contre nous. Les Américains ont renversé Sadam Hussein en Irak en utilisant un mensonge, les fameuses « armes de destruction massives » dont on n’a jamais trouvé trace. Les interventions en Libye et en Syrie, auxquelles la France a pris part, ont certes été présentées comme un moyen d’éviter le massacre des partisans du Printemps arabe, mais elles obéissaient aussi à des considérations géopolitiques et à la volonté de se débarrasser des régimes qui ne nous convenaient plus. GS

 

Un livre à mettre entre toutes les mains. Les propos échangés dans l’ouvrage nous donnent une leçon de tolérance. Le dialogue entre le père d’une victime au Bataclan et le père de l’un des terroristes est pour le moins inattendu.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

Pour dialoguer et écrire ensemble

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Soupçon avéré : couac sémantique du ministre Castaner

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Le « soupçon avéré » du ministre Castaner aura déclenché une tempête politico-médiatique dont on se serait bien passé. Que voulait-il vraiment envoyer comme message en lançant ces propos ? Analysons les deux mots employés ensemble :

 

Soupçonner, c’est avoir une opinion, une présomption désavantageuse, mais incertaine et mêlée de doute.

 

Avéré : Reconnu vrai, établi comme sûr et certain.

 

Si un soupçon est avéré, c’est que l’on est certain d’avoir une opinion incertaine à l’égard d’une personne. Nous sommes toujours dans un sentiment de doute.

 

En aucun cas, le sentiment avéré de doute à l’égard d’un individu ne peut signifier qu’il est coupable d’un quelconque délit.

 

Le ministre de l’Intérieur – en prononçant cette phrase malheureuse – se rend coupable d’antinomie, de conflit dialectique.

Personne ne peut la comprendre, cela a pour conséquence désastreuse que chacun l’interprète avec ses capacités à saisir les finesses de la langue. D’aucuns en profitent pour lui donner un sens qu’elle ne revêt pas.

 

Les bourdes sémantiques par défaut de maîtrise de la langue sont hélas légion et nous entraînent dans des débats stériles. Les Français ne se comprennent plus quand les « élites » enchaînent les balourdises. À chaque fois, le climat social s’alourdit un peu plus.

 

Mesdames, Messieurs, prenez le temps de vérifier le sens de vos propos. Les Français sont en droit d’attendre le meilleur de leurs dirigeants.

 

Christian Dechartres – écrivain public – http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la « comédie humaine »

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« Combat pour le bon sens » de René Monory : titre à méditer

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

Cet ouvrage mérite un regard particulier dans cette période agitée où les propos haineux circulent sur les réseaux.

 

René Monory était mécanicien automobile de formation, il avait l’équivalent d’un BEPC pour tout diplôme ; à ses débuts, il était concessionnaire automobile à Loudun (86). Il est un des fondateurs du Futuroscope de Poitiers.

Il sera sénateur entre 1968 et 2004 et président du Sénat de 1992 à 1998.

 

René Monory a écrit ce livre après l’accession au pouvoir de François Mitterrand.

Dans une France endettée, confrontée à un chômage que le déficit de l’UNEDIC rend tragique et qui semble aller à grand train vers la pénurie, l’inquiétude grandit.

Est-il possible encore d’espérer ?

 

René Monory, ministre de l’Économie, au moment où la victoire électorale de la Gauche venait redistribuer les cartes, répond avec confiance : oui, la France a encore un rôle à jouer. Il n’est pas trop tard mais il est grand temps. Il faut enfin voir les choses dans leur réalité profonde. Seul le bon sens peut remettre la France dans le bon sens.

Ce n’est pas le livre d’un grand commis de l’État sorti des écoles pour gérer le pays avec des théories, mais celui d’une France tranquille "sortie du rang" grâce à son travail et à son réalisme. Il n’a pas gravi l’échelle des honneurs mais celle des responsabilités : petit artisan développant son entreprise, maire de sa ville, conseiller général, rapporteur de la commission des Finances au Sénat, président du comité intérimaire du Fonds monétaire international, Grand Argentier.

Cette voix réfléchie, qui ne cherche pas la polémique mais l’efficacité, mérite d’être écoutée.

 

René Monory se distingue des énarques et consorts par une expérience de la vie qu’il a mise à profit pour construire une carrière comme peu l’ont réalisée dans le milieu des « fauves » politiques. Par l’écoute, l’observation, le travail, il s’est construit au fil des années. Natif de Loudun – pays de Renaudot -, j’ai connu l’homme (garagiste) qui fut le patron de mon frère aîné.

Dans le monde actuel, des personnages de cet acabit apaiseraient peut-être les tensions.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

 

« Ma carrière a consisté à gravir les échelons des responsabilités et non à faire irruption dans le concert politique où une ambition m’aurait jeté. » Avant-propos de l’auteur

 

 

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Les Français solidaires ? Pas si sûr.

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Nos restaurants, avec leurs cuisiniers français, ont baissé le rideau pour une durée indéterminée à ce jour. Faillites à l’horizon. Pendant ce temps, le roi de la malbouffe sert dans ses drives des clients toujours aussi fidèles ! Des Français font la queue pour du coca, des burgers, des frites assorties de sauces, de sucre, et d’additifs suspects !

 

Nos libraires – déjà à la peine dans un secteur en difficulté – ne pouvaient plus vendre leurs livres. Pendant ce temps, l’homme le plus riche de la planète – par son entreprise Amazon – réalisait des bénéfices comme jamais.

 

Les Américains ont réussi le tour de force de laver le cerveau d’un grand nombre de Français qui ne comprennent même plus qu’ils engraissent les milliardaires d’Outre-Atlantique.

 

C’est le moment ou jamais de faire bloc, de privilégier nos entreprises françaises pendant cette crise sanitaire. Et d’aucuns n’hésitent pas à donner leur argent aux plus fortunés de cette planète.

Si une part des Français n’a pas un comportement « patriotique » - au sens noble du terme -, pendant la pandémie, qu’en sera-t-il après ?

 

Le lavage du cerveau est une forme de manipulation mentale. Il regroupe des procédés qui agissent pour reconditionner le libre arbitre. Nombre de consommateurs cèdent aux sirènes de la société consuméristes en toute inconscience. Les plus vulnérables, les moins cultivés en sont les premières victimes.

  • Que les plus avertis travaillent à informer en priorité les jeunes. Les habitudes prises dans l’enfance ont la vie dure.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quand l’achat et la vente sont contrôlés par la législation, les premières choses qui s’achètent et se vendent sont les législateurs. » O’Rourke

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« Les jours d’après » de Patrice Duhamel et Jacques Santamaria, un titre ambivalent et prémonitoire

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

À l’heure où nous évoquons quotidiennement les jours d’après, ce livre nous plonge dans la vie des femmes et hommes politiques après leur passage au sommet de l’État.

 

4e de couverture : « Toute vie consacrée à l’action publique se trouve bouleversée par un moment douloureux : celui où tout s’arrête. […] Le défaut des hommes et des femmes politiques, y compris chez les grands fauves, est peut-être de ne pas savoir, et souvent de ne pas vouloir se préparer à ce jour où le pouvoir les quittera. Mais, au fond, n’en est-il pas ainsi de toute histoire d’amour ? »

 

Quelques extraits :

 

Espérance

Charles de Gaulle veut se souvenir des paroles de Georges Bernanos : La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté.

 

Rencontre improbable

Chirac, en 68, était allé retrouver Henri Krasucki (CGT) dans une petite chambre de Pigalle secrètement armé d’un revolver et accompagné à distance par deux officier de sécurité.

 

Pompidou de Chaban-Delmas

« Il m’embête avec sa nouvelle société, j’ai déjà suffisamment de mal avec l’ancienne. »

 

Giscard après son face-à-face avec Mitterrand en 1974 :

« J’ai pu mesurer son incontestable talent, et j’ai vu qu’il avait l’envergure et les moyens d’être président de la République […]. Je n’ai pas réussi à marquer de point décisif. »

 

Mitterrand – d’Ormesson

Cette dernière séquence présidentielle commence par un étrange rendez-vous. Mitterrand a convié Jean d’Ormesson pour un petit-déjeuner personnel, politique et littéraire. C’est l’écrivain qui est là, beaucoup plus que l’éditorialiste du Figaro, peu suspect de complaisance avec celui qui le reçoit deux heures avant d’accueillir son successeur.

 

Chirac vs VGE

En 1981, Chirac a joué volontairement les apprentis sorciers. Nombre d’électeurs chiraquiens ont voté Mitterrand au second tour, encouragés par une violente campagne du RPR contre le Président sortant.

 

Chirac et les Juifs

Le grand rabbin Korsia relatait une confidence de Chirac : « Quand les catholiques arrivent, ils construisent une église. Les juifs, pour leur part, arrivent et construisent une école […]. En effet, à leurs yeux, la transmission est essentielle. »

 

Simone Veil

Siège de l’ONU, 29 janvier 2007, elle témoigne : « Plus encore que les coups, les chiens qui nous harcelaient, l’épuisement, le froid et le sommeil, ce sont les humiliations destinées à nous priver de toute dignité humaine qui, aujourd’hui encore, demeurent le pire dans nos mémoires. »

 

Ce livre nous entraîne avec ces « fauves » qui, un jour, voient leur vie basculer. Peut-on redevenir un homme ou une femme ordinaire après un passage au sommet du pouvoir ?

  • J’ai eu la chance de partager une après-midi de dédicaces aux côtés de Patrice Duhamel. Nous avons échangé sur le journalisme et l’histoire contemporaine – (il s’est rendu à l’Élysée quelques centaines de fois) ; je tiens à souligner que l’homme est d’une simplicité et d’une bienveillance que je n’ai pas toujours ressenties aux côtés d’autres auteurs.

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Observateur de la comédie humaine.

 

« Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. » Nelson Mandela

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« Distance » ou « distanciation » ?

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

« Garder ses distances », « prendre ses distances », tous les Français comprennent ces expressions.

En revanche, qui connaît le véritable sens de « Distanciation[1] » ? Moins de 5 % de la population.

 

Parlons juste

Vous dites aux Français « garder une distance de 2 mètres », ils comprennent. Si vous voulez mettre le doute, vous utilisez un mot que personne ne connaît.

Ce terme « distanciation » - jeté partout dans les échanges sur les mesures à prendre – n’a qu’un sens figuré qui nous vient du théâtre. Rien de concret.

 

Notre langue est si riche

Nous disposons de mots simples qui évoquent spontanément une situation, une réalité ; mais ce serait trop limpide de les utiliser ! Il faut épater la galerie, il faut se distinguer ! Et on s’embourbe dans des expressions que chacun comprend à sa façon ; on envoie des signaux confus.

  • Donnez des recommandations ambiguës, vous obtiendrez des résultats du même acabit.

 

Expérience édifiante

Quand des clients me remettent des textes à corriger, j’en incite certains à participer pour les faire progresser. Je leur dis « Simplifiez vos phrases, supprimer les mots inutiles à la compréhension, utilisez les mots simples qui évoquent spontanément une image ou une action. »

Juste avec cette recommandation, certains parviennent à rendre leurs textes plus compréhensibles en peu de temps.

 

  • Si seulement nos politiques et tous ceux qui relaient leurs propos pouvaient simplement utiliser les mots du dictionnaire pour communiquer, nous gagnerions en compréhension. Comment peut-on échanger, faire circuler de l’information si nous n’employons pas des mots de notoriété publique ?

 

Christian Dechartres – écrivain public – « Le Mot de Passe » - http://cd-lmdp.over-blog.fr

Écrivons ensemble votre histoire de vie.

 

« Ne faites jamais un bon mot qui puisse vous faire perdre un ami, à moins que le mot ne soit meilleur que l’ami. »

 

[1] Technique théâtrale, prônée par le dramaturge allemand Bertolt Brecht, où l’acteur s’efforce de jouer comme à distance de son personnage, afin que le spectateur donne priorité au message social ou politique que l’auteur a voulu délivrer.

 

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LE GRAND MERDIER de Louis Leprince-Ringuet

Publié le par Christian Dechartres, cd-lmdp

Les bonnes lectures du confinement

 

Notre vie quotidienne est nourrie de bagarres politiques, de petites phrases, de matraquages dramatiques. La mondialisation conditionne nos journées. Comment sortir du « grand merdier » où nous sommes ? Telles sont les questions que se posait Louis Leprince-Ringuet dans cet ouvrage écrit en 1978. Le lire aujourd’hui - en pleine crise - nous montre combien il avait raison. Nous ne pourrons nous en sortir que grâce au combat de chacun d’entre nous.

 

Louis Leprince-Ringuet avait été élu à l’Académie Française en 1966 ; il est l’auteur de nombreux ouvrages à caractère scientifique.

 

Voici quelques extraits significatifs du « Grand Merdier » :

 

Nourriture intellectuelle

Revenons aux livres […] Je les lis lentement, les annote, les garde à proximité, en reprends quelques passages, approuvant ou réprouvant, nourriture constamment présente. Ces livres sont comme de vrais amis ; ils ne peuvent être que peu nombreux comme sont les vrais amis. […] La télévision n’en viendra pas à bout, elle qui présente un spectacle captivant mais fugitif.

 

L’information

Mais, si certains d’entre nous ont la chance de vivre en contact avec la précision, la perfection, combien d’autres œuvrent dans l’à-peu-près. La cadence agitée de nos grandes villes, nombre de professions ou d’occupations liées à cette agitation, ne permettent pas l’approfondissement. Ainsi, le journaliste qui doit écrire son papier dans l’heure qui suit, sur un sujet souvent mal connu de lui, n’a pas la possibilité de travailler sérieusement[1], même s’il le désire.

 

Esclaves modernes

Pour vivre librement, il ne suffit pas de disposer de la possibilité d’être libre. Tout apprentissage est nécessaire, qui ne s’arrête pas au sortir de l’école. On le voit bien : que de gens parmi nous sont des esclaves ! Esclaves de leurs désirs, de leurs petites habitudes, voire de leurs manies, esclaves de leur égocentrisme, de leurs pulsions, de leurs routines, de leur arrivisme ; enfin, pour beaucoup, esclaves de l’argent. Que de vedettes, d’hommes politiques sont attachés au désir de paraître… Combien d’entre nous cherchent à gagner toujours plus d’argent !

 

Dépendance

Le formidable brassage qui s’opère, inéluctablement, dans notre monde, transforme les données de tous les problèmes ? Qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, militaires, ils se posent différemment de décennie en décennie. Croire que l’on peut continuer à vivre chez nous sur notre lancée, est une sinistre illusion. Hélas, beaucoup de nos compatriotes, probablement séduits par leur confortable routine, semblent s’imaginer que rien de grave ne viendra la perturber à court et moyen terme. Ils sont atteints d’une myopie inquiétante.

 

Vivre en autarcie

Nous aurions davantage de libertés si nous pouvions vivre en autarcie, c’est-à-dire toutes frontières fermées, toutes transactions contrôlées par l’État. Mais nous avons vu que cette situation est absolument exclue. Et pourtant, fermer progressivement les frontières, établir des barrières pour nous protéger des importations concurrentes sera toujours tentant pour un pouvoir soucieux de suivre les revendications des travailleurs. […] Les expériences de nos voisins sont encore récentes et nous en gardons le souvenir.[2]

 

  • Comment sortirons-nous du « grand merdier » dans lequel nous sommes tous plongés et où beaucoup, peut-être, se complaisent ? Louis Leprince-Ringuet, avec une clarté et une lucidité dont notre époque a quelque peu perdu l’habitude, nous interpellait en 1978 comme il pourrait le faire aujourd’hui sans changer son texte[3].

 

Observateur de la comédie humaine.

 

« Quelle merveilleuse harmonie règne dans l’univers. Bien que pris dans le détail ça fasse un fameux merdier. »

René Barjavel

 

[1] Que dirait-il aujourd’hui des chaines d’info en continu, des réactions instantanées dénuées de fondement ?

[2] Il fait ici allusion aux expériences fascistes encore dans les mémoires.

[3] À quelques petits détails près.

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